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Les radios font la grève des quotas francophones

Tous les patrons des radios privées (NRJ, Lagardère, RTL et les radios indépendantes du Sirti) étaient lundi matin à l’Assemblée nationale pour plaider leur cause quelques heures avant l’ouverture du débat sur le projet de loi création et patrimoine présenté par Fleur Pellerin. La cause? Ils ne décolèrent pas contre l’amendement, soutenu par le gouvernement, visant à renforcer le système des quotas de chansons francophones.

Lundi matin sur France Inter, la ministre de la Culture a estimé que les radios musicales détournent le principe des quotas. Certes, elles respectent l’obligation de diffuser 40 % de chansons d’expression française. Mais elles concentrent cette exposition autour de seulement une dizaine de titres martelés toute la journée. L’amendement qu’elle soutient vise à ajouter deux ou trois chansons à la dizaine qui tourne en boucle et à demander au CSA de publier des rapports réguliers sur le respect des quotas.

La réplique ne s’est pas fait attendre. Les radios musicales privées ont décidé de ne pas respecter les quotas pendant toute la journée de mardi. Un geste symbolique car les programmations sont déjà faites. «Dire que les quotas ne sont pas respectés est une affirmation mensongère. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel, en charge du respect des quotas, n’a prononcé que deux mises en demeure ces dix dernières années», affirme le communiqué commun des radios.

«Il n’y avait aucune urgence à légiférer sur la question. Surtout, cet amendement a été introduit en catimini alors que Fleur Pellerin avait affirmé que la loi création ne reviendrait pas sur les sujets audiovisuels. Les radios n’ont donc pas été consultées avant. Nous demandons tout simplement le retrait de l’amendement», tonne Maryam Salehi, directrice déléguée du groupe NRJ.

Les artistes qui veulent percer chantent directement en anglais

Sur le fond, cela fait plusieurs années qu’un bras de fer oppose les majors de la musique et les radios musicales. Les premières se plaignent du matraquage par les radios de quelques chansons françaises interprétées par Stromae ou Christine and the Queens, qui passent en boucle sur les ondes au détriment des autres interprètes.

En face, les radios constatent avec effarement que la production de chansons françaises a chuté de 66 % en quelques années et qu’aujourd’hui près de 83 % de la production des majors portent sur des chansons non francophones. Pire, les artistes français qui veulent percer chantent directement en anglais. Tous les artistes de la scène électro, comme Air ou David Guetta, ne se posent même plus la question et coproduisent des titres avec des artistes anglophones comme Pharrell Williams.

Les patrons de radios s’estiment concurrencés par l’émergence des plateformes de streaming comme Spotify et Deezer, dont les majors sont associées au capital, et qui n’ont pas à respecter les quotas pour la francophonie.

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