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Le Point – Denis Olivennes : « Europe 1 a fait la moitié du chemin »

Le patron de la radio est optimiste : chamboulée par les départs de Fogiel et Demorand, elle repart à l’attaque sur la matinale.

Avec 4,7 millions d’auditeurs, Europe 1 a perdu un point d’audience (500 000 auditeurs) par rapport à son niveau record d’il y a un an (5,2 millions d’auditeurs). À la fin de l’ère Bompard, fin 2010, la radio était tombée à 4,6 millions d’auditeurs. Entretien avec Denis Olivennes.

Le Point.fr : Avec le départ de Fogiel, puis celui de Demorand, vous avez dû rebâtir une grille en cours de sondages. À quoi vous attendiez-vous ?

Denis Olivennes : Sincèrement, je craignais une nouvelle descente. Les sondages d’une vague sur l’autre démontrent que nous repartons à la hausse, notamment sur la matinale, qui regagne 250 000 auditeurs. Nous en avions perdu 500 000 à la fin de l’année 2010. Europe 1 a donc fait la moitié du chemin. Les déçus qui s’étaient dispersés chez les concurrents sont en train de revenir. Il ne faut rien lâcher et continuer à travailler sur la qualité de l’information. C’est un travail de fourmi.

Guillaume Cahour est un illustre inconnu. Il remplace une vedette de la télé, Marc-Olivier Fogiel, quelle conclusion en tirez-vous ?

Le star-système n’est pas nécessairement la panacée. Comme me le disait Jérôme Bellay, penser que les vedettes de la télé feront de l’audience à la radio est faux concernant l’information. Les émissions de divertissement, c’est autre chose. Mais, sur l’information, les professionnels de la radio font la différence. Les vedettes peuvent provoquer un effet de surprise. Mais il finit par s’estomper.

Guillaume Cahour, remplaçant au pied levé, a-t-il gagné sa place de titulaire pour la rentrée de septembre ?

Il n’est peut-être pas le candidat du microcosme parisien, mais j’ai de bons retours des auditeurs de province. Nous verrons avec la prochaine vague, mais pourquoi pas ? Le modèle de RTL avec la matinale de Vincent Parizot, une anti-vedette, très bon professionnel, a montré son excellence.

Vous avez recruté Arlette Chabot. Comment est-ce que cela se passe avec elle ?

Arlette Chabot a retrouvé le sourire au milieu d’une jeune rédaction motivée pour réussir la campagne présidentielle. La pression qu’elle avait sur les épaules à la télé s’est évaporée.

Avez-vous lu le livre sur Le Monde d’Odile Benyahia-Kouider, qui raconte la recapitalisation du Monde dont vous avez été un acteur au Nouvel Observateur ?

Oui, je l’ai lu. Très informé, bien raconté, mais caricatural sur les personnages. Et je ne dis pas cela seulement pour moi, car tout le monde en prend pour son grade – à part Claude Perdriel, ce qui est bien, et la Société des journalistes du Monde, mais ce sont ses collègues, il est vrai. Elle a construit une belle lorgnette. Dommage qu’elle la regarde parfois par le petit bout.

On vous accusera toujours de rouler en douce pour Nicolas Sarkozy à moins que vous ne vous engagiez publiquement pour le prochain candidat socialiste…

Cette accusation est grotesque. Et un engagement, quel qu’il soit, est impossible dans la position que j’occupe aujourd’hui. L’information doit être indépendante.

Pour la rentrée prochaine, avez-vous lâché la piste d’un recrutement de Stéphane Bern ?

Bern est un garçon très estimable et un professionnel indiscutable. Je ne suis pas sûr du tout qu’il ait envie de quitter France Inter. De toute façon, mon sujet est un format d’émission qui dure plutôt qu’un animateur-vedette sur lequel tout repose, aussi grand soit son talent. Le format, chez nous, doit être plus fort que l’animateur, et la nouvelle émission d’accueil que je veux installer à la rentrée doit survivre à son présentateur. Dans dix ans, elle doit encore être à l’antenne. C’est dans cette direction que nos équipes de créatifs travaillent.

 

 

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