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Libération : la marque au cœur de nouvelles tensions

L’actionnaire a eu le projet de nantir la marque pour garantir ses investissements, ce qui alimente l’inquiétude.

Nouvelle secousse à Libération, dont les salariés ont publié mardi le récit d’un projet de nantissement de la marque Libération voulu par Bruno Ledoux, coactionnaire principal du quotidien avec Édouard de Rothschild, et auquel Philippe Nicolas, ex-coprésident du directoire démis en février, se serait opposé.

Dans un courrier envoyé à tous les actionnaires le 20 février ­dernier, soit le lendemain de sa ­révocation, Philippe Nicolas af­firme ainsi avoir été le «dernier rempart» des intérêts du journal en s’opposant «depuis des se­maines au détournement de la marque ­Libération, que Bruno Ledoux tente de récupérer à son seul profit» en la sortant de la SARL Libération, dans laquelle elle est logée, pour la transférer sous forme de caution au holding Refondation qui détient 95 % de la société éditrice. Une «manœuvre» qui aurait permis aux actionnaires, en cas de dépôt de bilan de la SARL, de protéger la marque en la mettant à l’abri du redressement, selon les salariés. Mais qui «rendrait caduque toute offre de reprise». «Qui rachèterait un journal sans nom, c’est-à-dire sans son identité?», soulignent-ils.

Présentée ainsi, l’opération, qui aurait été envisagée en novembre 2013, s’apparente en effet à une manipulation dont l’objectif aurait été de «sortir (la marque) de la société pour se l’approprier au détriment du journal», comme l’affirment les salariés.

Ces derniers craignant une mise en œuvre très rapide de ce plan ont demandé la tenue d’une réunion extraordinaire du conseil de surveillance. Bruno Ledoux leur a répondu que «l’intérêt de la société n’est pas en péril» et qu’en conséquence il n’y avait pas lieu de convoquer le conseil. Sur le fond, il reconnaît qu’un nantissement a bien été envisagé, mais rétorque que «le document auquel se réfère Philippe Nicolas était un projet entre Refondation (dont il détient un peu plus de 26 % du capital, à parité avec Édouard de Rothschild, NDLR) – et non moi-même – et Libération concernant la mise en place d’une éventuelle garantie, projet qui n’a pas été poursuivi».

Un projet abandonné

Un tel nantissement avait déjà été mis en place au profit des banques, au début des années 2000, «mais en toute clarté et avec l’accord des dirigeants et des représentants des personnels», notent les salariés de Libération, qui soulignent qu’à l’automne 2013, «les choses se sont faites en toute opacité» et que le projet a échoué, car Philippe Nicolas, gérant de la SARL Libération, a refusé de signer le protocole d’accord présenté par les actionnaires. Les salariés sous-entendent que ce refus aurait été l’une des raisons de la révocation de celui-ci, remplacé par François Moulias, un proche de Bruno Ledoux.

Un imbroglio qui n’est pas de nature à rassurer des salariés très inquiets, qui attendent que Bruno Ledoux leur annonce la mise en place d’un nouveau tour de table avec des actionnaires prêts à ­injecter 12 à 15 millions d’euros dans la relance de Libération, de ses équipes… et de sa marque. Ce qui devrait être fait avant la fin du mois. Vendredi, les négociations vont reprendre entre la direction et les salariés sur le plan d’éco­nomies.

viaLibération : la marque au cœur de nouvelles tensions.

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