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L’indépendance de Radio France en danger ! Chacun à sa place !

radio-franceLe nouveau Président de Radio France, Jean-Luc Hees a du mal à trouver la sienne. 

Ce matin sur l’antenne de France Inter, le nouveau PDG s’est emparé de l’antenne pour réagir au débotté sur l’intervention de  l’invité du matin, Edwy Plenel, rédacteur en chef de Médiapart.

 

On n’a jamais vu une telle situation à Radio France, ni même dans le privé, un Pdg qui déboule dans un journal pour prendre la parole ! Pourtant Jean-Luc Hees n’a de cesse de vouloir se monter rassurant en revendiquant qu’il est le « garant de l’indépendance » alors qu’il prouve le  contraire ce matin  par ses actes en s’imposant sur l’antenne d’Inter !

 

syndicatLa CGT de Radio France s’est longuement inquiétée de l’indépendance du nouveau PDG vis à vis de l’Elysée en raison du nouveau mode de nomination/révocation. Nous l’avons réaffirmé à l’occasion de la première rencontre avec les syndicats. Jean Luc Hees s’est montré très choqué de cette intervention et a demandé à être jugé sur ses actes. Et bien c’est fait.

 Le soupçon s’est matérialisé au quatrième jour…

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1 Comment on L’indépendance de Radio France en danger ! Chacun à sa place !

  1. Philippe Dohy // 17/05/2009 á 23 h 42 min // Répondre

    Bonjour,

    J’ai une autre analyse. Et une autre conclusion.

    Dans ce 7/10, que j’ai écouté deux fois 🙂 Edwy Plenel disait craindre que l’indépendance journalistique de France Inter (et, par ses arguments, celle de l’ensemble de Radio France) ne fût compromise par la nomination du nouveau PDG directement par le président de la République.

    En cela, il exprimait certainement l’avis de nombreux auditeurs fort attachés à cette radio, d’une grande liberté de ton, réjouissante, intelligente, impertinente, insolente, colorée, riche, etc. J’adore :-)) Et j’y travaille parfois, comme auteur, parce que, justement, j’adore cette liberté éditoriale, jubilatoire.

    J’ai donc été agréablement surpris que Jean-Luc Hees, mis en cause directement par Edwy Plenel, vienne directement lui parler, franchement « entre kat’zieux » (plutôt que de ruminer comme beaucoup dans les tours d’ivoire du pouvoir) mais aussi, par là-même, qu’il réitère publiquement l’engagement qu’il avait déjà pris, la veille au 13h d’Angélique Bouin, si je m’en rappelle bien, en disant qu’il avait l’intention de continuer à rester un professionnel honorable – dans le sens de digne des valeurs de sa profession. Je ne me rappelle pas de la citation exacte, vous pourrez l’écouter sur le site d’Inter.

    Comme auditeur, j’ai toujours apprécié Jean-Luc Hees (et bon nombre de journalistes d’Inter, sauf quand ils répètent la même info pendant 24h ;-)) son esprit analytique et critique, et son sens des nuances ; depuis ses billets des USA jusqu’à Synergie, en passant par le feu 13/14 (qui mériterait d’être rétabli, mais comme les émissions qui suivent sont excellentes, que faire ? ;-))

    Je l’ai même parfois écouté sur Radio Classique mais rarement, la bande sonore, la famille des voix, du matin d’Inter est trop bien :-)) depuis Patricia Martin la facétieuse jusqu’au rire incroyable et unique au monde de Colombe Schneck ;-)) plus… ah, il y en a tant 🙂 ce sera une autre page, un autre jour 🙂

    Je précise aussi que, lecteur hebdomadaire du Canard enchaîné (que je découpe en magret de papier ;-), l’indépendance ou pas de la presse est un sujet auquel je suis particulièrement sensible. Mon père fut en effet journaliste politique, en Belgique, mais aussi jeune journaliste résistant trozkyste et, à ce titre, prisonnier des Nazis pendant un an.

    L’engagement, sur l’antenne, en direct, du nouveau PDG me semble donc une garantie confirmée de l’indépendance des rédactions de Radio France. « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », pourrait-on objecter. Mais réfléchissons un cran plus loin, svp.

    Le président de la République a tout intérêt à ce que Radio France reste indépendante dans ses choix journalistiques, éditoriaux, etc. et libre de ses propos, car :
    – cela contribuera à l’image d’ouverture qu’il veut donner de sa politique ;
    – cela lui laissera les coudées plus franches pour les nominations à France Télévision dont la portée est quand même beaucoup plus importante médiatiquement ;
    – de manière plus fine, un chef d’Etat a, en fait, tout intérêt à favoriser réellement la liberté d’expression, car cela lui permet d’avoir une bien meilleure connaissance, intuitive, instinctive, des mouvements de fond de l’opinion qu’à travers des sondages chiffrés, découpés, manipulés parfois ; c’est un argument idéaliste, j’en conviens, car lorsque les enjeux sont très élevés, le court terme peut, bien sûr, être favorisé aux dépens du long terme.

    Par ailleurs, permettez-moi de vous inviter à lire l’ouvrage remarquable de Philippe d’Iribarne, « La logique de l’honneur » qui montre que, en France surtout, l’attachement de chacun aux valeurs de son métier a une grande importance (la première !) pour la fierté et l’identité de la personne – capable au besoin de se révolter ou de refuser des ordres, instructions, consignes, qui vont à l’encontre de ses valeurs professionnelles. C’est une comparaison internationale, très nourrie, qui a dégagé cela. Lien infra.

    Enfin, l’argument « Chacun à sa place ! » me paraît quelque peu « conservateur », non ? 😉 Le pauvre à sa place, le riche à sa place, le chef à sa place, l’ouvrier à son taf, et que plus personne ne bouge ??!! La vie parking, alors ? Pas d’accord. Ce bouleversement du mode de nomination du PDG a introduit une forte nouveauté donc de fortes vagues, émotions et interrogations… A nouvel environnement, nouvelle adaptation, nouvelle méthode… Donc, pour ma part, je dirais plutôt « Chacun à son mouvement 🙂 pour échanger, évoluer, voyager, rencontrer, parler, dire… ».
    🙂

    Désolé pour la longueur (et pour ceux qui détestent les smileys émoticons ;-)) mais je trouvais cette annonce (publique), cette opinion plutôt, trop « injuste » politiquement. Et comme vous semblez aimer la controverse… 😉

    Amicalement,
    Philippe Dohy,

    Sociétaire SACD & SCAM,
    CyberPhilippe@dbmail.com
    scénariste & syndicaliste UGS,

    auteur de « La Révolution belge » (1830)
    (dite aussi « la révolution des journalistes »)
    diffusée le 10 mai 2009, sur… France Inter 🙂

    N. B.
    Philippe d’Iribarne, né en 1937, est ancien élève de l’Ecole polytechnique et diplômé de l’IEP de Paris. Ingénieur général du corps des mines et directeur de recherche au CNRS, il dirige depuis 1972 le centre de recherche sur le bien-être (CEREBE), devenu depuis peu « Gestion et société ». Il fut chargé de mission à la présidence de la République sur les questions de civilisation et de conditions de vie (1973-74).

    Il est l’auteur de :

    La science et le prince (Denoël,1970)
    La politique du bonheur (Seuil,1973)
    La logique de l’honneur (Seuil,1989)
    Le chômage paradoxal (PUF,1990)
    Vous serez tous des maîtres – la grande illusion des temps modernes (1996)

    source :
    http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/diribarne2.html#auteur

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