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Radio numérique terrestre, kézako ?

La télévision numérique terrestre, on connaît. Place maintenant à la « radio numérique terrestre » (RNT). Qu’est-ce qui change par rapport à la FM ou aux grandes ondes ? Les programmes sont numérisés, diffusés à partir d’émetteurs situés sur le plancher des vaches et reçus sur des récepteurs adaptés.

Cette nouvelle technologie apporte des « données associées » (images ou textes que l’on peut voir sur un petit écran dont est équipé le récepteur) et une augmentation du nombre de fréquences disponibles (de dix à vingt stations supplémentaires, selon les zones). Le son serait aussi de meilleure qualité.

Du retard à l’allumage

À la fin 2008, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui pilote l’opération, annonçait un déploiement de la RNT dans dix-neuf villes, fin 2009-début 2010. Au printemps, changement de braquet : finalement, seules trois zones seraient concernées (Paris, Nice, Marseille), mais toujours avec le même calendrier.

Alors, on y est… Eh non ! Aujourd’hui, le CSA refuse de donner une date de déploiement. 2009 ? Sûrement pas. 2010 ? Peut-être… Le CSA a annoncé, mardi, la création de quatre « groupes de travail », avec les radios, les diffuseurs, les industriels. Ils commenceront à plancher le mois prochain. Premier bilan annoncé en février.

Pourquoi ça coince

Le projet RNT est loin de déclencher l’enthousiasme chez les professionnels. Nombre d’entre eux estiment que cette technique est dépassée, à l’heure de la radio sur Internet ou sur téléphone portable. D’autres avancent que la facture sera trop salée. Car les stations de radio devront « payer double » pour diffuser en numérique mais aussi en FM « classique ». Et ce pendant au moins une dizaine d’années.

Des arguments repris dans un rapport officiel de Marc Tessier, ancien président de France Télévisions. « Selon moi, il y a un doute sérieux sur l’opportunité d’un projet qui se déroulera sur dix ans, au moment où se profile, à grande vitesse, un nouveau mode de réception de la radio sur les réseaux du téléphone portable. Le projet de RNT a moins d’atouts aujourd’hui qu’il y a trois ans. Qu’en sera-t-il dans cinq ans ? », a-t-il déclaré au figaro.fr

L’argent, le noeud du problème

Ces remises en cause surviennent en pleine crise économique. Les quatre principaux groupes de radios privées (RTL, Europe 1-Lagardère, NRJ et NextRadio-RMC), regroupées au sein du Bureau de la radio, crient au loup, notamment à cause de l’augmentation du nombre de stations dans les grandes villes. « Le gâteau (publicitaire) est plus petit et on sera plus nombreux à se le partager », indiquait le président du Bureau de la radio, en juillet.

Les radios locales associatives s’inquiètent, elles, de la position de Marc Tessier, qui recommande à l’État de ne pas mettre d’argent dans ce chantier.

Quant aux auditeurs, eux aussi devront mettre la main au porte-monnaie. Les radios « classiques » ne pourront pas recevoir la RNT ; il faudra acheter des nouveaux appareils dont les prix s’échelonnent aujourd’hui de 50 € à 150 € quand on trouve de bons radio-réveils analogiques à moins de 25 €. La marche est très haute…

La parole est à la défense

Face à cette avalanche de critiques, Rachid Arhab, chargé du projet au CSA, se veut confiant. « Oui, je crois à la radio. On nous vante Internet à tout bout de champ, mais, pour accéder aux web radios sur ordinateur ou téléphone portable, il faut payer un abonnement. Au contraire, la radio, c’est gratuit pour les auditeurs ! Autre avantage : le réseau hertzien (qui serait utilisé par la RNT) est bien plus adapté à une meilleure couverture du territoire qu’Internet. Offrir une quinzaine de stations supplémentaires dans des villes comme Nice ou Marseille sans saturation des réseaux, c’est un réel progrès. »

Le conseiller apporte tout de même un bémol : « Mais plus on attend, plus ça complique les choses. »
http://www.ouest-france.fr/

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