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L’Espagne veut instaurer une taxe Google

Un projet de loi prévoit de faire payer les agrégateurs de contenus pour rémunérer les médias.

L’Espagne veut, à son tour, instaurer une taxe Google pour financer les médias. Après les accords et les lois en France, en Allemagne et en Belgique, l’avant-projet de loi présenté vendredi dernier en Conseil des ministres prévoit de faire payer les «agrégateurs de contenus». En ligne de mire, les déclinaisons «actualité» des grands moteurs de recherche, de type Google News ou les plateformes d’agrégation.

Selon Ignacio Wert, le ministre de la Culture en charge du dossier, lorsque les agrégateurs incluront des «fragments non significatifs [comprendre de courte taille] d’information, d’opinion ou de divertissement», ils seront dispensés de solliciter une autorisation aux titulaires des droits, mais devront payer une compensation équitable.

Le projet prévoit de donner un an aux agrégateurs pour négocier avec les organismes de gestion des droits le montant et les modalités de cette compensation. Une agence administrative interviendrait en tant qu’arbitre, pour entériner cet accord ou, faute de pacte, en dicter les conditions, et serait ensuite chargée de le faire respecter.

L’annonce a été applaudie par la plupart des médias traditionnels, soudés sans doute par l’effondrement de leurs chiffres d’affaires. Entre 2007 et 2013, les recettes publicitaires de la presse écrite sont passées de quelque 2 milliards d’euros à 700 millions. Le quotidien El País, de centre gauche, salue dans un éditorial «une juste compensation». À droite, le quotidien ABC a publié à la une le dessin d’un bateau pirate et ce titre: «Le tout gratuit sur Internet est terminé».

Longues négociations

Du côté des agrégateurs, le premier concerné, Google, observe un scrupuleux silence. Mais d’autres acteurs plus modestes ne cachent pas leur préoccupation. C’est le cas de meneame.net, une plateforme qui publie des liens vers d’autres sites, en fonction des propositions et des votes de ses utilisateurs. Selon les chiffres du site, en janvier 2014, Meneame a envoyé 1,85 million de visites aux cinq médias les plus mentionnés sur la page. Soit, selon les calculs du portail, l’équivalent de 7 400 euros de revenus de publicité. Meneame a enregistré 10 000 euros de pertes en 2013.

Pour son cofondateur, Ricardo Galli, son site est «la victime collatérale du conflit entre les éditeurs et Google News». Galli envisage la fermeture du site, un déménagement hors d’Espagne ou le blocage des liens vers les médias espagnols.

Pedro de Alzaga, directeur d’iberoamerica.net, un site qui établit un classement des articles en espagnol les plus partagés sur les réseaux sociaux, affirme lui aussi que si la loi était adoptée et concernait son portail, il retirerait immédiatement les médias espagnols de sa classification. Soit une trentaine, sur les 267 répertoriés, majoritairement latino-américains. «Je ne paierai pas pour une telle absurdité, indique-t-il, qui va contre l’esprit d’Internet et du journalisme, de diffuser les informations jusqu’aux confins de la planète.» En prévoyant de longues négociations, Madrid se donne le temps d’arrondir les angles… et de mettre la pression sur Google.

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