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VIDEO. Marc Lavoine : « J’aurais dû m’appeler Brigitte »

A l’occasion de la parution de son récit autobiographique L’homme qui ment (éd. Fayard), l’acteur et chanteur a reçu le JDD. Où il évoque sa sexualité, son enfance à Orly, son père communiste et les idéaux perdus d’une gauche qui a « pris du ventre ». Extraits.Brigitte

J’aurais dû m’appeler Brigitte. Ma mère voulait une fille. Quand j’étais petit, je me présentais en baissant mon pantalon : je suis un garçon ! Plus tard, j’ai porté les cheveux longs et aimé Bowie, Polnareff. Ce désir de ma mère a probablement nourri certains complexes, cela m’a aussi ouvert à une forme de sensibilité. Quand on est rejeté par les autres parce qu’ils vous traitent de « fille » ou bien de « gros », deux pistes se présentent à soi. Soit on essaie de faire taire les ricaneurs, soit on entre dans une forme d’incantation imaginaire. On peut aussi choisir de faire de la gentillesse autour de soi. C’est le chemin que j’ai pris.

Les cocos

Dans ce livre, j’ai voulu parler de la perte des idéaux et de la gauche qui prend du ventre. Pour toute une génération, ça a été terrible. Lorsque mon père, qui avait adhéré au PCF, s’est rendu pour la première fois en Bulgarie, il s’est fait arrêter parce qu’il filmait une moto en super-8. C’étaient des gens du voyage. On lui a arraché sa caméra et il a fini au poste. Ça a été pour lui aussi violent que l’Algérie. On lui déchirait ses idées. Avant même que la gauche n’accède au pouvoir en France, il avait compris que ce serait mal barré.

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