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Présidence de France Télé : la procédure de nomination contestée

Les rédactions de France 2 et France 3 dénoncent une procédure «opaque et anti-démocratique», mise en place par le CSA pour choisir le prochain président de la télévision publique. Les auditions à huis clos des candidats ont lieu cette semaine.

Alors que les auditions des candidats retenus pour la présidence de France Télévisions vont débuter ce mardi au CSA, les rédactions de France 2 et France 3 ont choisi de publier une tribune au vitriol dans Le Monde. «Nous ne saurons rien de ce qui préside à la nomination du prochain président de France Télévisions», dénoncent-elles, en pointant du doigt le processus de désignation «opaque» et «anti-démocratique» mis en place par le gendarme de l’audiovisuel.

Le secret préside en effet dans le choix du nouveau dirigeant de l’audiovisuel public. Les candidats au poste? Aucun nom annoncé officiellement, juste le nombre de dossiers reçus au CSA – 33 au total. Les candidats retenus? Rien, ni même le nombre auditionné. Et les auditions? Aucune retransmission publique, contrairement à la procédure mise en place pour la présidence des chaînes parlementaires LCP et Public Sénat. Les salariés de France Télévisions sont priés d’attendre la décision finale du CSA «entre le 22 avril et le 22 mai».

Pour le CSA, cette opacité permet de ne pas décourager les candidatures provenant de poids lourds du secteur privé. Mais les rédactions de France 2 et France 3 y voient, à raison, un «formidable carburant pour la machine à rumeurs qui pollue la procédure depuis des mois». Le CSA aura également échoué à garder le secret total sur les candidatures, de nombreux noms ayant filtré dans la presse. De quoi interroger sur la pertinence de ce processus.

«Un formidable carburant pour la machine à rumeurs»

«Pour les journalistes du service public, il s’agit d’une procédure anti-démocratique, sous la forme comme sur le fond. Que sait-on du projet éditorial qui sera retenu? Quelle vision pour l’information des différentes chaînes à l’heure où une fusion des rédactions de France 2, France 3 et Francetvinfo est amorcée? Quel engagement pour que l’indépendance et le pluralisme restent la priorité de nos rédactions?», interroge la tribune. «Cette opacité traduit un mépris troublant pour les téléspectateurs», poursuivent les signataires. «La présidence de France Télévisions est un poste suffisamment sensible pour qu’on y attache un souci absolu de transparence.»

Selon les informations du Figaro, au moins 7 dossiers ont été retenus par les Sages: Rémy Pflimlin, président sortant de France Télévisions ; Nathalie Collin, directrice générale adjointe de La Poste ; Robin Leproux, ancien président de la régie de M6 ; Christophe Beaux, PDG de la Monnaie de Paris ; Pascale Josèphe, ancien DG adjoint de France 2 et France 3 ; Delphine Ernotte, directrice générale d’Orange France et Cyrille du Peloux, dirigeant chez Veolia.

Ont été éliminés dès la présélection, à la surprise générale, Emmanuel Hogg, PDG de l’AFP, Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde et Didier Quillot, ex-PDG d’Orange France. Ce dernier a fait par de sa déception dans le JDD et dans La Nouvelle Edition de Canal +: «Ce n’est pas un concours de projet, c’est un concours de beauté (…) J’espère simplement que je n’ai pas été victime de personnes ayant tenu des propos malveillants ou faux. Tant que je n’aurai pas des réponses à ces questions, je ne lâcherai pas.» Didier Quillot a décidé de publier son projet sur Internet.

Le CSA a une forte pression sur les épaules. L’institution a été critiquée pour son choix, unanime, de confier les clés de Radio France à Mathieu Gallet.

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