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Radio France face à un trou budgétaire de 20 millions d’euros

Surprise au sein de la Maison ronde, peu habituée aux secousses financières. Mathieu Gallet, le nouveau PDG de Radio France, a annoncé que, pour la première fois de son histoire, le budget 2015 de Radio France laisse apparaître un trou de 20 millions d’euros. C’est la conséquence d’un effet de ciseau: d’un côté, la redevance a baissé de 9 millions d’euros en trois ans pour atteindre 601 millions et, de l’autre, la masse salariale, qui représente 60 % des coûts du groupe, augmente mécaniquement de 4 millions par an. Ce trou révèle la fragilité d’un système «arrivé en bout de course», selon Mathieu Gallet. Financée à 90 % par la redevance,

Radio France ne s’est jamais remise en question. Mais aujourd’hui, devant la stagnation des ressources publiques, le groupe de radios publiques doit se poser des questions structurelles. C’est le sens des discussions engagées entre Radio France et l’État actionnaire dans le cadre du contrat d’objectifs et de moyens (COM) qui doit être signé en début d’année pour la période 2015-2019. L’État a déjà défini un cadre: stabilité des ressources publiques et retour à l’équilibre en 2017.

Une équation compliquée. Augmenter les recettes propres de Radio France est difficile puisque la publicité est limitée à une cinquantaine de millions d’euros par an venant d’annonceurs publics ou d’intérêt général. Même en élargissant le nombre d’annonceurs, le groupe ne grappillerait que quelques millions d’euros.

Par ailleurs, les économies à réaliser sur le fonctionnement sont faibles. Car Jean-Luc Hees, le précédent PDG, a géré le groupe au cordeau, mais avec une préoccupation majeure: préserver le social. «La seule chose que je demande à l’État, c’est de ne pas toucher à l’emploi», disait-il au Figaro en septembre 2013.

Il reste donc deux grands chantiers: la redéfinition des missions et l’ajustement social. «Il faut refonder Radio France comme si nous partions d’une feuille blanche. Il faut repenser notre offre, repenser notre système de diffusion et réallouer nos forces», estime Mathieu Gallet. Le rapport du sénateur Jean-Pierre Leleux évoquait la possibilité d’un plan social (il y a actuellement 4600 équivalents temps plein). Une possibilité non reprise par le PDG, car la question sociale est taboue à Radio France, qui n’a jamais vécu de plan social.

Mutualiser les coûts

La question du périmètre et des missions de Radio France va être abordée avec l’État dans le cadre du COM. La Maison ronde dispose d’une direction de la musique qui regroupe quatre formations musicales pour un coût de 60 millions par an. La diffusion des sept stations (France Inter, France Info, France Culture, France Bleu, FIP, France Musique et Le Mouv’) coûte 70 millions par an. La première mesure serait de stopper la diffusion en ondes longues et moyennes et penser à une distribution sur le numérique de certaines stations.

Il faudra aussi aborder la question des missions et du nombre de stations. Peut-on mutualiser des coûts, réallouer des fréquences? La radio jeune, Le Mouv’, a été l’objet de polémiques. Fin 2013, Arthur, propriétaire de Oüi FM, dénonçait le fait que Le Mouv’«coûte 17 millions d’euros par an pour 160 000 auditeurs seulement». Mais Mathieu Gallet défend cette station qui attire un public jeune. «Tout le monde paye la redevance, nous devons donc nous adresser à tous les publics.»

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