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Les candidats en lice pour France Télévisions

La course à la présidence de France Télévisions s’accélère. Le dépôt des candidatures au siège du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) doit en effet se clore demain avant 17 heures.

À ce stade, pas sûr que le coffre de son président Olivier Schrameck, où sont entreposés les dossiers, affiche déjà complet. Non pas que le job de PDG de France Télévisions n’attise pas les convoitises. Mais les postulants attendent bien souvent le dernier moment avant de se lancer pour de bon dans la bataille. L’essentiel étant de vérifier au préalable qu’ils ont une chance de remporter la victoire.

Depuis quinze jours, Delphine Ernotte, la directrice d’Orange France, faisait figure de grande favorite. «Dès que ce mot a été prononcé, elle est devenue la cible d’une attaque en règle», constate un très bon observateur de l’audiovisuel public. «Elle cochait pourtant pas mal de cases», confie un autre expert du secteur. Trop sans doute, aux yeux de certains de ses concurrents… La rumeur a même couru que Sylvie-Pierre Brossolette, l’une des sages du CSA, conseillait en sous-main la candidate. «Je démens formellement préparer l’équipe de qui que ce soit et, si l’on me prête des intentions, c’est

à tort», s’indigne Sylvie-Pierre Brossolette.

En attendant, Delphine Ernotte laisse planer le doute. Le suspense ne devrait plus durer très longtemps. Chez Orange, on commence à s’impatienter car elle dirige tout de même 80.000 personnes en France.

Le «cas» Ernotte en dit long en tout cas sur le climat qui règne actuellement dans le microcosme des médias. «Nous sommes entrés dans la phase des boules puantes», résume un bon connaisseur du PAF. De quoi rendre méfiants les postulants qui chercheraient à sortir trop vite du bois. À commencer par Marie-Christine Saragosse, dont le nom est sur toutes les lèvres. «Elle avait intérêt à se mettre en retrait pour préserver ses chances», estime un expert de l’audiovisuel public. Même si elle ne s’est jamais déclarée officiellement, la présidente de France Médias Monde a multiplié les interviews ces dernières semaines. Dans son entourage, on se borne à indiquer qu’elle «n’a pas encore déposé de dossier».

Rémy Pflimlin relancé

Seul Alexandre Michelin, le DG de Microsoft Online Media and Publishing, passé par Canal + et France 5, s’est ouvertement déclaré candidat. Mais les autres ont leur dossier en main. C’est le cas de Didier Quillot, ancien PDG de Lagardère Active. Cyrille du Peloux, membre du comité de direction de Veolia, passé chez TF1 et Paris Première, Pascal Josèphe, le fondateur de l’Imca, société de conseil dans le secteur des médias, et Patricia Langrand, ex-Orange, actuellement chez Steria et déjà candidate en 2010, sont prêts. Jean-Noël Tronc, le président de la Sacem, reste un joker potentiel. De son côté, Christophe Beaux, directeur général de la Monnaie de Paris et membre du conseil d’administration de France Télévisions, n’a toujours pas indiqué s’il était finalement partant. Idem pour Emmanuel Hoog, à la tête de l’AFP. Quant à Rodolphe Belmer, le DG de Canal +, Denis Olivennes à la tête du directoire de Lagardère Active, Christopher Baldelli, qui préside aujourd’hui le directoire de RTL, ou encore Louis Dreyfus, le président du directoire du groupe Le Monde, ils ne seront pas a priori sur la ligne de départ.

Conséquence directe, la configuration actuelle relance sur le devant de la scène la candidature de Rémy Pflimlin (61 ans), l’actuel président de France Télévisions. Certes, il ne l’a pas encore officialisée. «Vu le champ de bataille, je le vois mal ne pas y aller. Aujourd’hui, aucun candidat n’émerge comme une évidence», indique un expert des médias. Autre élément qui plaide en sa faveur, même si aucun patron de France Télévisions n’a jamais été réélu, le consensus actuel autour d’une nécessaire stabilité managériale à la tête du groupe audiovisuel public. Sans oublier le récent soutien d’Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie, qui a adressé un satisfecit à Rémy Pflimlin lors de la présentation du rapport Marc Schwartz.

En somme, le jeu reste ouvert. «L’hypothèse qu’on atterrisse sur Rémy Pflimlin n’est pas exclue. Il faut une énorme cuirasse pour diriger France Télévisions et il a fait la preuve que la sienne était inoxydable», assure un bon connaisseur du secteur. Quoi qu’il en soit, fragilisé par l’affaire Mathieu Gallet à Radio France, le CSA va devoir jouer serré en désignant entre le 22 avril et le 22 mai un candidat capable de maintenir un climat social apaisé.

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