News

Les programmes télé misent sur la légèreté

jeu teleÀ Cannes,

La crise éco­nomique joue les prolongations? Plutôt que de sombrer dans le marasme, restons joyeux. Depuis quelques semaines, nos tympans vibraient au son du Happy fredonné par le chanteur américain Pharrell Williams. Voilà que le refrain est désormais entonné par les producteurs de télévision. Au MIPTV, le marché international des programmes, qui se tient cette semaine à Cannes, l’humeur est à la légèreté. «On sort de la période sombre, confirme Bertrand Villegas, cofondateur de la société The Wit. L’ambiance est radicalement différente. Désormais, on veut du fun, de l’amour et des jeux.» Le rire et le plaisir comme antidotes à la morosité, en somme.

Ce changement d’humeur profite principalement à deux secteurs plutôt délaissés ces derniers temps: les jeux et le dating. Les nouveaux formats autour du couple sont désormais pensés sous l’angle du «match making»: ou comment calculer le degré d’affinités entre deux personnes pour s’assurer qu’ils forment un couple idéal. «On est loin d’un “Tournez manège”. Les émissions s’appuient sur des données pseudo-scientifiques, des panels d’experts. Cette tendance de fond est largement influencée par le phénomène du “self quantified” et des profils sur les réseaux sociaux», éclaire le cofondateur de The Wit. Aux USA, dans «Are you the one?» distribué par Viacom, dix femmes et autant d’hommes qui ont passé des tests de compatibilité vont partager durant six semaines la même maison. L’objectif étant de retrouver, à l’aveugle, le partenaire idéal désigné par le résultat des tests. «Dating Code» (Endemol), qui a démarré en avril en Suède, s’appuie aussi sur des statistiques. Pour autant, pas question de se prendre au sérieux. En Hollande, dans «Adam recherche- Eve» (Eyeworks), des hommes et des femmes sont lâchés, entièrement nus, sur une île déserte. Et dans «Dating Pool», vingt célibataires des deux sexes tombent dans une piscine d’eau gelée en cas de mauvaise réponse.

Quizz mis en scène

Les jeux aussi prennent le parti de l’humour. «Les quiz sont désormais plus fondés sur des mises en scène amusantes que sur les connaissances», note Bertrand Villegas. En témoigne le jeu «Boom», imaginé par Keshet en Israël et acheté par TF1, dans lequel chaque fil de couleur relié à une bombe correspond à une réponse. Si l’on coupe le mauvais fil, l’engin explose et répand une poudre colorée. Dans le même ordre d’idée, «Run ans Buzz», produit par Newen, les candidats doivent courir et s’asseoir sur un buzzer placé à dix mètres de distance pour gagner. Le quiz «Siège éjectable» imaginé par Endemol et dont la diffusion démarre en Angleterre vous fait tomber à la renverse en cas de réponse incorrecte.

Les jeux reviennent en force, car le marché des concours de talents est saturé. Après «The Voice», «Nouvelle star» ou encore «Rising Star» prochainement sur M6, personne ne se lance dans la commercialisation d’un télécrochet, bien que ce genre demeure encore leader en termes d’audience. En Espagne, «The Shower» fait exception, même s’il s’agit davantage d’un jeu que d’un véritable concours de talents. Les candidats chantent sous une douche géante en maillot de bain. Grâce à une application, le public peut faire varier la température de l’eau du plus froid au plus chaud. «Tout est léger, on est dans le pur divertissement», constate Bertrand Villegas.

Pub

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


UA-4563539-4
%d blogueurs aiment cette page :