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Les Echos – RACHID ARHAB «Il faut éteindre le signal radio analogique pour passer aunumérique»

csaLongtemps  journaliste à France 2, Rachid Arhab est membre du Conseil   supérieur de l’audiovisuel (CSA) depuis 2007. Il est notamment en charge du dossier de la radio numérique dont le lancement est prévu pour la fin de l’année dans trois villes, Paris, Nice et Marseille. Avant une généralisation à tout le territoire qui doit s’étaler jusqu’en 2014. Rachid Arhab explique aux « Echos » comment créer les conditions d’un lancement réussi de la radio numérique terrestre (RNT).

La radio numérique terrestre doit être lancée fin décembre, mais de nombreuses stations souhaitent reporter cette date en raison notamment des mauvaises conditions économiques. Quelle est la position du CSA ?

Avec la crise, certains acteurs sont effectivement un peu moins pressés de lancer la radio numérique terrestre. Toutes les stations ont néanmoins renvoyé leurs conventions. Il ne faut pas oublier que ce sont les radios elles-mêmes qui, en 2006, se sont regroupées pour demander la numérisation rapide de la radio, dernier média à ne pas avoir encore franchi le pas. Aujourd’hui, la situation économique ne facilite pas les choses. Les stations vont devoir continuer à payer un coût de diffusion pour la radio analogique.

A cela va s’ajouter un nouveau coût de diffusion pour la radio numérique sans qu’elles sachent combien de temps cela va durer. Il faut donc éteindre le signal radio analogique pour passer au numérique.

Quand l’arrêt de l’analogique devra-t-il avoir lieu ?

La date sera choisie après concertation avec tous les acteurs. Mais il faut faire attention. Si cette extinction arrive trop tôt, le parc de postes radio n’aura pas le temps d’être renouvelé. Et plus elle arrive tard, plus les coûts de double diffusion vont peser sur les stations. Cette extinction pourrait débuter par les grandes ondes qui concernent des radios comme RTL, Europe 1, mais aussi France Inter. J’ai demandé combien d’auditeur s écoutent aujourd’hui la radio sur les grandes ondes, mais il est difficile d’avoir un chiffre précis pour le moment.

Les radios ont aussi du mal à s’entendre pour s’allier au sein de multiplexes. Les grands groupes voudraient regrouper leurs stations pour faire des économies de diffusion. Nous avions fait le choix de regrouper les radios par catégories et objectifs de couverture. Il y a des difficultés dans la composition des multiplexes, mais nous sommes encore dans les temps.

Maintenant, nous comprenons très bien que certaines sociétés veuillent regrouper leurs stations pour faire des économies. C’est pourquoi nous réfléchissons à un appel national pour un mutliplexe.

Cet appel à candidatures arrivera début 2010 et se fera conjointement à un appel régional. Mais les candidats retenus au niveau tional auront également de fortes obligations de couverture.

Leurs radios devront être accessibles sur 90 % du territoire. Nous n’avons jamais cessé d’avoir des échanges avec les radios, nous les avons toujours écoutées. S’il existe d’autres raisons pour retarder la RNT, je veux les entendre et que l’onmette tous les problèmes sur la table. C’est au CSA que cela se décide. Je ne porterai pas le dossier de la radio numérique contre elles. Si la RNT est retardée, nous demanderons des contreparties.

Les stations devront plus parler de la radio numérique sur leurs ondes pour faire comprendre aux auditeurs qu’outre une meilleure qualité sonore, ils auront accès à plus de radios, des nouveaux programmes et des images qui  s’afficheront sur l’écran de leur poste.

Les radios associatives continuent de militer pour une autre technologie de diffusion que celle retenue.

Il faut arrêter de parler de technologie. Personne n’a pu prouver pour l’instant que la technologie DAB+ proposée par les radios associatives avait une efficacité supérieure à la technologie T-DMB retenue. De toute façon, les deux technologies font partie d’une même famille et elles peuvent donc cohabiter. L’important est de se concentrer sur le lancement de la radio numérique. Nous avons les fréquences nécessaires et un calendrier d’attribution jusqu’en 2014. C’est un signal fort qui a été donné au Syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques (Simavelec) qui nous assure que les postes radio numériques seront disponibles à la fin de l’année.

Le ministre de la Culture et le président du CSA ont demandé à ce qu’une partie de l’emprunt national serve à financer la radio numérique. Vous-y croyez ?

La secrétaire d’Etat au Développement du numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a toujours voulu montrer que l’extinction de la télévision analogique devait être accompagnée de nouveaux avantages pour les Français. La RNT en est un. En récupérant les fréquences libérées par Canal+, on va pouvoir lancer la radio numérique.

Je ne sais pas si l’audiovisuel aura sa part de l’emprunt, mais je suis de nature très optimiste.

En la matière, on touche à des sujets d’aménagement du territoire, d’équipement des foyers et d’égalité devant la radio. Ce devrait être une priorité nationale car c’est un média gratuit, mobile et c’est aussi le média le plus crédible pour les Français. Il est également d’une grande importance politique.

Le groupe NextRadioTV, qui possède RMC et BFM, a saisi le Conseil d’Etat pour invalider vos choix des candidats retenus sur la RNT. Avez-vous des craintes ?

Les décisions qui ont été prises se sont faites dans la concertation avec tous les acteurs. La libération des fréquences de Canal+ pour la radio numérique a  libéré des ressources supplémentaires lors de l’appel à candidatures et a modifié la donne. J’en ai fait part à tous les acteurs, dont NextRadioTV, je ne l’ai pas fait tout seul dans mon coin. Dans une compétition quand l’arbitre siffle, la rencontre est terminée.


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