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Les salariés de RFI de nouveau en grève

Dans un climat social très dégradé, l’ensemble des syndicats appelle à cesser le travail à Radio France internationale dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 1er juillet, de minuit à 7 heures du matin.

Mercredi 22 juin, un journaliste de Radio France internationale a dû assurer depuis Paris une série de sujets en direct avec Bucarest sans technicien chargé de réalisation (TCR) pour piloter l’émission. « Ceci a été présenté par la direction comme “un test” », assure l’intersyndicale qui a aussitôt déposé un préavis de grève pour que des négociations soient ouvertes sur les conditions et l’organisation du travail des différents métiers.

Fait nouveau, la CFDT, légèrement majoritaire et jusqu’ici dans une stratégie de négociation avec la direction, lui a emboîté le pas. « Ceci préfigure l’externalisation massive des moyens humains et techniques, déjà en place à France 24 », estime-t-elle.

UN CLIMAT SOCIAL QUI SE DÉGRADE DE JOUR EN JOUR

La direction parle, de son côté, d’« erreur humaine » : « Une personne s’est trompée en ne faisant pas appel à un TCR. Ce n’était pas un test », assure à La Croix Alain de Pouzilhac, PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), depuis les locaux de France 24 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

C’est dans cet immeuble que le millier de salariés de RFI et de sa filiale, la radio arabophone Monte Carlo Doualiya (MCD), doivent déménager, dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel extérieur de la France (AEF) voulue par Jacques Chirac et mise en place par Nicolas Sarkozy.

LA FUSION EST PRÉVUE POUR FIN SEPTEMBRE

Le calendrier s’accélère. « La fusion juridique entre France 24, RFI et MCD (lorsque cette dernière sera de droit français) est prévue pour fin septembre. Et le déménagement devrait se dérouler entre février et fin avril 2012 », détaille Alain de Pouzilhac.

Les rapports attendus de l’Inspection générale des finances (en cours de finalisation) et d’une commission parlementaire (reportée à la mi-septembre) ne semblent pas l’inquiéter. « L’AEF est en équilibre financier, l’audience est relancée et le virage de la modernité est pris », assure-t-il.

L’IDÉE DE FUSION DES MÉDIAS PROVOQUE LA COLÈRE DES SYNDICATS

Les motions de censure et assignations devant les tribunaux de la part de l’intersyndicale de RFI, opposée au déménagement et à la fusion des rédactions, ne freinent pas davantage Alain de Pouzilhac. « Il avance à marche forcée, déplore Elisa Drago, délégué CGT chez RFI. Il nous parle d’une rédaction unique où tout le monde fait tout. Il veut fusionner pour faire des synergies, mais la radio, la télévision et Internet n’ont pas la même écriture. » « Fusionner une radio et une télévision, bon courage ! », réagit une chroniqueuse de France 24, qui se montrera attentive à l’écart des grilles des salaires avec RFI.

 

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