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Mathieu Gallet : les goûts de luxe de l’ex-patron de l’INA épinglés par la Cour des comptes

Lundi 23 Mai 2016 à 16:10 Magazine Marianne

Les frais de taxis d’Agnès Saal, l’ancienne patronne de l’INA, avaient fait scandale. Selon la Cour des comptes, ils pourraient n’être rien à côté du train de vie que menait à l’INA son prédécesseur, Mathieu Gallet…
Mathieu Gallet, à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) entre 2010 et 2014, aime les belles choses. Un peu trop peut-être, à en croire un rapport provisoire de la Cour des comptes que s’est procuré, ce lundi 23 mai, Frais de déplacement, frais de bouche… de nombreux éléments intriguent les Sages de la rue de Cambon qui ont enquêté sur la gestion de l’INA après que des « irrégularités » sont apparues dans plusieurs marchés publics passés sous sa présidence.

Au-delà de ces « irrégularités » – des contrats de conseil notamment, conclus pour certains sans appel d’offre, sur lesquels pèsent des soupçons de favoritisme – la Cour des comptes s’est penchée sur le train de vie de l’ancien patron. Et d’abord sur les « frais de missions » dont a bénéficié au cours de son mandat l’intéressé, aujourd’hui PDG de Radio France.

La vie de palace

Shangri-La Dubaï, Sofitel Washington, Tour Hassan à Rabat, etc. Il apparaît que « Monsieur Gallet a parfois séjourné dans des hôtels de grand standing voire de luxe », lit-on en effet dans le pré-rapport relayé par Mediapart. Des palaces fréquentés à l’étranger aussi bien qu’en France, comme à Cannes en 2012, lorsque Mathieu Gallet a occupé une chambre « au Carlton » pour « 660 euros la nuit ».

Des séjours par ailleurs agrémentés de « repas gastronomiques », poursuit Mediapart, à l’instar des 187 euros remboursés à Mathieu Gallet pour un repas de deux convives au Plaza Athénée en novembre 2011. Ou encore des 614 euros là aussi remboursés au patron de l’organisme public pour un festin qui a eu lieu, en mars 2012, au restaurant Taillevent (deux étoiles au guide Michelin), sans que le nombre de convives présents ce jour-là n’ait été précisé. Des montants bien supérieurs au plafonnement des remboursements, limités en théorie à l’INA à 30 euros par personne invitée.

Au total, les frais de réception remboursés à Mathieu Gallet ont « atteint 61.063 euros entre 2012 et avril 2014, soit une moyenne de plus de 2.300 euros par mois, ce qui paraît très conséquent pour un établissement de la taille de l’INA », concluent les Sages. D’autant que ce montant s’ajoute au salaire de 185.000 euros annuels perçu à la même période par Mathieu Gallet. « Nous réservons nos observations à la Cour des comptes », a réagi l’avocat de ce dernier, Me Christophe Ingrain.

Le scandale Agnès Saal

Des révélations qui interviennent quelques semaines à peine après la condamnation, le 11 avril dernier pour détournement de fonds publics, d’Agnès Saal, qui a succédé à Mathieu Gallet à l’INA. Mise en cause pour ses notes de taxi exorbitantes – 40.000 euros -, Agnès Saal avait dû démissionner en avril 2015. Ses dépenses seraient toutefois bien en-deçà de celles engagées par son prédécesseur.Elle « a dû faire en dix mois ce que monsieur Gallet faisait en un mois », résumait de fait le comptable de l’INA

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