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UN MILLION TOUT DE SUITE POUR SAUVER LES MÉDIAS LOCAUX ET LES EMPLOIS !

Le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique, permet de soutenir utilement plus de six cents radios locales associatives chargées de missions de service au public sur le territoire métropolitain et outre-mer. Entreprises de l’économie sociale et solidaire, elles emploient plus de 2600 salariés, dont quatre cents journalistes professionnels. Avec près de deux millions d’auditeurs, elles irriguent les territoires de leur savoir-faire en matière d’information locale, de lien social et d’éducation à la citoyenneté, et soutiennent les initiatives locales économiques, culturelles et sportives. Médias gratuits et accessibles à tous, rien ne les remplace. Mais aujourd’hui, il manque un million d’euros, et il faut trois millions supplémentaires en 2017 !

La loi définit le cahier des charges des radios locales associatives qui conduisent ainsi une « mission de communication sociale de proximité ». Une activité considérée comme complémentaire à celle de la radiodiffusion publique. Tout comme celle-ci, il a été décidé qu’elles ne perturberaient pas l’équilibre du marché publicitaire, laissant la quasi-totalité de celui-ci aux radios commerciales qui ont vu leur chiffre d’affaire publicitaire augmenter de 1,8 % au cours du premier trimestre 2016. Un énorme succès en temps de stagnation économique. Cet équilibre des modèles macroéconomiques permet une radiodiffusion riche de sa diversité et de ses fonctions. Ce sont les raisons pour lesquelles la radiodiffusion locale associative bénéficie d’une aide publique réglementaire.
Dans un monde en crise, l’attractivité des métiers de la radiodiffusion locale est renforcée. Les métiers des radios, ce sont des emplois attractifs qui passionnent jeunes et moins jeunes attachés à leur territoire. Ces emplois sont une boussole pour des milliers de personnes. Les  salariés en premier lieu, mais également les bénévoles qui avec eux structurent le contenu éditorial et culturel de la radio. Les propositions du syndicat des radios associatives en faveur de la formation professionnelle, de la couverture santé mutualisée, de la prévoyance, du temps partiel libéré, et des salaires  minimums des personnels commencent à porter leurs fruits sur la qualité de la vie au travail.
Les radios sont une pépinière de talents, un réservoir de bénévoles passionnés, un porte-voix des territoires. A titre d’exemple, nous sommes la seule branche professionnelle à avoir prévu un dispositif de couverture santé mutualisé pour les bénévoles des entreprises ! Pour Emmanuel Boutterin, « quel média, quelle start-up du web en fait autant ? Qui d’autre apprend aux enfants des quartiers à s’exprimer en direct au micro avec des centaines d’auditeurs du quartier, du village ou de la vallée ? Il ne faut pas casser cette machine à gagner ! Au contraire, il faut la renforcer ! »
Depuis longtemps, le SNRL a milité en faveur d’une « sélectivité » du soutien de la puissance publique, c’est-à-dire en faveur d’un système permettant de flécher une partie significative de l’effort contributif de la puissance publique sur les radios répondant à certains engagements et critères qualitatifs au bénéfice des territoires.
Mais cela a un cout, et tout ne peut pas être supporté ad vitam par le talent et l’engagement.

 

Patatras ! Depuis 2 ans, l’enveloppe allouée à la subvention sélective du FSER a baissé de plus de 18% ! L’autre partie de l’aide publique, l’enveloppe de la  « subvention d’exploitation », basée sur le budget de l’entreprise, n’a pas augmenté. Mécaniquement, des centaines de petites entreprises, radios de l’économie sociale, voient leur budget réduit et menacent de licencier. Au même moment, il leur est demandé, à juste titre, des efforts considérables comme en témoigne la signature de l’accord avec le Ministère de l’Education Nationale dans la logique de l’effort national en faveur de l’éducation à la citoyenneté à la suite des actes criminels de masse contre la liberté de la presse et la liberté culturelle de la jeunesse.
Les notifications concernant les subventions sélectives arrivent dans les radios suscitant des déceptions et des interrogations face à la baisse sensible de l’aide publique. Effectivement, on peut constater une baisse de 10,2% pour le même nombre de points obtenus par une radio par rapport à l’année précédente.
L’enveloppe allouée à la subvention sélective a baissé de 6,7% par rapport à 2014 et de 18,6% par rapport à 2013.
Du fait des avancées sociales dans la branche, unanimement saluées par les organisations patronales et syndicales, la masse salariale augmente mécaniquement de 4% en 2016, en dépit de la rigueur  sur les salaires.
Or, le Fonds de Soutien reste fixé à 29 millions d’euros en 2016 est pratiquement gelé depuis quatre ans. Parallèlement, de petits projets sur le web obtiennent, pour quelques centaines de « clics » virtuels, un fonds doté d’un million et demi à discrétion du Ministère de la Culture, s’affranchissant même pour certains du Code du Travail et des droits d’auteur. Voilà comment on soutient des secteurs dérégulés de la communication. Pour Sylvain Delfau, Secrétaire Général du SNRL « … à l’heure de l’urgence économique et sociale, c’est à croire que notre pays marche sur la tête ! »
Le maintien d’une enveloppe minimale au FSER fragilise les radios locales associatives et les emplois. Si rien n’est fait, la baisse des moyens dédiés aux radios va impacter leurs équipes et par là même leur mission de communication sociale de proximité sur leur zone de compétence territoriale impartie par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.
C’est pourquoi le SNRL souhaite qu’une dotation supplémentaire soit dès à présent ajoutée au budget du FSER et que le Budget global du FSER 2017 soit revu à la hausse de manière significative et ce de manière pérenne.
Le syndicat professionnel des radios associatives souhaite que soit neutralisé le recul des moyens alloués aux radios locales de l’économie sociale. Le syndicat demande une dotation supplémentaire, dès maintenant pour un montant d’un million d’euros affecté en urgence au FSER 2016  afin d’éviter la casse et de renforcer les moyens dédiés à l’aide sélective du FSER.

Il faut une volonté sur le moyen terme pour sauver la radiodiffusion de proximité. Le nombre de radios locales bénéficiant de l’aide publique réglementaire a augmenté de 5,5% en 4 ans et le nombre de radios bénéficiant de l’aide sélective augmente également. On ne peut que s’en réjouir, puisque cela est la preuve de la richesse de leurs activités et de leur attractivité.

Un nouveau mécanisme imaginé en 2013 devait permettre de revaloriser l’enveloppe consacrée à la subvention sélective dans un système contraint. Mais cela n’a pas eu l’effet escompté en raison de la stagnation de l’enveloppe globale de 29 millions et de l’amélioration incontestable des activités des radios au bénéfice des territoires. Celle-ci entraine une évolution positive de leur volume d’activité, et donc de leur budget sur lequel est corrélé l’aide publique réglementaire.

Plus marginalement, et c’est un élément intéressant pour l’avenir, l’entrée en vigueur de la Radio Numérique Terrestre sur Paris, Marseille et Nice en juin 2014 a provoqué l’arrivée de nouvelles radios locales. Pour les radios associatives s’engageant sur la RNT et ayant déjà une fréquence en FM, cela a conduit à des demandes de modernisation de leur équipement. Le SNRL ne cesse d’exiger un coup de pouce pour ces radios locales. Il faut maintenant anticiper la nouvelle vague de modernisation sur plusieurs grandes zones géographiques de notre pays en 2017.

Tout comme le cinéma et la musique, le Fonds de Soutien n’est pas l’unique source de financement des radios locales. Ces entreprises de l’économie sociale ont su construire ces trente dernières années un système de partenariats locaux leur permettant d’élargir leurs sources de financement. Mais l’aide publique réglementaire reste l’épine dorsale d’un système ayant fait ses preuves, tant dans l’activité des radios que dans le contrôle de leurs comptes. Quoi que l’on fasse, on peut constater que les 29 millions d’euros du FSER sont insuffisants.

Le SNRL a chiffré l’augmentation nécessaire du FSER sur l’exercice 2017  à 3 millions d’euros. Le syndicat professionnel des radios vient d’entamer une campagne d’information et de sensibilisation auprès des parlementaires en ce sens.

Il faut également des leviers d’optimisation complémentaires.  Pour Loïc Chusseau, Délégué national aux affaires culturelles du syndicat, « il faut supprimer la dégressivité des tranches de produits au-delà de 219.999€, la mise en place d’un observatoire de la radiodiffusion dans le cadre d’une observation partagée sous l’autorité de l’Etat et du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, la création d’une plateforme de la radiodiffusion associative permettant la diversification des produits, la mobilisation d’un fond spécifique pour l’éducation aux médias » suite à la signature de l’accord-cadre entre le Ministère de l’Education Nationale et le SNRL.

La suppression de la dégressivité (en fait, une rupture brutale de l’aide publique) de l’aide à l’exploitation pour les radios évoluant dans un budget supérieur à 220.000 € permettrait aux radios associatives de ne pas être contraintes sur leurs activités ; elles pourront ainsi répondre à des engagements de charges supplémentaires notamment sur la masse salariale. En l’état, ce plafond bloque la création d’emplois et favorise la mise en place de filiales tout à fait légitimes, mais qui échappent à la régulation et à la Convention Collective.

Le SNRL a proposé à l’Etat (DGMIC) la mise en place d’un groupe de travail afin d’étudier les moyens et outils opérationnels nécessaires au développement des missions de communication sociale de proximité et de partager une observation pérenne de la radiodiffusion associative, dans sa dimension qualitative et quantitative. Il s’agit d’appréhender et d’anticiper, les évolutions et besoins du secteur de l’économie sociale de la radiodiffusion, acteur stable du paysage audiovisuel créateur d’emplois, de mobilité et de qualification professionnelle.

Enfin, le SNRL a signé le 23 mars dernier avec la Ministre de l’Education nationale un accord-cadre pour le développement de l’éducation aux médias et à l’information. Le SNRL souhaiterait que cette priorité soit accompagnée, pour les radios, d’un financement à hauteur des enjeux sociétaux posés lors du Comité interministériel de mars 2015 suite aux attentats contre la presse de janvier 2015.

Un million tout suite, 32 millions dans le budget de la culture 2017, cela est considéré comme une goutte d’eau pour tous les observateurs avertis consultés par le syndicat. Mais l’effort demandé à la puissance publique est à la hauteur des efforts consentis tous les jours par les dirigeants, les salariés et les bénévoles de la radiodiffusion de proximité. De l’avis unanime, jamais ces efforts réciproques n’ont été trahis. Il convient, en ces temps particuliers, de redoubler de confiance dans les missions de service au public de ces médias essentiels que sont les radios associatives, qui irriguent le pays bien au-delà de leur deux millions d’auditeurs.

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