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Les intermittents ne désarment pas contre l’assurance-chômage

travailLe patronat pourrait, en revanche, réussir à supprimer le régime des intérimaires, le 13 mars, lors de la dernière séance de négociations.

Organisés, soutenus par le gouvernement, les intermittents du spectacle ont fait bruyamment savoir jeudi leur opposition à la proposition du patronat de supprimer leur régime. Environ 3500 d’entre eux ont manifesté dans l’après-midi devant le siège du Medef, alors que syndicats et patronat tenaient l’avant-dernière réunion de négociation sur l’avenir de l’assurance-chômage. Il y a urgence, puisque son déficit prévisionnel de 4,3 milliards d’euros en 2014 risque de se creuser davantage avec la hausse continue du nombre de demandeurs d’emploi.

Les intermittents du spectacle ne sont pourtant pas les seuls à être sur la sellette. Le patronat veut également supprimer le régime des intérimaires. Car il est structurellement déficitaire: le trou, qui était de 1,3 milliard d’euros avant la crise en 2008, est passé à 1,9 milliard en 2012. Soit la moitié du déficit total de l’assurance-chômage. Le déséquilibre est même plus élevé que celui des ­intermittents (1,1 milliard par an).

Régime moins avantageux

Toutefois, ce dérapage plus important est dû au fait que les intérimaires indemnisés par l’assurance-chômage sont trois fois plus nombreux que les intermittents (366.000 contre 110.000). En réalité, le régime de chômage de l’intérim est moins avantageux que celui des intermittents, mais plus favorable que le droit commun. Les intérimaires inscrits à Pôle emploi ­peuvent cumuler sans limite allocation-chômage et salaire, alors que ce cumul est plafonné pour les salariés ordinaires.

Lorsqu’ils sont inscrits au chômage, ils perçoivent en moyenne 1.640 euros par mois, contre 1.151 euros pour les personnes multipliant les CDD, 3.030 euros pour un technicien du spectacle et 2.183 euros pour un artiste, selon la Cour des comptes. Les sages estiment que cette inégalité entre CDD et intérimaires n’a pas lieu d’être. Autre défaut, le maintien d’un régime spécifique et déficitaire crée des distorsions de concurrence. «Les entreprises qui recourent massivement à l’intérim se déchargent du coût de la précarité sur l’assurance-chômage», explique Bruno Coquet, de l’Institut de l’entreprise.

Contexte favorable

Si le Medef, la CGPME et l’UPA risquent d’échouer sur la réforme des droits des intermittents, ils pourraient parvenir à leurs fins sur l’intérim, le 13 mars, lors de la dernière séance de négociation. Avec, à la clé, 340 millions d’économies pour l’assurance-chômage (l’alignement sur le droit commun n’effaçant pas le déficit, mais le réduisant). Car la donne a changé. L’instauration prochaine des «droits rechargeables» (système permettant de ne perdre aucun droit en cas de reprise de travail), discutée lors de cette négociation, réduira la précarité pour l’ensemble des salariés. En outre, les intérimaires peuvent désormais bénéficier d’un CDI. Du coup, le patronat du secteur est désormais prêt à accepter la disparition du régime. Certes, les syndicats s’y opposent. Mais la mobilisation est faible. Moins d’une centaine d’intérimaires ont occupé jeudi quatre agences d’intérim dans trois villes.

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