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Le Monde – Jean-Paul Cluzel : « Mon bilan à la tête de Radio France est positif »

<br />LEMONDE.FR | 01.04.09 | 10h03  •  Mis à jour le 01.04.09 | 10h57
Jean-Paul Cluzel, vous êtes l’actuel PDG de Radio France. Vous militez pour un nouveau mandat, mais le président de la République va sans doute nommer prochainement Jean-Luc Hees à votre place. Comment vivez-vous cette situation ? 

Aucun combat n’est perdu avant la fin de la bataille ! Mon bilan est positif, tant sur le plan des audiences que dans le domaine social et financier. Le groupe Radio France est redevenu le premier du pays alors qu’il était en troisième position lors de mon arrivée il y a cinq ans.

Estimez-vous Jean-Luc Hees capable de gérer une maison aussi complexe ?

Lui qui est si moderne et dont les capacités stratégiques sont bien connues ? (sourire) Cet homme qui, il y a quelques années lors d’un comité de direction de Radio France, avait déclaré : « L’Internet, c’est la mort de la radio ! » ?

Moi, je crois au contraire qu’Internet constitue une formidable opportunité à saisir pour notre média. Nous devons nous adapter à cette réalité. Ce dossier est déjà bien enclenché et j’exposerai prochainement aux responsables de l’Etat un dossier complet sur cette problématique.

Le Président de la République, que vous avez rencontré mi-mars, vous a t-il expliqué son choix de ne pas renouveler votre mandat ?

Non. Nous avons parlé de principes qui nous sont chers, ceux d’Hubert Beuve-Méry qui soulignait qu’une information se doit d’être honnête, précise et vérifiée. Ce que le Président reproche aux médias en général, pas à Radio France en particulier, c’est de ne pas être assez strict sur ces principes. Il estime également que certains journalistes et humoristes manquent parfois de respect à celles et ceux qui dédient leur vie au bien public. C’est un reproche parfois recevable.

Stéphane Guillon travaille sur l’une de vos antennes. Vous ne vous êtes pas senti visé par ce reproche ?

Le problème vient de la distinction qui n’est pas toujours nette à la radio entre journaliste et humoriste. L’auditeur, qu’il soit simple citoyen ou Président de la République, peut être tenté de faire l’amalgame entre un éditorial politique et le billet d’humeur parfois excessif qui le suit.

Nicolas Sarkozy ne vous a pas adressé de reproches précis ?

Nous avons eu une discussion sérieuse entre gens sérieux ! Nous avons parlé de Pierre Desproges puis le Président a évoqué L’Oreille en coin, émission qui l’a visiblement marqué. Il m’a enfin dit que l’on se reverrait rapidement pour qu’il me fasse part de sa décision.

De quoi êtes-vous le plus fier après cinq à la tête de Radio France ?

D’une atmosphère sociale pacifiée, de chantiers en mouvements et bien sûr d’audiences positives. Les grilles de nos sept stations ont été pour certaines profondément modifiées, et le public a approuvé ces changements.

France Info dispose désormais d’un site internet digne de ce nom, Inter a évolué par petites touches, Culture reste un formidable réservoir de jeunes talents et sa grille est plus lisible, France Bleu a changé son rythme, adopté un ton plus pro et gagné 1 % d’audience en quelques mois.

FIP se porte historiquement bien et attend beaucoup du numérique. Concernant France Musique, la station doit affronter une concurrence redoutable avec Radio Classique. Son audience actuelle, autour de 1,5 %, n’est pas à la hauteur de ses qualités.

Reste Le Mou’v, station qui doit désormais viser les 18-30 ans et qui bénéficiera d’une nouvelle grille en septembre.

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