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Un homme de radio prend la tête de « Libération »

Lundi 7 février, les salariés de « Libération » ont choisi Nicolas Demorand pour succéder à Laurent Joffrin à la tête de leur rédaction. C’est la première fois qu’un homme de radio prend les commandes d’un quotidien national

Avec 56,7 % des suffrages exprimés, l’équipe de Libération a donc voté en faveur de Nicolas Demorand, l’unique candidat proposé par l’actionnaire de référence du titre, Édouard de Rothschild. À 39 ans, l’homme de radio devient coprésident du directoire de Libération aux côtés de Nathalie Collin. Il prendra ses fonctions le 1 er mars à la place de Laurent Joffrin, sur le point de diriger Le Nouvel Observateur.

Né en 1971 à Vancouver (Canada), Nicolas Demorand est un ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, titulaire d’une licence de philosophie et d’une agrégation de lettres modernes. Professeur dans un lycée professionnel et dans des classes préparatoires aux grandes écoles, il débute dans le journalisme en signant des papiers culinaires dans le guide gastronomique Gault et Millau et aux Inrockuptibles.

En 1997, il présente l’émission « Cas d’école » sur France Culture, avant de prendre les rênes de la matinale en 2002. Sa culture et son impertinence le font remarquer dans la médiasphère. Il apparaît alors comme l’un des journalistes de radio les plus doués de sa génération.

La greffe ne prend pas avec les auditeurs d’Europe 1

En septembre 2006, on le retrouve à la tête de la matinale de France Inter. Deux ans plus tard, il tente une première expérience à la télévision en présentant la tranche d’information entre 18 heures et 20 heures sur i-Télé. De sorte que le journaliste enchaîne, à la manière d’un marathonien, l’information à la radio et à la télévision sans interruption.

Mais l’expérience n’est pas concluante. Nicolas Demorand quitte i-Télé en 2009 pour renouveler le rendez-vous politique du dimanche de France 5. Il prend la succession de Serge Moati et de son émission « Ripostes » pour lancer C « Politique ». L’an dernier, alors que France Inter est secouée par le renvoi de Stéphane Guillon, en juin, l’animateur annonce son départ pour Europe 1.

Alexandre Bompard lui propose de muscler le 18 heures-20 heures : un rendez-vous d’actualité qui fait place au débat entre chroniqueurs, à des questions d’actualité et au divertissement. « Je connais Alexandre depuis longtemps, disait-il à l’époque. Sans lui, je ne serais jamais venu.» Mais la greffe ne prend pas avec les auditeurs : fin 2010, la tranche qu’il anime a perdu 20 % de son audience en un an, soit une érosion estimée à 250 000 auditeurs !

En le choisissant, Libération a trouvé une personnalité dont la notoriété n’est plus à démontrer. La surface médiatique de Nicolas Demorand assurera au journal une présence et une vitrine dans les débats de société. Déclarant vouloir ancrer positivement le quotidien à gauche, estimant qu’il faut «réenchanter la gauche», aura-t-il les moyens de s’engager et de peser dans le travail quotidien d’un journal ? Homme de radio et de télévision, son expérience de la presse écrite n’est pas encore indiscutable.

via Un homme de radio prend la tête de « Libération » – Culture – la-Croix.com.

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