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Le journaliste, « travailleur fatigué, inquiet et bousculé »

L’hebdomadaire Marianne publie samedi sur son site internet une enquête sur « Le travail réel des journalistes », qui décrit « un travailleur fatigué, inquiet et bousculé ».

L’enquête a été menée par le cabinet d’études Technologia, qui avait réalisé un rapport sur la souffrance au travail à France Télécom, en partenariat avec le Syndicat national des journalistes (SNJ).

Pour ce cabinet, l’enjeu était « de faire le lien entre la précarisation du métier (délais raccourcis, sujets multiples à traiter, insécurité de l’emploi…) et les menaces pesant sur l’indépendance (présence des groupes industriels, interventions politiques…) ».

Technologia a élaboré un questionnaire adressé par mail en juin 2010 à quelque 7.000 journalistes, dont 1.070 ont répondu. Parallèlement, plus de 100 entretiens individuels et collectifs ont été organisés.

Il y a aujourd’hui plus de 37.000 journalistes titulaires de la carte de presse.

Plus de la moitié des journalistes ayant répondu au questionnaire sont des « reporters rédacteurs ». 69% travaillent en CDI et près d’un tiers « évolue dans une situation précaire (CDD, pige…) ».

Les trois quarts des journalistes interrogés travaillent en presse écrite. L’information sue le web vient en seconde position (19%), « soulignant l’émergence de ces nouveaux supports ». Viennent ensuite la télévision (16%) et la radio (16%).

La profession des journalistes, « percutée de toute part », « vit actuellement trois profondes mutations », souligne le cabinet: « profonde rupture dans les modes de consommation des lecteurs, mais aussi des auditeurs et des téléspectateurs »; mutation « du modèle économique »; « rupture dans le métier »: « les journalistes ne sont plus les seuls à traiter les +nouvelles+ et parfois l’événement peut même se passer d’eux ».

68% des répondants estiment être contraints de travailler plus vite qu’avant, 73% déclarent que leur charge de travail a augmenté ces dernières années et 55% considèrent que leur travail a une incidence négative sur leur santé.

« Le développement des nouvelles technologies a multiplié les sources et les supports d’information, ce qui rend le travail des journalistes plus intense, tant au niveau du traitement dû à la multiplicité des données, que du recoupement et de la vérification qui en découlent », souligne Technologia.

Dans le même temps, « ces nouveaux outils facilitent le travail de recherche et d’investigation ».

Par ailleurs, à la question « Considérez-vous aujourd’hui que les journalistes sont indépendants? », 44% des journalistes interrogés s’accordent à dire qu’ils ne le sont pas.

« Même s’ils ne sont pas les premiers sur l’événement, il convient de préserver cette profession si on veut éviter l’altération de la Démocratie », souligne Technologia.

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