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Temps de parole des candidats : dans les coulisses du CSA – Presidentielle 2012 – leParisien.fr

Avec la déclaration officielle de candidature de Nicolas Sarkozy mercredi, la télévision a basculé pour de bon dans la « vraie » campagne présidentielle. Une campagne qui répond à des règles strictes édictées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) dès lors qu’un candidat, ou l’un de ses soutiens, apparaît à la télévision ou parle à la radio.

Mais comment se compte ce fameux temps de parole? Reportage dans la salle des observateurs du CSA.

Première surprise : le profil des observateurs. La moyenne d’âge ici ne dépasse guère les 25 ans. L’ambiance est studieuse, les paires d’yeux rivées sur des ordinateurs où défilent les JT et les émissions du week-end. On se croirait presque dans la bibliothèque d’une grande école. D’ailleurs, la petite vingtaine de CDD qui se relaient ici depuis le 1er janvier sont tous étudiants, souvent en sciences politiques ou en droit. Ce job leur rapporte « environ 700 € par mois, à raison de quatre heures par jour six jours sur sept », confie une jeune recrue.

Les programmes sont visionnés en rediffusion

Pauline, 22 ans, étudiante en droit, décortique les programmes diffusés samedi sur France 2. Notamment « Envoyé spécial, la suite » sur les militants, programmé samedi à 13h55. L’occasion de découvrir une première subtilité du décompte : « Si, par exemple, un militant UMP parle de François Bayrou, c’est considéré comme du temps de parole de Nicolas Sarkozy, explique Pauline. En revanche, s’il parle de sa jeunesse de militant, ça ne compte pas. » Contrairement à ce que l’on imagine souvent, le CSA n’observe jamais les programmes en temps réel, mais ceux de la veille. Et, le lundi, ceux du week-end.

Au côté de Pauline, Alexia, 26 ans, diplômée en droit et sciences politiques, scrute ce qui est passé dimanche sur M 6. « Selon les sujets, on visionne toute l’émission ou on accélère certains passages. Par exemple : le magazine Capital sur Marine Le Pen, on l’avait regardé intégralement, mais celui sur le pouvoir d’achat, non. » Elle ajoute : « Le fait que la candidature de Nicolas Sarkozy soit maintenant déclarée est beaucoup plus simple pour nous. Avant, il fallait en permanence se poser la question de savoir si ses propos étaient ceux d’un président, ou d’un candidat potentiel. »

« Nous avons ouvert un décompte pour Nicolas Sarkozy en tant que candidat potentiel dès le 1er janvier », explique Christine Kelly, l’une des neuf Sages du CSA. « Par exemple, s’il dit je rends hommage aux soldats français morts en Afghanistan, ça n’est pas décompté car il est dans sa fonction régalienne. Mais s’il dit la lutte contre le chômage est une priorité pour moi, c’est considéré comme temps de parole du candidat. »

Pour ces jeunes et brillants étudiants, en tout cas, ce temps n’est pas perdu. « C’est passionnant, ça nous permet de vivre la campagne autrement », confie Alexia. La jeune femme aux jolis traits asiatiques ajoute : « On est de l’autre côté du miroir, dans les coulisses. On observe tout et on a l’impression de jouer un petit rôle pour faire respecter la démocratie. » Elle y voit très certainement aussi un moyen de booster son CV pour percer… dans la politique.

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