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Le Petit Journal de Canal+ a dépassé le Grand

Audiences, recettes publicitaires, popularité… L’émission présentée par Yann Barthès fait mieux que son aînée.

Le Petit Journal est devenu grand. La preuve, la venue de Jean-Jacques Goldman a fait exploser l’audience à 2,15 millions de téléspectateurs. Simple chronique au sein du Grand Journal à ses débuts en 2004, la pastille a pris son indépendance en 2011 sur Canal+ pour devenir un programme à part entière. Depuis, il grimpe quatre à quatre les marches du succès.

Présentée par Yann Barthès et produite par Bangumi Production, société dans laquelle l’animateur est associé avec Laurent Bon, l’émission multiplie les bons coups. Dernièrement, elle a fait plier la chaîne internationale Fox News, qui avait évoqué l’existence de «no go zones» en France. Cette offensive réussie lui a d’ailleurs valu les honneurs d’un long article dans le très sérieux New York Times. Et un soutien de poids: le président de la République, François Hollande en personne. Interrogé par l’un des journalistes de Yann Barthès sur l’affaire des «no go zones», il déclarait avec amusement: «Je ne regarde pas Fox News, je regarde “Le Petit Journal”»…

Le président n’est pas le seul. Chaque soir en moyenne, le programme fédère 1,8 million de téléspectateurs, soit 6,7 % de part de marché. En septembre, ils étaient 1,5 million (6,1 % d’audience). C’est davantage que son aîné, Le Grand Journal, même si ce dernier progresse. En septembre, il rassemblait 1,1 million de fidèles (5,7 % d’audience). Au mois de mars, ils étaient 1,3 million (6,1 % d’audience). En clair, un peu plus de 400.000 téléspectateurs les séparent. En outre, l’émission de Yann Barthès concentre plus de CSP +. Ils sont 12 % en moyenne depuis le début de la saison, contre 9,6 % pour Le Grand Journal. Sur cette même période, les ménagères sont également presque deux fois plus nombreuses (8,3 %, contre 4,7 %).

50.000 euros par émission

Surtout, Le Petit Journal s’avère plus lucratif. Il permet à Canal+ d’empocher 50.000 euros net de recettes publicitaires par émission, selon les calculs de Philippe Nouchi, le directeur de l’expertise média de Vivaki Exchange. Un gain, certes, similaire à celui du Grand Journal. «Mais, ramené au temps d’antenne de chaque émission, “Le Petit Journal” rapporte plus», constate l’expert. Ce dernier dure 25 minutes quand son aîné s’étire sur 1 h 20.

«Il bénéficie d’une programmation idéale entre 20h25 et 20h50, au moment où les sujets des JT sont moins forts et les couloirs de publicité se multiplient», estime Philippe Bailly, le président de NPA Conseil. Autre atout: en maniant l’humour et la dérision, le format fonctionne à la manière d’une plage de respiration bienvenue pour les téléspectateurs gavés d’informations souvent anxiogènes.

Bref, Le Petit Journal a tout du «Grand». En mieux. Des audiences radieuses, une côte de popularité au sommet et «ce truc en plus» qui fait la différence dans le PAF: un ton impertinent et un traitement singulier de l’actualité, taillé sur mesure pour le buzz. «Le format est très pro-digitalet plus facile à digérer», admet la chaîne cryptée.

De là à reconnaître que l’élève aurait dépassé le maître, chez Canal+, on réfute l’idée: «Ce sont deux concepts différents qui ne sont pas en concurrence, mais jouent au contraire la carte de la complémentarité.» Toutefois, on s’empresse d’ajouter que «le vaisseau amiral de la chaîne reste “Le Grand Journal”».

Pour autant on ne nie pas que le «rejeton» n’a pas encore exprimé tout son potentiel. «Remplacer “Le Grand Journal”, non. En revanche, Le Petit Journal a vocation à élargir son spectre, à tester de nouvelles idées et à prendre plus de place. Il n’y a pas de limite.» Autant dire que la poussée de croissance n’est pas achevée.

viaLe Petit Journal de Canal+ a dépassé le Grand.

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