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RNT – Réponse de la CNRA au CSA à la consultation publique du CSA relative au déploiement de la RNT sur l’ensemble du territoire métropolitain

cnra1 – Présentation de la ressource radioélectrique pour la radio numérique terrestre

- 1.1.1 Dans l’hypothèse d’un appel à candidatures dans les bandes de fréquences inférieures à 30 MHz, seriez-vous candidats ? Si oui, quel serait votre objectif de couverture (agglomération ou région) ? Sur quelle(s) bande(s) de fréquences ?

La CNRA déconseille très fortement d’être candidate, pour une radio associative, sur une fréquence inférieure à 30 Mhz.

Deux types de fréquence doivent ici être distingués. Celui qui concerne les « classiques ondes moyennes » (AM) et celui relevant de la bande des 26 Mhz. Dans les deux cas, il s’agit de bande de fréquences dont les qualités de propagation souvent mauvaises, très aléatoires, et souffrent de fortsrisques de perturbations.

Ces perturbations peuvent provenir de l’activité du soleil, mais également d’interférences entre émetteurs, dans le Monde, occupant la même fréquence. Ainsi, un émetteur peut, depuis le continent américain, venir brouiller ce type d’émission en France.

La disponibilité de fréquences réellement exploitables dans ces bandes parait clairement devoir être remise en question.

La bande passante disponible, dans ce type de bande hertzienne, en utilisant un procédé de numérisation de type DRM, ne serait que de 32 Kb/s.

Cette « capacité numérique » très faible ne permet pas de diffuser de données associées ni même d’obtenir une qualité audio au minimum égale à celle de la Fm (sauf peut-être en mono). L’exploitation de la bande des 26 Mhz nécessitera que les fabricants de récepteurs intègrent un tuner, tout comme une « puce » de décodage pour un système DRM, supplémentaire aux récepteurs., Les radios commerciales ont déjà expliqué qu’elles ne souhaitent exploiter la bande 3 que sous la norme TDM-B. Les industriels fabriqueront-ils de récepteurs pour des fréquences uniquement exploitées que par la catégorie A ?

S’agissant des ondes moyennes, le coût de diffusion, bien supérieur à celui annoncé pour le TDMB, est un élément extrêmement dissuasif et donc discriminant pour les radios associatives.

Pour toutes ces raisons, la CNRA déconseille très fortement à toute radio de catégorie A de postuler à l’exploitation d’une fréquence inférieure à 30 Mhz.

Pour la CNRA le lancement de tels appels à candidature serait assimilé à un piège tendu à la catégorie A organisant la ghettoïsation des radios associatives non commerciales en attendant de les réduire au silence.

- 1.1.2 Souhaitez-vous que ces appels soient lancés concomitamment aux appels à candidatures en bande III ou envisagez vous une autre démarche ?

La CNRA ne souhaite pas que des appels de ce type soient lancés.

Pour la CNRA, il est impératif que les radios de catégorie A aient le même égal accès au bien public hertzien, support de diffusion de l’ensemble du média radio. Accorder aux radios commerciales ou de service public le droit d’émettre sur une bande 3 avec de larges bandes passantes et rejeter les radios de catégorie A vers des « sous bandes », démunies de récepteur et à la capacité numérique totalement ridicule, serait une mesure discriminatoire. Pour éviter ce risque, ces appels ne pourraient être lancés concomitamment aux appels en bande 3.

- 1.1.3 En tant qu’éditeur d’un service radiophonique, seriez-vous candidat dans le cadre d’un appel à candidatures en bande L dédié à la couverture des axes routiers ; pour quelles raisons ?

La bande L possède l’énorme désavantage d’avoir une mauvaise qualité de propagation.

En effet :

  • Pour obtenir la même qualité d’émission qu’un émetteur en Bande 3, un émetteur en bande L doit être significativement plus puissant ;
  • Bien souvent, l’augmentation de puissance ne suffit pas à couvrir une même zone de diffusion (comparativement à la bande 3). Pour obtenir un bon résultat il serait nécessaire de multiplier (parfois par trois) le nombre d’émetteurs ;
  • La capacité de pénétration intra-muros de la bande L est inférieure à celle de la bande 3 (elle-même déjà en recul par rapport à la FM).

Ainsi, l’exploitation de la bande L, utilisée à l’identique de la Fm, se révèle extrêmement couteuse.

Pour toutes ces raisons la bande L est un support de diffusion rejeté par la CNRA pour l’exploitation d’une radio de catégorie A.

- 1.1.4 La couverture des axes routiers en bande L en T-DMB pourrait être un vecteur de diffusion de services complémentaires aux services de radio à destination des automobilistes et des passagers ; quels types de service pourraient être envisagés ?

Cette question concerne, à notre sens, bien peu les radios de catégorie A.

- 1.1.5 Quel serait l’impact du déploiement de la RNT en bande L au niveau des récepteurs en terme de coût et de disponibilité notamment ?

Nous ne sommes pas en capacité de répondre à cette question.

- 1.1.6 Les fréquences temporaires attribuées notamment dans le cadre d’événements particuliers ou de projets pédagogiques par le Conseil sur la bande FM pourraient, dans le cadre de la numérisation, être réservées à la bande L. Que pensez-vous de ce mode d’utilisation temporaire des fréquences en bande L ?

S’agissant de projets bien souvent très localisés, cette idée nous semble intéressante à exploiter. Elle permettrait d’optimiser la diffusion en bande 3. En effet l’exploitation de la bande 3 sous forme de « bouquet radios multiplexées » ne permettra que très rarement, sur de nombreuses zones du territoire national, de trouver soit :

  • une fréquence exploitable en « bande 3 », dont la radio temporaire devra supporter la totalité du coup de diffusion ;
  • une place sur un multiplexe déjà existant ; cela suppose que cette place reste toujours vacante (au cas où) et que les autres opérateurs radios doivent en supporter le coût quand ces mêmes radios temporaires n’émettront pas ; cela suppose également, que le multiplexe concerné corresponde à la zone de couverture de la radio temporaire.

Pour toutes ces raisons, nous pensons que la bande L pourrait, en effet, être exploitée pour les radios temporaires.

- 1.1.7 Envisagez-vous d’autres usages de la bande L ?

Non, pas pour les radios de Catégorie A

2 – Schéma d’utilisation de la ressource en bande III 2.1 Exemples théoriques de planification

- 2.2.1 Quel type d’allotissement (X, Y ou Z) correspond à votre projet de radio numérique ?

La vision extrêmement schématique présentée dans le document support à cette consultation ne nous parait pas efficiente.

Pour que notre confédération puisse se positionner définitivement sur l’un de ces modèles de planification, il nous semble qu’une étude de cas sur une à deux régions de France serait nécessaire.

Pour mémoire, à la fin des années 90, de nombreux experts nous expliquaient que l’usage de quasi-mono fréquence FM (principe de la « fréquence unique ») pour les radios dites nationales permettrait d’optimiser le spectre hertzien en FM. Après études de cas menées sur le terrain, il s’est clairement avéré que la méthode française de planification de la FM était de loin bien supérieure au modèle mono fréquence proposé. Le pluralisme l’avait emporté sur l’intérêt de quelques-uns des opérateurs nationaux.

Face aux schémas présentés et aux mécanismes d’attribution de multiplexe par catégorie radiophonique qu’ils induisent, nos réflexions sont les suivantes :

1. Le modèle de type X représente une forme de préemption ex-ante du spectre hertzien. Il préjuge, dans le cadre d’un appel à candidature, de la meilleure qualité ou efficience d’une radio nationale par rapport à une radio locale ou régionale. Cette vision des choses n’est pas acceptable pour notre confédération.

2. Au delà de l’échelon départemental, le modèle de type Y est en réalité difficilement envisageable. Il obligera un certain nombre de radios régionales à postuler sur des zones strictement identiques de diffusion. De nombreuses radios devront donc payer une diffusion sur une zone qui ne les intéresse pas. forcément (voire pas du tout). De la même façon, on créera sur des zones aux marchés publicitaires et institutionnels (relevant de l’attribution de subventions et de politique d’achats de Messages d’intérêt Collectif) faibles des points de concurrence extrême qui déstabiliseront les acteurs (radios) déjà difficilement présents. Enfin, la plupart des modèles de radios régionales fonctionnent sur des principes de multi-décrochages qui seront, dans ce cas de figure, impossibles à réaliser.

3. Le modèle de type Z appelle deux remarques :

  • Le type Z présente le même inconvénient que le modèle de type Y si les multiplexes sont organisés par catégorie radiophonique. Cette difficulté est même encore plus prégnante en termes de risque de déstabilisation des modèles économiques de nos radios. Si l’on peut imaginer remplir un multiplexe sur une ville de taille moyenne (ou grande) en couplant au besoin plusieurs catégories de radios locales, comment faire sur des villes à la population plus réduite (2500 à 5000 habitants) ? Soit on pousse des radios locales déjà existantes à se faire concurrence, soit on autorise de nouveaux acteurs. Quel sera alors le modèle économique qui permettra à ces radios de vivre ? Ce raisonnement est également parfaitement valable en terme éditorial.
  • Un élément de taille n’est pas communiqué. Il concerne le niveau de brouillage possible entre deux émetteurs distincts émettant sur une même fréquence. En toute logique, celui-ci devrait être inférieur à celui de la FM. C’est en connaissant le couplage entre puissance PAR et champ potentiel de brouillage entre émetteur que nous pourrions imaginer le nombre réel de multiplexes qui pourrait être planifié par région.

4. Enfin, il semble visiblement que le nombre de fréquences disponibles par « plaque » ne serait pas de seulement 6 mais pourrait être de 8 voire atteindre le chiffre de 12. Là aussi, les conditions de planification suivant la prise en compte de ce facteur seront très substantiellement différentes.

Pour nous, le modèle mixte présenté (type X, Y et Z couplé) correspond à une volonté simplificatrice qui peut se comprendre pour l’établissement de plan de fréquences rapidement établi. Mais, cette simplification technique ne repose pas forcément sur une réelle prise en compte des intérêts de l’ensemble des acteurs actuels de la FM et notamment ceux des radios associatives. En effet, un modèle mixte présenterait les inconvénients suivants :

1. Ce modèle empêcherait de créer des multiplexes multi-catégorie abritant des radios locales, régionales et nationales sur des zones à faible densité de population. Les radios nationales mobilisant à elles seules un multiplexe, elles ne pourraient venir aider à « ajuster » le nombre de services radiophoniques nécessaires à l’amortissement d’un multiplexe. On se verrait alors, sur ces zones, dans l’obligation soit, d’amener de nouveaux concurrents (très difficilement supportable pour le marché local), soit de faire supporter par les radios existantes le coût de diffusion de la partie du multiplexe finalement inexploitée.

2. Ce modèle induit un classement quasi systématique des multiplexes par catégorie radiophonique. Pour les mêmes raisons que nous venons d’évoquer ce classement par catégorie pourrait à la limite être envisagé pour la couverture de grande ville. Il ne pourrait être réalisé de façon systématique sur l’ensemble du territoire. D’autres raisons nous amènent à préférer une mixité des multiplexes en termes de catégorie. Ces raisons sont abordées dans le paragraphe 4.1.4.

Dans la logique de ces réflexions, pour nous, la planification de la bande 3 doit d’une part permettre de coller au plus près des projets radiophoniques et des territoires, et d’autre part garantir la possibilité de multiplexes mixtes. Cela signifie que cette planification doit suivre le modèle Z, le modèle Y (entendu au maximum comme départemental) et exclure le modèle X.

La généralisation de ce modèle devrait être couplée à un principe de mixité des catégories radiophoniques hébergées par multiplexe et peut-être à l’utilisation de la bande L pour offrir en certains lieux une continuité de programmes « inter-plaque » de « bande 3 ».

- 2.2.2 Les allotissements DAB du plan de Genève 2006 sont définis pour un seuil de réception minimum de 66 dBμV/m à 10 m du sol pour 95% des emplacements. Ce seuil, qui servira à vérifier les engagements de couverture des radios, vous semble-t-il suffisant pour garantir une qualité de service a minima équivalente à celle de la FM ? Avez-vous des remarques ou suggestions sur la définition de ce seuil ?

Un compromis sur ce plan semble devoir être trouvé. Plus le nombre de dBuV/m défini comme seuil de réception sera élevé moins l’on pourra, notamment dans le modèle de type Z, planifier de fréquences. De la même façon, le niveau de pénétration indoor de la bande 3 est tel que le seuil minimal de réception semble devoir être supérieur à la FM. Entre 75 dBμV/m et 54 dBμV/m le seuil de 66 dBμV/m semble correspondre à un bon compromis.

- 2.2.3 Quel est l’objectif de couverture de votre radio (ou de la catégorie de radio si vous répondez au nom d’une organisation professionnelle) : national, régional, multi-villes ou local ?

Pour la CNRA, il est impératif que chaque radio précise dès à présent le périmètre de couverture qu’elle entend atteindre pour chacun de ses « services radiophoniques ». Afin de pouvoir réaliser une première simulation, ce périmètre devrait être établi nommément commune par commune.

Pour les radios dont l’objectif de couverture est national (qui pourrait correspondre à 90% de la population métropolitaine

- 2.2.4 Quel est votre objectif de couverture en pourcentage de la population métropolitaine ? Vous veillerez à remplir le tableau présenté en annexe 3 et à l’envoyer au Conseil sous forme électronique à l’adresse suivante zonesrnt@csa.fr.

- 2.2.5 Selon quel rythme souhaitez-vous mettre en oeuvre le déploiement de cette couverture (zones et calendrier) ?

- 2.2.6 Souhaitez-vous réaliser des décrochages qui seront par ailleurs limités à chaque allotissement de type X ? Sur quels allotissements du plan de Genève (voir annexe 2) ? Le cas échéant, vous veillerez à remplir le tableau présenté en annexe 3 et à l’envoyer au Conseil sous forme électronique à l’adresse suivante zonesrnt@csa.fr.

Pour les radios dont l’objectif de couverture est régional, multi-villes ou local

2.2.7 En vous reportant à la liste des allotissements de type X définis en annexe 2, sur quel(s) allotissement(s) vous porteriez-vous candidat (l’engagement minimal en terme de couverture pouvant être fixé à 90% de la population) ?

Les allotissements décrits en annexe 2 ne permettent pas de se prononcer. Ils ne correspondent à aucune réalité en termes de zone d’émission pour nos radios.

Nos radios ont été construites sur des dynamiques qui croisent logique de CTR, logique de financement institutionnel (rattaché à des logiques de collectivité territoriale) et logique de « zones de vie ». Bien souvent, ces logiques épousent donc très précisément les contours définis par les territoires de chaque collectivité territoriale de la République. Dans ce cadre, comment imaginer positionner notamment en Languedoc-Roussillon ou Midi-Pyrénées des radios régionales telles que les plaques nous le suggèreraient ? Ceci est tout simplement impossible.

Pour nous, les allotissements devraient être redéfinis en tenant compte au maximum de la définition actuelle des régions administratives, mais aussi des bassins de vie et de la configuration géographique (montagne).

- 2.2.8 Si l’objectif de couverture de votre projet ne correspond pas à un allotissement de type X, pouvez-vous indiquer en utilisant le tableau fourni en annexe 3, vos objectifs de couverture afin que le Conseil puisse définir les allotissements de type Y et Z ? Vous pourrez compléter ce tableau par une carte.

Dans notre logique, les radios associatives n’ont pas à se positionner en fonction de modèle type. Il est par contre primordial qu’elles fassent connaître de la façon la plus précise leur volonté de couverture commune par commune.

Ce tableau devra être envoyé sous forme électronique à l’adresse suivantezonesrnt@csa.fr .

3 – Organisation des appels à candidatures et calendrier de déploiement

- 3.1.1 Dans ce contexte, le Conseil envisage de lancer tout d’abord un appel à candidatures national pour la diffusion de services nationaux, puis plusieurs appels à candidatures régionaux pour la diffusion de services régionaux, multivilles et locaux. Que pensez-vous de ce schéma d’organisation des appels ?

La CNRA est catégoriquement opposée à ce schéma d’organisation des appels.

Sur un plan politique, comme technique, cela voudrait dire qu’une priorité serait donnée dans la construction du plan de fréquence aux multiplexes nationaux. Les multiplexes locaux et régionaux étant par la suite placés dans les espaces restants. Nous ne voulons pas de ce traitement de seconde zone. De plus la logique de planification que nous défendons interdit totalement le schéma proposé ici.

- 3.1.2 Souhaitez-vous que les démarrages d’émissions liés à ces deux types d’appels soient concomitants ou privilégiez-vous un décalage entre le déploiement des services autorisés dans le cadre de l’appel national et le début des émissions liées aux appels régionaux ?

Les démarrages d’émissions doivent être concomitants et liés à chaque appel régional.

- 3.1.3 Avez-vous des remarques concernant ce calendrier prévisionnel des appels à candidatures régionaux (rythme, ordre des régions …) ?

Aucune.

- 3.1.4 Dans le cadre de chaque appel à candidatures régional, pensez-vous qu’il soit préférable de prévoir un démarrage simultané pour l’ensemble des allotissements ou faut-il privilégier un déploiement progressif en commençant par les allotissements où la densité de population est la plus importante ? Avez-vous d’autres suggestions relatives au déploiement de la RNT au sein de chaque région ?

Si les plans de fréquences sont bien arrêtés et les candidats déjà sélectionnés sur l’ensemble d’une région, un déploiement progressif interne à chaque région pourrait être envisagé. En effet, pour un certain nombre de radios, il sera peut-être difficile de lancer simultanément l’ensemble des zones. Dans ce cadre, démarrer par les zones les plus peuplées ne paraitrait pas choquant. Ceci, devrait pouvoir être discuté au cas par cas entre les éditeurs, les opérateurs de multiplexes et le CSA.

4 – Composition de l’offre de services

- 4.1.1 Quel débit doit être attribué à chaque service de radio, en précisant chaque débit : sous-canal, audio et données associées ? Pensez-vous qu’un débit audio minimum doive être fixé pour chaque service, quel serait ce débit audio minimum ?

Pour la CNRA, un débit identique à chaque éditeur de services radiophoniques (quelle que soit sa catégorie) devrait être attribué.Pour réaliser un programme de qualité sonore au moins égale à celle de la FM et y adjoindre des données associées de qualité optimale, ce débit devrait être, au minimum, de 128 Kb/s. Pour des radios souhaitant exploiter les possibilités de l’interactivité, offertes par la numérisation de la diffusion, ce débit devrait être de 160 Kb/s.

Pour la CNRA, il est essentiel que toutes les radios aient un même droit au moins durant les 10 premières années. Ainsi, en s’appropriant un support de diffusion, elles seront en mesure de créer de nouvelles formes radiophoniques. Permettre à l’ensemble des acteurs de la FM actuelle de pouvoir s’exprimer librement avec ce nouveau support est un gage de réussite pour l’avenir de la diffusion numérique. C’est ainsi que la catégorie A pourra être l’un des moteurs de la créativité et donc d’offre radiophonique sur ce nouveau support. A ce stade, il est normal que la grande majorité des éditeurs ait du mal à imaginer, ou plus exactement à formaliser, ce qu’ils pourront réaliser en termes de programme sur la bande 3. Il faut également être conscient que ceux qui présentent des projets « novateurs » savent pertinemment qu’ils devront certainement profondément les modifier afin qu’ils rencontrent un vrai public.

Pour répondre très spécifiquement à la question du débit minimal devant être réservé à l’audio, celui-ci pour la CNRA ne peut-être envisagé en dessous de 64 Kb/s. Il devrait être en réalité de 96 Kb/s pour tenir compte des pertes liées à l’encapsulation.

- 4.1.2 Pouvez vous définir et caractériser les données associées en les liant de manière explicite au programme radio ? Pouvez vous donner, pour une tranche horaire minimum d’une heure, un exemple de grille de programme radio et les données associées correspondantes ?

La CNRA a déjà eu l’occasion de présenter aux membres du Conseil et responsables de la DDM, les potentiels que représentent, pour les radios associatives, la diffusion numérique. Au-delà de cette présentation, il n’appartient pas à la CNRA d’édicter un modèle type de programmes.

- 4.1.3 Pour les radios privées, quelle est la répartition idéale entre les allotissements de type X, Y et Z en chaque point du territoire (exemple : 2X+2Y+2Z ou 1X+3Y+2Z) ? Pour quelles raisons ?

La CNRA a déjà répondu à cette question plus haut dans ce texte (Voir 2 .2.1). Pour elle, la planification devrait être réalisée sur des modèles exclusivement Z voire Y (entendu au maximum comme départemental).

- 4.1.4 En tenant compte des objectifs de couverture de chaque type d’allotissement (X, Y et Z), quelle serait la meilleure méthode de composition des multiplex ? Pour quelles raisons ?

Là aussi, la CNRA a déjà répondu plus haut dans ce texte à ces deux questions. Il lui semble que les multiplexes doivent être mixtes dans leur composition et accueillir plusieurs types de catégories radiophoniques. Les explications déjà données étaient centrées sur une analyse qui liait potentiel éditorial et financier d’une même zone de couverture. Ces explications peuvent être complétées :

  • « Auto gestion » : L’argument avancé selon lequel une société commerciale (l’opérateur de multiplexe) serait mieux gérée au prétexte que les radios d’une même catégorie pourrait plus facilement « l’autogérer » n’est pas recevable. Suivant les régions, suivants les situations historiques, les radios d’une même catégorie émettant sur une même zone vivent leurs rapports sous deux angles antinomiques. Celui d’une certaine solidarité (qui s’exprime par de puissantes collaborations), mais aussi, celui d’une vraie concurrence. La catégorie A n’échappe pas à cette réalité. Le fait de mélanger, dans chaque multiplexe, les catégories pourra éviter des situations de blocage ;
  • Faire en sorte que l’ensemble des opérateurs radios soit placé sur un pied d’égalité en termes d’accessibilité à la meilleure qualité technique possible : des multiplexes mixtes homogénéiseraient la qualité de la diffusion numérique. Pour la CNRA, il faut éviter que se créent des multiplexes « poubelles ». Choix des sites, qualité des matériels, compétences techniques aussi bien pour la propagation des ondes issues de la « bande 3 » que pour la réalisation du multiplexage. Bien plus qu’en FM, la qualité sera en numérique très discriminante. Ainsi, par exemple, quand en FM une radio possédait un mauvais site d’émission, celle-ci (et seulement celle-ci et non toutes les radios de la même catégorie) pouvait être mal reçue, mais elle était reçue. Dans le cadre d’une diffusion numérique cette radio ne sera plus reçue sur ces zones de « mauvaise réception »…
  • Stabilité des multiplexes en cas de défaillance : En cas de défaillance d’un opérateur associatif un multiplexe mixte aurait moins de risque de s’arrêter.

5 – Services de communication audiovisuelle autres que de radio et de télévision

- 5.1.1 Compte tenu de la ressource réservée et de la couverture attendue, quel serait le nombre de services à sélectionner ? Pour quels types de service (nature, débit, …) ?

La CNRA n’a pas d’avis sur cette question. Pour lui l’essentiel est bien que la ressource en « bande 3 » soit bien utilisée à l’expression radiophonique et non à autre chose.

- 5.1.2 Dans l’hypothèse d’un appel à candidatures dédié aux services de communication audiovisuelle autres que de radios, quelle articulation envisageriez-vous entre cet appel et les appels dédiés aux services de radio ?

La CNRA n’a pas d’avis sur cette question.

6 – Les contributeurs sont invités à faire part au Conseil des compléments éventuels qu’ils souhaitent apporter à leurs réponses.

La CNRA souhaite apporter les précisions suivantes :

1. Pour la CNRA, il semble essentiel que cette consultation donne lieu à une restitution au cours de laquelle l’ensemble des acteurs de la radio numérique puisse s’exprimer. Le document de synthèse issu des différentes réponses formulées pour cette consultation publique devrait ainsi pouvoir être enrichi de possibles positions consensuelles ;

2. La CNRA s’étonne de constater que le CSA a cherché, dans cette consultation, à relancer le débat autour de l’utilisation des fréquences inférieures à 30 Mhz sans avoir cherché à relancer le débat autour de la norme DAB+. En effet, si aucune certitude n’existe sur l’existence, à terme, de postes embarquant des tuners capables de recevoir des fréquences inférieures à 30 Mhz, il semble assez clairement établi, que les puces de décodage pour la réception de la radio numérique en bande 3 sont finalement toutes compatibles TDM-B et DAB+ ;

3. Enfin, pour la CNRA, Il est primordial qu’en fonction des réponses formulées au travers de cette consultation, une ou deux régions soient utilisées pour réaliser une étude de cas grandeur nature. Cette étude devrait cibler :

  • l’établissement des plans de fréquences ;
  • la constitution des multiplexes ;
  • le coût de revient de la diffusion suivant le ou les scénarii retenus.

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