News

Le groupe France Télévisions est-il au bord de la crise de nerfs?

france televisionÀ en croire les conclusions d’un rapport étoffé réalisé à la demande du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) par le cabinet d’expertise RH Émergences, le malaise est en tout cas profond.

D’après le document remis en mars aux syndicats ainsi qu’à la direction, révélé lundi par nos confrères de L’Express, l’état de santé physique et morale des salariés de l’entreprise publique serait alarmant. «Force est de constater qu’il y a unanimité des agents de France Télévisions sur la mauvaise ambiance qui règne partout dans l’entreprise (…)», note le document de 160 pages. «Les agents sont en attente de réponses à leurs questions que ce soit sur leur situation professionnelle, sur l’avenir de leur métier ou sur les choix stratégiques de l’entreprise. Cela engendre une perte de confiance vis-à-vis de la direction, une insécurité et l’incapacité de s’engager dans un projet fédérateur (…)», peut-on lire un peu plus loin. Une situation qui comporterait «un risque pour les conditions de travail des salariés et leur santé».

Concrètement, cela se traduit par «des gens qui sont en dépression, des crises de larmes, des crises de nerfs, de l’agressivité», énumère Éva Fontenay, la secrétaire de l’instance de coordination du CHSCT de France Télévisions. «Les conclusions du rapport sont en dessous de la réalité», estime pour sa part Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ à France Télé. «On voit de plus en plus d’arrêts maladie qui sont prolongés. Et on redoute qu’il y ait d’autres cas de gens qui disjonctent.» La situation serait «d’autant plus inquiétante que la direction ne veut pas entendre que ses salariés vont mal», déplore Éva Fontenay.

Une direction dépassée

En cause, une conjoncture économique dégradée qui oblige, comme partout ailleurs, le groupe à faire des économies. Mais c’est surtout la mise en place de l’entreprise unique depuis cinq ans qui est pointée. «Le rapport de RH Émergences, demandé dans le cadre de plan de départs volontaires en cours, ne révèle rien de nouveau par rapport à la situation de fragilité importante dans laquelle la fusion a plongé France Télévisions en 2009», insiste la direction du groupe. Manière de renvoyer la balle et les responsabilités à la précédente équipe dirigeante.

«À son arrivée, la priorité de Rémy Pflimlin, le président de France Télévisions, a été de sortir du chaos et de rendre cette entreprise gouvernable d’un point de vue social, grâce à l’accord collectif, à l’harmonisation des statuts ainsi qu’à la transposition des grilles de salaires», se défend encore la direction. «Le problème, persiste toutefois Éva Fontenay, c’est que les dirigeants semblent dépassés.» Preuve d’un certain malaise en interne, en novembre, France Télévisions a dû faire face à une grève assez suivie. Sans parler de la valse des dirigeants, entamée cet automne avec le départ de

Philippe Vilamitjana, le directeur de l’antenne de France 2, puis celui de Sandrine Roustan, la directrice de France 4, et récemment la démission du patron de France 3, Thierry Langlois.

Ce rapport a été dévoilé au moment où le plan de départs volontaires, portant désormais sur 340 postes, vient d’être signé par les syndicats. «Si le rapport d’Émergences révélait des choses nouvelles et graves, ils ne l’auraient sans doute pas fait», souffle un bon connaisseur du groupe audiovisuel.

Pub

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


UA-4563539-4
%d blogueurs aiment cette page :