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La comparution de Dominique Strauss-Kahn reportée à lundi

Hôtel Sofitel à New York

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, comparaîtra lundi, à New York, lui qui est visé par des allégations d’agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration à l’endroit d’une employée de l’hôtel où il résidait au cours du week-end.

Son avocat, Benjamin Brafman, a déjà indiqué que son client plaiderait non coupable. Il a affirmé dimanche soir que M. Strauss-Kahn avait accepté de nouvelles analyses de la police.

Menotté, le directeur général du FMI a quitté le commissariat de police du quartier Harlem, où il était détenu depuis son arrestation, pour se rendre dans un centre médical pour ces analyses.

Photo: Stephen Chernin

Un porte-parole de la police a déclaré à l’Agence France-Presse que Dominique Strauss-Kahn ne bénéficierait pas de l’immunité diplomatique dans cette affaire.

Plus tôt, la femme de chambre à l’origine des allégations avait identifié M. Strauss-Kahn comme son agresseur, lors d’un bref passage dans ce commissariat de police.

Arrêté à bord d’un avion

L’ancien ministre socialiste de l’Économie en France et possible candidat à la présidentielle française a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour Paris, samedi. Il avait pris place à bord d’un appareil d’Air France à l’aéroport international John F. Kennedy, lorsque des agents de la Port Authority of New York and New Jersey l’ont prié de les suivre.

Une femme de chambre âgée de 32 ans de l’Hôtel Sofitel, dans le centre de Manhattan, a affirmé aux autorités qu’elle était entrée dans la suite qu’occupait Dominique Strauss-Kahn samedi aux alentours de 16 h, et qu’elle avait été agressée par lui, a rapporté la police.

L’employée a précisé qu’on lui avait demandé de faire le ménage dans la suite, en lui expliquant qu’elle était vide.

Selon le récit livré par cette femme à la police, Dominique Strauss-Kahn est sorti nu de la salle de bains, l’a coincée, l’a poussée dans une chambre et a commencé à l’agresser sexuellement. L’employée a déclaré qu’elle s’était débattue mais qu’il l’avait tirée vers la salle de bains, où il l’aurait forcée à pratiquer une fellation et aurait tenté de lui enlever ses sous-vêtements.

La femme de chambre dit avoir réussi à se libérer et à s’échapper de la chambre avant de raconter au personnel de l’établissement ce qui s’était passé, selon les autorités. La police a été alertée. Des agents sont arrivés à l’hôtel peu après, mais Dominique Strauss-Kahn avait déjà quitté l’établissement, laissant sur place son téléphone portable et d’autres effets personnels, a précisé le porte-parole de la police de New York, Paul J. Browne, observant que l’ancien ministre semblait être parti précipitamment.

La police a découvert que le directeur général du FMI se trouvait à l’aéroport John F. Kennedy et contacté la Port Authority of New York and New Jersey, dont des agents sont allés chercher Dominique Strauss-Kahn, alors qu’il se trouvait à bord de l’appareil en première classe.

La femme de chambre a, de son côté, été transportée par la police dans un hôpital afin de recevoir des soins pour des blessures mineures.

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI depuis novembre 2007, devait rencontrer dimanche à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel sur l’aide apportée à la Grèce, puis rejoindre les ministres des Finances de l’Union européenne à Bruxelles lundi et mardi. John Lipsky remplacera temporairement M. Strauss-Kahn à la direction du FMI.

Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, était pressenti comme candidat socialiste lors de la prochaine élection présidentielle en France, en 2012. Il devançait l’actuel président français Nicolas Sarkozy dans les derniers sondages.

Des réactions

L’épouse de M. Strauss-Kahn, Anne Sinclair, a réagi dimanche à l’arrestation de son mari, en lançant un appel à la retenue : « Je ne crois pas une seule seconde aux accusations qui sont portées contre mon mari. Je ne doute pas que son innocence soit établie. J’appelle chacun à la décence et à la retenue. »

La chef du Front national, Marine Le Pen, a déclaré que M. Strauss-Kahn était définitivement discrédité comme candidat à la prochaine élection présidentielle. Sur les ondes de la chaîne BFM TV, elle affirmé que M. Strauss-Kahn entretenait une « relation assez pathologique à l’égard des femmes ».

De son côté, le Parti socialiste dit qu’il pourrait s’agir d’une campagne de salissage de la part de ses adversaires politiques. « Dominique Strauss-Kahn a droit, comme tout citoyen, à la présomption d’innocence, donc il faut laisser la justice faire son travail, en toute sérénité, et en aucun cas ne chercher ni à accabler l’homme, ni à instrumentaliser la situation », a déclaré Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste prévue pour octobre.

Le porte-parole du gouvernement français invoque lui aussi la présomption d’innocence et invite à une « extraordinaire prudence ».

Ce n’est pas la première fois que le directeur général du FMI est impliqué dans un scandale sexuel. En octobre 2008, le conseil d’administration du FMI l’avait blanchi d’accusations de favoritisme qui pesaient sur lui après la révélation d’une liaison extraconjugale, selon un communiqué de l’institution. Il était ressorti d’une enquête que la brève liaison entretenue par M. Strauss-Kahn avec une ancienne responsable du département Afrique du FMI, était mutuellement consentie et que le directeur général ne s’était pas rendu coupable de harcèlement sexuel, de favoritisme ou d’abus de pouvoir.

Malgré l’arrestation de son directeur général, le FMI affirme dans un communiqué « rester pleinement opérationnel » et dit n’avoir « aucun commentaire » à faire sur l’arrestation.

Radio-Canada.ca

 


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