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Les radios privées protestent contre la possible hausse de la publicité sur Radio France

Les radios privées sont furieuses. Déjà outrées des propos de Fleur Pellerin à l’Assemblée nationale qui estimait que France Inter décryptait mieux l’information que RTL ou Europe 1, l’ensemble des stations privées et les radios indépendantes en appellent aujourd’hui à Manuel Valls pour qu’il revienne sur une décision de la ministre de la Culture.

En effet, pour sortir de la crise à Radio France, la ministre a proposé vendredi dernier que celle-ci ouvre ses espaces publicitaires à tous les annonceurs, alors qu’ils sont actuellement réservés aux groupes de services publics et aux entreprises mutualistes. La ministre a encadré cette ouverture en précisant que la publicité resterait dans la limite du volume actuel. De prime abord, cette proposition n’ouvre pas les vannes de la publicité sur le service public. Tout au plus France Inter pourrait remplacer la réclame pour une assurance-décès par une annonce moins triste pour un paquet de lessive. Aujourd’hui, Radio France tire 40 millions d’euros de recettes publicitaires, dont 20 millions pour le parrainage.

«Le diable se cache dans les détails», tempêtent les dirigeants de stations privées. Radio France peut passer de la publicité dans la limite de trente minutes par jour en moyenne sur l’année. Tout réside dans le dosage. Il suffit de concentrer toute la publicité sur la matinale, le prime time de la radio, et de ne plus mettre de publicité le week-end et l’été pour respecter la moyenne annuelle tout en faisant exploser les recettes publicitaires!

Pas d’augmentation

Chez Radio France, on nie ce projet. «Notre plan ne prévoit pas d’augmentation de recettes de publicités classiques. Il prévoit juste une hausse des recettes publicitaires digitales de 1,4 million d’ici à 2019. Il est hors de question d’augmenter le temps de publicité sur les antennes. Nos auditeurs écoutent France Inter précisément parce qu’il y a peu de publicité.»

Mais les dirigeants des radios concurrentes n’y croient pas. Pourquoi obtenir l’élargissement des annonceurs si ce n’est pour augmenter les recettes? «Il est inadmissible que, pour boucher le trou budgétaire de Radio France, le gouvernement creuse un trou dans les budgets des radios privées qui ne vivent que de la publicité», s’exclame Denis Olivennes, président du directoire de Lagardère Active. «Radio France dispose déjà d’un budget de 600 millions d’euros, soit à lui tout seul pratiquement autant que l’ensemble du marché publicité des radios privées qui s’élève à 680 millions. Depuis dix ans, le marché publicitaire radio a baissé de 13% quand le budget de Radio France a explosé de 27%! Pour continuer à augmenter la masse salariale de Radio France, on va encore demander un effort aux salariés des radios privées alors même que ces derniers ne font pas grève!», s’enflamme Christopher Baldelli, président du directoire de RTL.

Les patrons de radios font bloc. Ils ne comprennent pas que le gouvernement accorde à Radio France le droit d’augmenter ses recettes publicitaires alors qu’il vient de le refuser à France Télévisions. Surtout c’est contraire aux préconisations de la Cour des comptes qui dans son rapport disait: «Il serait regrettable que l’ouverture de la publicité constitue un moyen pour Radio France de s’épargner les efforts de productivité dans lesquelles elle doit s’engager.»

Ce n’est pas la première fois que Radio France tente de convaincre l’État d’augmenter ses recettes publicitaires. En 2008, Jean-Paul Cluzel, alors PDG, l’avait réclamé. Les radios privées s’étaient mobilisées et elles avaient rencontré la ministre de la Culture Christine Albanel, le 8 janvier 2008. Mais ce jour-là, Nicolas Sarkozy annonçait, à la surprise générale, la suppression de la publicité sur… France Télévisions.

DOCUMENT – La lettre ouverte des radios privées à Manuel Valls

COMMUNIQUÉ publié par LeFigaro

Monsieur le Premier Ministre,Vous avez déclaré aimer les entreprises. Y aurait-il une exception pour lesentreprises de radio ?
Votre gouvernement s’apprête à décider l’ouverture généralisée de la publicitéà toutes les catégories d’annonceurs sur les antennes de Radio France.
C’est une double erreur : cela va détruire la singularité et donc la légitimitédu service public de radio ; cela va affaiblir gravement les entreprises privéesdu secteur, écoutées chaque jour par 36 millions de nos concitoyens, dontla publicité est la seule ressource.Cette décision est injustifiée : Radio France n’a pas de problème de recettesmais de gestion et de dépenses. Elle bénéficie déjà d’une contributionpublique, de plus 600 millions d’euros issus de la redevance audiovisuellepayée par les contribuables, qui a augmenté continûment depuis 10 ans etest supérieure au chiffre d’affaires national des Radios Privées.
La Cour des comptes l’affirme :« Il serait regrettable que l’ouverture de lapublicité constitue un moyen pour Radio France de s’épargner les effortsde productivité dans lesquelles elle doit s’engager ».
Cette décision est non conforme au cahier des charges du service public quilui interdit la publicité de marque.Cette décision est dangereuse : elle menace de plonger le média radio dansson ensemble dans une crise profonde.
Les Radios Privées refusent d’être la variable d’ajustement de Radio France.
Nous en appelons à votre esprit de responsabilité au moment où vos effortsvisent à restaurer le dynamisme de l’économie française.Les Radios Privées françaises,

viaLes radios privées protestent contre la possible hausse de la publicité sur Radio France.

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