News

Le CSA divisé sur la nomination du président de France Télévisions

Le CSA doit statuer demain sur le processus de désignation du futur PDG de France Télévisions. Deux conceptions s’affrontent : un processus très secret pour protéger l’anonymat des candidats ou un processus plus ouvert pour respecter l’esprit de la loi de 2013.

Le dossier de la nomination du futur président de France Télévisions prend une tournure compliquée. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui est de nouveau chargé de cette nomination depuis la loi de 2013, se trouve devant un dilemme. Faut-il organiser une procédure de nomination secrète afin de protéger l’anonymat des candidats qui sont aujourd’hui à la tête d’entreprises importantes et qui ne peuvent pas se dévoiler? Ou au contraire faut-il respecter le principe d’un processus ouvert avec publication de la liste des candidats et audition par le collège du CSA comme cela avait été le cas pour la désignation de Mathieu Gallet à la tête de Radio France.

Demain, le collège du CSA devrait se réunir pour trancher. Les sages devraient répondre à trois questions. Faut-il ou non un appel public à candidature? Faut-il ou non publier la liste des candidats? Faut-il ou non les auditionner en public ou en privé?

Pas de secret sans fuite

Le président du CSA Olivier Schrameck, soucieux de protéger l’anonymat des candidats pencherait plutôt pour répondre non à ces trois questions. Il est soucieux d’attirer au poste de président de France Télévisions une pointure de l’audiovisuel. Au sein du collège, d’autres sages sont d’un avis contraire et veulent organiser un concours ouvert et transparent. Dans ce cas, le risque est que les patrons de médias en poste ne se risquent pas dans l’aventure, pour éviter la double peine: ne pas être choisi pour diriger France Télévisions et perdre leur poste. Cela a été le cas en 2010: la candidature d’Alexandre Bompard n’a pas été retenue et il a du quitter Europe 1 pour avoir envisagé d’être le successeur de Patrick de Carolis à la tête de Frances Télévisions.

«Plus Olivier Schrameck va vouloir opacifier la procédure, plus il risque de s’attirer les critiques. Il y aura forcément des soupçons de connivence avec le pouvoir. Et en réalité, cela reviendra exactement au même que si c’était François Hollande qui nommait le président de France Télévisions», estime un proche du dossier. Or, c’est précisément ce que le Président de la République a voulu éviter en revenant sur la décision de Nicolas Sarkozy de nommer le président de France Télévisions.

Du coup, d’autres schémas sont évoqués. Par exemple, tenir secrète la liste des candidats et ne rendre public qu’une «short list» de deux à trois noms en fin de processus. Ou au contraire, publier la liste des candidats et ne conserver le secret que sur les deux ou trois personnes les mieux placées.

Le processus soulève plusieurs problèmes. Le premier est que sur ce sujet aussi brûlant et avec un collège de huit membres au CSA, il est pratiquement impossible de tenir un secret. Plus le CSA tentera de respecter l’anonymat des candidats plus il y aura de fuites dans la presse.

Le deuxième problème est qu’aucun candidat ne se dévoilera avant la publication, pendant la deuxième quinzaine de février du rapport de Marc Schwartz, commandé par Fleur Pellerin et qui définira la feuille de route du prochain président de France Télévisions.

Pub

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


UA-4563539-4
%d blogueurs aiment cette page :