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Un journaliste de Mediapart dépose plainte pour menaces de mort

Un journaliste du site Mediapart, Fabrice Arfi, a porté plainte contre X pour menace de mort à la suite de messages envoyés par le dirigeant d’une société d’intelligence économique, Pierre Sellier, a-t-il annoncé dans sa plainte rendue publique jeudi.

Ces messages ont été envoyés entre le 2 et le 8 juillet à Fabrice Arfi et au patron de Mediapart, Edwy Plenel, au moment où M. Arfi et l’un de ses collègues préparaient une enquête sur un intermédiaire soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans le volet financier de l’affaire Karachi, Ziad Takieddine, selon la plainte publiée par le site.

M. Sellier a proféré de nouvelles menaces de mort envers M. Arfi lors d’une conversation téléphonique avec un autre journaliste de Mediapart, déclarant notamment: « Je vais le tuer. Service action. Trois balles dans la tête », selon les propos rapportés dans cette plainte.

M. Sellier est actionnaire majoritaire de la société d’intelligence économique Salamandre et aurait, selon la plainte, longtemps été proche de M. Takieddine. Il avait déjà envoyé de nombreux messages de mises en garde à des journalistes qui enquêtaient sur l’affaire Karachi en 2009.

Mediapart a publié récemment une série d’articles sur Ziad Takieddine, en particulier ses relations avec des dirigeants de la majorité, sa situation fiscale, son rôle présumé dans la conclusion de contrats d’armement ou pétrolier.

Ziad Takieddine est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans la vente de sous-marins Agosta au Pakistan en 1994 et de frégates à l’Arabie Saoudite la même année, deux contrats qui font l’objet d’une enquête des juges d’instruction Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire.

La société des journalistes (SDJ) de Mediapart a dénoncé ces menaces de mort et indiqué dans un communiqué s’inquiéter « plus généralement du climat d’intimidation qui pèse sur le travail de journalistes de plusieurs rédactions ».

Reporters sans frontières (RSF), de son côté, a exprimé « son inquiétude et sa consternation face aux menaces de mort explicites reçues par le collaborateur de Mediapart ». « Cet épisode constitue le dernier signe d’une dérive extrêmement préoccupante aux marges de l’appareil d’Etat », écrit RSF dans un communiqué.

« Espionnage de journalistes, cambriolages suspects, et maintenant menaces de mort: ces pratiques inacceptables sont-elles désormais considérées comme légitimes par les milieux proches du pouvoir pour lutter contre le journalisme d’investigation? », s’est interrogée l’organisation.

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