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Radio Fréquence Grands Lacs en lutte contre les grandes

En résistante, comme beaucoup de ses consœurs, Fréquence Grands Lacs a vu le jour sous l’appellation peu reluisante de Radio pirate. Avant que celles dénoncées par le Premier ministre Raymond Barre comme « un germe puissant d’anarchie » ne soient autorisées par la gauche au pouvoir. 1981 : le grand train de la radio va partir, FGL ne le ratera pas.

À l’époque, on l’appelle encore Born FM. Une petite radio confessionnelle qui n’émet que sur Biscarrosse et ses environs. Menacée par les grosses écuries, elle est sauvée par les commerçants du coin qui font pression pour la survie de « leur média ». Dont acte. La station s’appellera Fréquence Grands Lacs.

Problème, il n’y a personne pour la faire fonctionner. Sur son cheval blanc, le messie-journaliste est arrivé… d’Europe 2. À l’époque, Hervé Delrieu bosse pour l’antenne sur le Bassin. Séduit, il accepte l’aventure FGL. Et décide de reconstruire entièrement la grille des programmes. Le coup de jeune passe bien. Reste plus que le coup de pinceau. Balbutiante, FGL (sur) vit avec beaucoup de cœur et trois bouts de ficelle : les enregistrements se font dans un cagibi sans toilettes, ni fenêtres. « Sept ans de purgatoire avant le luxe », ajoute Hervé Delrieu. Le luxe arrive en 1997, année du grand déménagement rue Jules-Ferry. Pour « marquer le coup », Hervé Delrieu souhaitait une artiste célèbre, et francophone. Ce sera Diane Tell. En janvier 1998, la Québécoise inaugure et donne son nom au nouveau studio. Mieux encore, la soirée des « leaders de la radio » au Renoir. La salle de 250 places affiche complet. Et pour cause, à l’intérieur Carol Frederiks et son compère Michael Jones enflamment la scène. Excusez du peu.

Relais solidaire en continu
FGL s’est aussi construite sur de grands moments de solidarité. Comme cet été où une tornade tua trois campeurs à Biscarrosse. En direct, 48 heures durant, traduite en trois langues, FGL relaie en continu les propositions d’hébergement des sinistrés par les locaux. Dans l’urgence, 600 personnes sont relogées. Une réactivité qui force l’admiration des fidèles. Mais qui suscite à chaque fois plus d’exigence. Hervé Delrieu a ainsi eu la joie de se faire apostropher par une auditrice, plutôt mécontente du retard à l’allumage lors des dernières tempêtes. Reconstitution : « On vous voit partout, à chaque manifestation et vous n’êtes même pas capable de vous payer un groupe électrogène ? Sud Radio, ils ont continué d’émettre, eux ! »

« Madame, nous comparer, FGL et nos quatre petits employés, à Sud Radio et ses 300 salariés, c’est trop d’honneur ! »

« Les gens sont très attachés à leur radio, constate Hervé, mais très peu savent comment on construit l’antenne au quotidien. »

Et encore, c’était pire avant ! Quand le chef cumulait tous les postes. Puis Arnaud Dassier, de NRJ Pau, l’a rejoint. Et aujourd’hui l’équipe compte quatre salariés. Avec l’espoir de voir la famille s’agrandir encore l’an prochain. L’installation de nouveaux émetteurs sur Dax et Mimizan devrait améliorer l’exposition de l’antenne… et convertir de nouveaux auditeurs. « Cette année on enregistre + 17 % d’audience », se félicite Hervé Delrieu. À moyen terme, les objectifs sont clairs : passer le cap de 10 000 fidèles en 2011, embaucher deux nouveaux journalistes et pourquoi pas passer à huit en 2016.

Dans un monde médiatique où la radio semble écrasée par les mastodontes de l’audimat, elles sont encore quelques-unes à résister, envers et contre tout. FGL en fait partie.

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