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Presstalis : l’État injecte 45 millions d’Euros

Le groupe Lagardère, les éditeurs et l’État ont signé un accord hier pour renflouer les comptes du distributeur Presstalis, au bord de la faillite. Lagardère quittera son rôle d’opérateur dans l’année. 

Presstalis échappe au dépôt de bilan. En fin de matinée jeudi dernier, le conseil de gérance du principal distributeur de la presse en France (ex-NMPP) a finalement ratifié, sous l’égide de Matignon, son plan de sauvetage, validant au passage les comptes pour 2009 du distributeur. Comme le dévoilait la semaine dernière La Tribune, le groupe Lagardère, opérateur et actionnaire de Presstalis à hauteur de 49 %, les éditeurs de presse (actionnaires à 51 %) et l’État sont parvenus à s’entendre sur la répartition des 125 millions d’euros jugés nécessaires à sa survie par le rapport Mettling.

Le groupe Lagardère accepte d’apporter 42,5 millions d’euros à la relance de Presstalis. Lagardère, qui s’est refusé un temps à débourser plus de 13 millions d’euros, s’est finalement engagé à verser 22,5 millions d’euros en trésorerie à Presstalis. Il compte aussi céder ses 49 % du capital du gestionnaire de kiosques MediaKiosk, évalués à près de 20 millions d’euros.

En contrepartie, le groupe que préside Arnaud Lagardère a négocié son retrait en tant qu’«opérateur» de presse. Dans son communiqué publié jeudi, Presstalis précise que Lagardère sera amené à «quitter toute position spécifique dans l’année qui vient pour garder son seul rôle d’éditeur» au sein du groupe. Ce désistement se concrétisera au moment des changements de statut (création d’une SA avec un véritable PDG) et de gouvernance du distributeur prévus avant la fin de l’année.

Les éditeurs de presse ont, eux aussi, consenti des efforts. Représentés au conseil de gérance de Presstalis par cinq grandes coopératives de presse, ils ont accepté que l’assiette de calcul et les tarifs de distribution – leurs «barèmes» – soient révisés et même rehaussés pour les quotidiens nationaux.

Uniquement distribués par Presstalis, les quotidiens nécessitent plus de traitements que les magazines, et leur gestion revient donc plus cher. Et ce, alors même que Presstalis n’a pas revalorisé ses tarifs depuis bien longtemps. Des assemblées générales vont être convoquées pendant la deuxième quinzaine de juin pour fixer la hausse des barèmes des quotidiens. Les magazines, eux, devraient au contraire bénéficier d’une baisse de leurs tarifs de distribution afin d’éviter que certains éditeurs de magazines ne soient tentés de se faire distribuer par les Messageries lyonnaises de presse (MLP).

L’État injecte 45 millions

Devant ces efforts, l’État – qui a toujours conditionné son soutien à l’engagement des différents actionnaires -, s’engage à soutenir la distribution des quotidiens en versant 45 millions d’euros à Presstalis : 20 millions issus d’une aide exceptionnelle au titre de 2010 en plus des 18 millions d’euros d’aide récurrente annuelle au distributeur. À cette somme s’ajoutent les 7 millions d’euros d’aide de rattrapage au titre de 2009, Presstalis n’ayant perçu l’an passé qu’une aide annuelle partielle de 11 millions d’euros.

Ironie du calendrier, le sauvetage in extremis de Presstalis intervient la veille du lancement en France de la tablette numérique d’Apple, iPad, qui pourrait bien bouleverser le mode de lecture de la presse. Issu de la loi Bichet de 1947 chargée de garantir aux titres de presse une diffusion nationale et équitable, Presstalis distribue 80 % de la presse dans l’Hexagone et emploie 1 200 salariés.

Aujourd’hui, si Presstalis voit s’éloigner le spectre d’une faillite, sa restructuration reste cruciale. C’est d’elle que dépend la pérennité du plan de sauvetage signé hier. La structure même du groupe, qui a perdu en 2009 plus de 40 millions d’euros, doit désormais être remise à plat. De même celle de certaines filiales comme la Société de presse Paris service (SPPS, 250 salariés). Enfin, «un nouveau plan d’économies et de réforme visant à atteindre une cinquantaine de millions d’euros d’économies annuelles devrait être lancé», selon certaines sources, comme le prévoit le plan Mettling.
http://www.lefigaro.fr/medias/2010/05/27/04002-20100527ARTFIG00613-presstalis-renfloue-par-ses-actionnaires.php

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