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Philippe Bouvard «effon­dré» par la mort de Jacques Chan­cel

Parmi les nombreuses réac­tions à l’an­nonce de la mort de Jacques Chan­cel, celle de Philippe Bouvard est sans doute la plus touchante. Les deux hommes se connais­saient très bien. Ils étaient confrères mais surtout amis. Le fonda­teur des Grosses Têtes s’est exprimé sur RTL. Tout comme Bernard Pivot puis Laurent Gerra et Patrick Chêne.

Depuis ce matin et l’annonce du décès de Jacques Chan­cel, les hommages pleuvent. Jour­na­listes, patrons de chaînes, artis­tes… nombreux sont ceux qui ont voulu témoi­gner leur admi­ra­tion et saluer la mémoire du jour­na­liste qui les a tant marqués. Mais s’il est un hommage plus touchant que les autres,c’est bien celui de Philippe Bouvard. Il connais­sait très bien Jacques Chan­cel, il était même devenu ami avec lui. Aujourd’hui, inter­rogé sur l’antenne de RTL, celui qui a quitté l’émis­sion Les grosses têtes en juin dernier a affirmé combien la dispa­ri­tion de Jacques Chan­cel, même s’il s’y atten­dait, le boule­verse.
Le témoi­gnage de Philippe Bouvard:

«C’est 60 années de compa­gnon­nage qui s’en vont. 60 ans d’autant qu’au moins une fois par mois, on déjeu­nait en tête à tête avec toujours des choses à se dire. C’est à la fois un ami très cher et un confrère de qualité qui dispa­rait. Je crois que, sans lui, les grandes œuvres musi­cales et les grands écri­vains n’auraient pas encore aujourd’hui la place qu’ils occupent. Il a certai­ne­ment sauvé avec Bernard Pivot, la télé­vi­sion du néant cultu­rel. Cela dit, c’était un merveilleux garçon qui aimait la vie, les jolies femmes, ses Pyré­nées où il va retour­ner pour son dernier repos. J’avais beau m’y attendre depuis plusieurs semaines, je suis effon­dré. Au revoir, Jacques!»

Bernard Pivot s’est lui aussi exprimé, toujours sur RTL, en appre­nant le décès de Jacques Chan­cel:

«Il était plein de pulsions contraires. C’est un homme qui adorait l’aven­ture, qui pouvait partir loin, et pour preuve à 18 ans, il est parti en Indo­chine au moment de la guerre. Mais en même temps, il aimait rece­voir dans son studio de France Inter, recueillir les confi­dences des gens de ce monde. Il aimait la litté­ra­ture, la musique, les arts, les sports. Il était très gour­mand, très avide de connaître, savoir, trans­mettre. C’est un vrai passeur, il avait une manière bien à lui de poser des ques­tions de manière rapide ou parfois plus longue. Pour moi, c’est l’un des plus grands jour­na­listes de la deuxième moitié du XXème siècle».

Laurent Gerra a déclaré :

«Jacques Chan­cel c’était un fidèle. Je l’ai connu même à mes débuts. Il m’avait invité sur France Inter et après il m’avait invité dans ses émis­sions de télé­vi­sion. Il était toujours là à mes spec­tacles. D’ailleurs il devait venir là, le 26 et puis j’ai appris avec vous ce matin sur RTL sa dispa­ri­tion et ça m’a évidem­ment boule­versé. J’ai entendu Bernard Pivot et Philippe Bouvard qui disaient qu’il avait tiré la télé­vi­sion vers le haut. Mais c’est vrai que c’est une télé que j’ai connu, que j’ai aimé et ne pas avoir pu dans mon métier, croi­ser des gens de cette qualité, aimant son métier. Il ne faut pas oublier ce qu’il a apporté à la télé­vi­sion en créant Antenne 2 avec Marcel Julian. C’est tout ce qui m’a bercé. Et toujours cet air rieur, avec beau­coup de recul par rapport au métier Jacques.  »

Patrick Chêne:

«Pardon de dire cela, mais je crois que l’on se ressemble un peu. A cause de la fidé­lité, de la simpli­cité, de l’éthique, de la gour­man­dise, c’était Jacques ça. Je me souviens, j’étais un tout jeune jour­na­liste, je débu­tais  sur le Tour de France avec Jacques. Je me suis retrouvé avec Jacques Chan­cel, vous imagi­nez il y a 30 ans? Un monu­ment. Je n’osais même pas dire à mes copains que j’avais dîné chez Jacques la veille. Il me présente à Lino Ventura comme si j’étais son frère. Et il n’avait pas du tout de condes­cen­dance. Vous savez, il y a pas mal d’anciens dans nos métiers qui vous prennent comme un grand frère mais qui estiment que si vous réus­sis­sez ce sera grâce à eux. Jacques ça n’était pas ça du tout, c’était juste de la bien­veillance, de l’amour des gens. Lorsqu’il arri­vait dans les restau­rants, il avait une popu­la­rité incroyable. On était toujours pressé parce qu’il ne voulait pas quit­ter le tour, c’était un gamin. Et puis il avait de l’éthique, il me disais souvent « Patrick, pense à l’argent parce que moi j’ai méprisé l’argent toute ma vie et main­te­nant c’est l’argent qui me méprise ». Jacques c’était l’éthique, le service public. Il a jamais monté sa boite de produc­tion. Et puis sa gour­man­dise. A chaque édition du Tour de France, on se choi­sis­sait une date pour manger en tête à tête, se racon­ter nos vies. J’ai vécu 18 ou 19 dîners avec Jacques sur le tour. Jacques c’était cette gour­man­dise de la vie, cet œil qui pétille, un monu­ment».

Crédits photos : BENAROCH/SIPA

 

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