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Télévision : Angers 7 en redressement judiciaire

Le tribunal de commerce a prononcé, hier, le redressement judiciaire de la télé locale, avec une période d’observation. Deux projets de reprise sont annoncés.
Pourquoi, comment ?

Qu’a décidé, hier, le tribunal de commerce d’Angers ?

Plutôt que la liquidation qui aurait signifié la mort immédiate de la chaîne, le tribunal a accepté, à la demande du groupe Sipa-Ouest-France, de prononcer la mise en redressement judiciaire d’Angers 7, avec une période d’observation de 6 mois. Les salaires d’avril seront payés par le gestionnaire.

Qui détient la chaîne actuellement ?

Le capital de la chaîne qui emploie 15 salariés est détenu à part égale (34 % chacune) par la Ville d’Angers (via trois sociétés d’économie mixte) et la société Sipa-Ouest-France, qui ont fait savoir qu’elles se retiraient. Le reste du capital appartient à trois banques.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’écran noir hier soir ?

C’est parce que Ouest-France a souhaité examiner deux projets de reprise que le tribunal n’a pas prononcé la liquidation judiciaire.

« On fera tout pour aider les salariés », a d’ailleurs expliqué hier matin Antoine de Tarlé, le directeur général. La situation de l’entreprise sera étudiée, dans le détail, le 12 mai prochain. Il sera alors décidé de la poursuite ou non de l’activité.

Quels sont les deux projets de reprise ?

Le premier concerne la société TV Loco qui a fait savoir qu’elle était intéressée, en liaison avec la télé locale à Cholet

La seconde option serait la reprise d’Angers 7 par ses salariés, qui envisagent de créer une association de téléspectateurs à qui l’on proposerait de participer au capital de la chaîne.

Rien n’est encore ficelé, « tout reste à imaginer », explique Marion Normand, déléguée du personnel. « Nous avons trois semaines pour monter un projet viable. »

Comment en est-on arrivé là ?

Au 31 décembre 2009, les pertes accumulées par la chaîne s’élevaient à 800 000 €. La raison : un schéma économique qui ne fonctionne pas, avec des recettes publicitaires très faibles. En 2008, avec un budget de fonctionnement de 1, 2 millions d’euros, et une subvention de la Ville d’Angers à hauteur de 500 000 €, Angers 7 misait sur une rentrée publicitaire de 700 000 €. Elle n’a obtenu que 300 000 €.

Idem, ou presque, en 2009. « Cette année, les pertes représentent près de 80 000 € par mois », estime l’avocat du groupe Ouest-France, Thierry Boisnard.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Les salariés vont devoir peaufiner leur projet de reprise. Ils l’ont dit hier devant la centaine de sportifs, journalistes, représentants de la culture, venus les soutenir : « Nous nous battrons jusqu’au bout ! »

Ils vont se tourner de nouveau vers la Ville d’Angers, également actionnaire à 34 % de la chaîne via une société d’économie mixte.

Quelle est la position de la mairie d’Angers ?

Elle a prévenu, lundi, qu’elle limiterait toute nouvelle participation financière à 500 000 €, mais a déjà refusé de s’associer à un projet de reprise de 10 salariés porté par TV Loco. Un projet que l’adjoint au maire, Jean-Claude Bachelot, estime « non viable économiquement ».

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