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Nicolas Sarkozy salue internet, « vecteur de liberté »

Nicolas Sarkozy a salué mardi en internet un « vecteur d’une puissance inédite » des libertés en soulignant son importance dans les récentes révolutions arabes mais a défendu le rôle des gouvernements en plaidant pour un minimum de « règles » sur la Toile.

En ouvrant le premier G8 de l’internet à Paris, le chef de l’Etat a longuement rendu hommage au « web » qui a « changé le monde », et salué son rôle dans les « printemps arabes » qui ont notamment fait chuter les régimes autoritaires en Tunisie et en Egypte l’hiver dernier.

« Les peuples des pays arabes ont montré au monde qu’internet n’appartenait pas aux Etats, l’opinion internationale a pu ainsi constater qu’internet était devenu pour la liberté d’expression un vecteur d’une puissance inédite », a-t-il estimé devant plus d’un millier d’acteurs de l’internet.

Interpellé lors d’une séance de questions/réponses avec la salle par le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) Jean-François Julliard sur le sort des blogueurs emprisonnés dans le monde, Nicolas Sarkozy a répondu que « tous ceux qui ont voulu enfermer l’internet de leur pays se sont rangés dans le camp des dictateurs ».

« Internet est devenu l’échelle de crédibilité des démocraties ou l’échelle de honte des dictatures », a-t-il résumé, « les vieux réflexes, c’est fini, personne ne peut contrôler ou arrêter internet ».

Plusieurs ONG ont critiqué l’ordre du jour de ce premier « e-G8 », estimant que la présidence française, qui en a eu l’initiative, avait privilégié la dimension économique de l’internet au détriment de son rôle au service de la liberté d’expression.

Mais, tout en saluant ce rôle, Nicolas Sarkozy a répété devant une salle naturellement réticente à tout discours sur la régulation sa conviction que l’internet nécessitait un minimum de « règles ».

« Ne laissez pas la révolution que vous avez lancée véhiculer le mal, sans entrave, ni retenue. Ne la laissez pas devenir un instrument aux mains de ceux qui veulent porter atteinte à notre sécurité, et donc à notre intégrité », a-t-il lancé en référence à la cybercriminalité ou au terrorisme.

« La transparence totale, celle qui ne laisse jamais l’homme en repos, se heurte tôt ou tard au principe même de la liberté individuelle », a insisté le président français, répétant notamment que « la puissance créative des artistes » et leurs droits d’auteurs devaient être protégés.

Sans répéter sa formule favorite « d’internet civilisé », le chef de l’Etat a défendu le rôle des gouvernements, « seuls représentants légitimes de la volonté générale », sur internet. « Vous ne pouvez pas vous exonérer de valeurs minimum, de règles minimum », a-t-il asséné.

Pour définir ce qu’il a appelé un « point d’équilibre » en la matière, Nicolas Sarkozy a plaidé pour le « dialogue » et la « responsabilité ».

« Nous avons besoin de comprendre vos attentes, vos aspirations, vos besoins. Et vous avez besoin d’entendre nos limites, nos lignes rouges », a-t-il dit, soulignant toutefois que « le terme de règlementation définitive est totalement inadapté » à internet.

Nicolas Sarkozy s’est entretenu à l’issue de son intervention avec le PDG de Google Eric Schmidt et devait déjeuner ensuite avec plusieurs chefs d’entreprises du secteur.

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