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TNT : Le scandale caché ou une catastrophe politique

csaC’est le scandale le mieux caché du moment : le 30 novembre 2011, si on ne fait rien d’ici là, le passage à la télé numérique risque de laisser bon nombre de foyers français sur le bord du chemin.


tdfÀ quelques mois de la présidentielle 2012, ce serait une catastrophe politique ! En effet, le gouvernement a pris la décision de ne pas équiper en numérique 2.074 émetteurs TDF (sur un total de 3.750). Ces émetteurs sont situés dans des zones géographiques difficiles : montagnes, zones frontalières et zones maritimes. Ce sont ainsi 5 % de territoire pour lesquels la vieille antenne rateau ne recevra plus aucun signal. Soit 1,5 million de foyers menacés d’écran noir. Le CSA envisage trois solutions : équiper ses foyers en paraboles satellitaires, passer par le câble, sinon par l’abonnement à une offre ADSL. Mais qui paiera ? Les élus locaux, représentés par l’AVICA, commencent à comprendre que le coût de ces équipements sera à leur charge. Autrement dit, la facture de la TNT sera, dans ces zones difficiles, répercutée sur les impôts locaux !

Le CSA envisage trois solutions : équiper ses foyers en paraboles satellitaires, passer par le câble, sinon par l’abonnement à une offre ADSL. Mais qui paiera ? Les élus locaux, représentés par l’AVICA, commencent à comprendre que le coût de ces équipements sera à leur charge. Autrement dit, la facture de la TNT sera, dans ces zones difficiles, répercutée sur les impôts locaux !

Or, les montagnes n’abritent pas les populations les plus riches du pays… Ailleurs, dans le reste du pays, les émetteurs TNT continueront à être payés par les chaînes de télévision. Qui peut croire qu’une solution individuelle via la parabole coûtera moins cher qu’une solution collective via l’émetteur ? Moins cher pour les chaînes, plus cher pour le contribuable local… Sans compter le risque que les antennistes s’entendent pour gonfler leurs tarifs ou orientent les foyers vers les offres les plus chères.

Un chantier gigantesque, des délais intenables

Le câble sera utile dans l’habitat collectif sauf qu’il est moins répandu dans les zones montagneuses. Quant à la solution de l’ADSL, elle pose d’énormes problèmes puisqu’il s’agit de s’abonner et de payer tous les mois… Certes, des aides étatiques sont prévues dans la loi du 5 mars 2007 (un fonds de 277 millions d’euros). Mais pour en bénéficier, les conditions de ressources sont trop basses pour embrasser les « travailleurs pauvres », pourtant nombreux dans ces zones-là.

Bref, le chantier qui s’engage est gigantesque. Et les aiguilles de l’horloge tournent d’ici à novembre 2011. Mettons que la parabole soit privilégiée. Il s’agit donc d’équiper, à la louche, 1,3 million de foyers concernés. Sortons la calculette : si l’on veut qu’au 30 novembre 2011, tous les foyers non couverts disposent d’une parabole, il faudrait que les installateurs parviennent à équiper 44.827 foyers par mois en s’y mettant dès à présent et en travaillant 7 jours sur 7. Cela représente 1.495 installations par jour. Une chimère ! La France ne compte que 8.000 antennistes. Intenable. D’autant qu’ils sont rarement établis dans les zones montagneuses. La plupart sont concentrés dans des villes moyennes. Il faudra donc leur payer le transport. Encore un surcoût pour les foyers ruraux…

L’État préfère vendre les fréquences aux opérateurs télécom

Dernière chausse-trappe : le nombre de fréquences sur lequel le CSA pouvait compter… En coulisses, les Sages se sont fait dépouiller par l’Arcep (l’autorité de régulation des télécoms). Entre ces deux organismes, le courant ne passe pas vraiment. L’Arcep a commandé un rapport à un cabinet de lobbying (Relians) afin de préconiser de reprendre des fréquences jusqu’ici dédiées à la télévision… En décembre 2008, le rapport a été validé par Matignon. Et pour cause : les opérateurs télécoms paient cher les fréquences (et enrichissent l’État) tandis que celles des télévisions sont gratuites… Résultat : le CSA, qui comptait sur 13 multiplexes d’ici à 2015 afin d’offrir aux Français la télévision haute définition, n’en compte plus que… 8 (dont l’une à seulement 70 %) ! « Nous espérons qu’avec les progrès de la compression numérique, on puisse retrouver d’ici à 2013 ou 2014 les 13 multiplexes », tempère Alain Méar, membre du CSA.

Il y aurait bien une solution. D’ailleurs, le CSA ne l’ignore pas et commence à la suggérer. Il faudrait équiper la totalité des 3.750 émetteurs analogiques de TDF en numérique. Cela coûtera certes plus cher aux chaînes de télévision mais, au moins, aucun Français ne sera laissé pour compte. Il est surtout de plus en plus probable que la TNT prendra au moins deux ans de retard (on sera alors très près des municipales de 2013)… Ce retard alourdira la facture des chaînes de télévision historiques (TF1, France Télévisions, M6, Canal+, Arte) qui paient deux fois, une fois en analogique, une fois en numérique. Tout cela, pour le plus grand bonheur des actionnaires américains de TDF. En effet, cette société – stratégique pour la France – est détenue par le fonds Texas Pacific Group, qui, de fait, est en situation de quasi-monopole (les concurrents sont dépendants des sites TDF). Ceci ne va pas sans poser des problèmes politiques.

Trop d’intervenants, pas de patron

Le CSA attend donc une décision politique. Problème : l’État ne s’est pas organisé pour la lui donner promptement. En effet, le dossier de la TNT est dispersé entre Matignon (où il est géré par des conseillers technophiles), le CSN (Comité de la stratégie numérique, dirigé par Jean-Michel Hubert), le secrétariat d’État à la prospective et au développement de l’économie numérique de Nathalie Kosciusko-Morizet, tandis que la Direction du développement des médias (DDM) de la rue de Valois semble de moins en moins concernée. Ce dossier réclame un vrai patron, et un seul, conscient des intérêts des citoyens et de la continuité du service public. Un patron comme… le président de la République ? La numérisation de la télévision pourrait, par exemple, figurer dans le plan de relance de l’économie, au même titre que le ravalement des monuments historiques, pour lequel l’État a concédé une rallonge de 25 %.

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