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Radio-Club, à Wallers : une aventure qui dure depuis trente ans

Elle est l’une des dernières radios associatives du Valenciennois. Le Tour de France, le 6 juillet, passera à l’entrée de sa rue. Bonne occasion de franchir la porte de son minuscule studio. Où, près de trente ans après, Fernand Dumez, le créateur de Radio-Club (105.7), tient toujours bon le micro.

« Radio-Club, bonjour. » Sylvie n’a pas le temps de reposer le téléphone. On est mercredi après-midi, c’est l’émission des devinettes. Ça plaît aux seniors ! En jeu : le livre Arenberg. Une façon de se mettre à l’heure du Tour de France. « Je peux vous proposer une dédicace, parce que le livre a été gagné. » Rosetta, d’Aniche, a été la plus prompte. « On vous le met de côté, vous avez une semaine pour venir le retirer. » À 16 h 30, « Tonton Fernand » prendra le relais avec son émission patoisante. En attendant, on l’invite à remonter le temps. C’était à l’automne 1981. Son fils aîné sortait à L’Escarpolette, la discothèque de Mortagne, dont les DJ étaient aussi animateurs de radio belge. « Les Belges ont fait de la radio locale avant nous. » Fernand, qui gagnait sa vie comme réparateur de télés, a voulu aller voir ça. Ce qu’il a vu l’a bluffé par le peu de moyens nécessaires : une table de mixage, deux platines, un magnéto, un émetteur et un micro. L’émetteur, il l’a fabriqué lui-même. « Toutes les radios locales émergeaient en ville. » Celle-là sera la radio des champs, à la lisière desquels elle se trouve toujours aujourd’hui.

Cette radio ne dira pas tout de suite son nom. Jusqu’au jour où elle se hasardera à donner à l’antenne adresse et téléphone. « Ce fut de la folie ! Les gens arrivaient avec leur cabas plein de disques. » Fernand put s’offrir son premier émetteur professionnel, de vingt watts. En pleine libéralisation, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, on recensait alors vingt-deux radios dans le Valenciennois. Fernand s’attendait à une réglementation. Il se déplaça à une réunion de la Haute Autorité tout juste créée sous la présidence de Michèle Cotta. Les premières autorisations furent délivrées en 1983. Radio-Club avait été la première de la région à retirer son dossier.

La première subvention tomba, de cent mille francs. La radio est soutenue, entre autres, par le Fonds d’aide à l’expression radiophonique. La condition, pour en bénéficier : que la publicité n’excède pas 20 % de ses propres recettes. Son autorisation d’émettre a été renouvelée en 2007.

Créée dans la salle à manger, elle est restée très familiale : les filles de la maison, Sylvie – à qui Fernand, 71 ans, confiera un jour prochain les clés – et Christelle, en sont les animatrices permanentes, auxquelles s’ajoutent, en contrat initiative emploi (CIE), le jeune Charly, dix-huit ans, et Robert, qui fut un bénévole de la première heure, « arrivé à Noël avec ses chips et son poulet fumé ».

L’installation prochaine d’un préfabriqué dans lequel déménagera le studio d’enregistrement va lui donner un peu d’air. Ainsi continue l’« aventure » décrite par Fernand et que partagent aussi vingt-deux bénévoles. Notez encore que Radio-Club recevra un dernier invité avant l’été le vendredi 2 : le maire Salvatore Castiglione. Il y sera forcément beaucoup question du Tour…

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