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Karine Le Marchand va présenter une émission politique sur M6

lefigaro.fr  Par Enguérand Renault , Caroline Sallé Mis à jour Publié

Même M6 s’y met. La chaîne veut frapper fort dans le registre des émissions politiques. Décidée à peser dans la campagne, la chaîne va dégainer une émission politique animée par… Karine Lemarchand. l’animatrice de L’amour est dans le pré fera, dès la rentrée de septembre, des portraits intimistes des hommes politiques. «Les élections vont se jouer sur la personnalité des candidats» explique Nicolas de Tavernost. Le groupe audiovisuel ne s’arrêtera pas là. Il réfléchit à un autre concept d’émission politique présenté par des non-experts. Et pour intéresser les jeunes aux élections, W9, la chaîne jeunesse du groupe prépare elle aussi de nouveaux formats innovants.

Sortir des sentiers battus

A neuf mois des primaires qui auront lieu à droite, et avant les élections présidentielles de 2017, les chaînes cherchent toutes la martingale pour attirer les politiciens et tenter de captiver un public de moins en moins réceptif. Les élus l’ont bien compris. Dans ce contexte, il faut parfois savoir sortir des sentiers battus. Ainsi, le 16 janvier dernier sur France 2, Laurent Ruquier recevait pour la première fois sur le plateau d’On n’est pas couché un premier ministre en exercice. Ce soir là, comme beaucoup d’autres avant lui, Manuel Valls a préféré se frotter au format de l’infotainment plutôt qu’à celui très convenu d’un grand débat politique. Un récidiviste puisqu’il avait déjà accepté précédemment l’invitation du Petit Journal sur Canal+…

Manuel Valls n’est pas un cas isolé. Mi-janvier, Jean-François Copé se confiait sur le Divan de Marc-Olivier Fogiel sur France 3. Et ce n’est sans doute qu’un début. Car aujourd’hui, à l’exception de quelques récalcitrants, la classe politique dans sa grande majorité a adoubé ces rendez-vous qui assurent systématiquement le buzz.

Les téléspectateurs auraient-ils perdu la foi dans les grands-messes traditionnelles que sont les émissions de débat ou les JT? En partie. Lorsque François Hollande s’invite au JT de TF1 et de France 2 le 11 février, il fait baisser l’Audimat des deux chaînes. Quelques 600.000 téléspectateurs zappent, à ce moment, le service public… Le 19.45 de M6, lui, se frotte les mains. Ce n’est pas un hasard si la Une ne programme plus, en dehors des périodes électorales, de grands rendez-vous politiques. Impossible à rentabiliser, faute de téléspectateurs.

Nouveaux formats

Pour captiver les citoyens, il est urgent de revoir la copie. «Les formats d’émission politique sont usés. Pour qu’il y ait un débat, il faut de la contradiction. Or aujourd’hui, il n’y a plus de différence entre les uns et les autres. Il faut passer à autre chose et prendre le risque de mettre à l’antenne des formats détonants» juge le publicitaire Franck Tapiro, président de l’agence Hémisphère droit et ancien conseiller média de Nicolas Sarkozy. La raison de cette usure: «Avant, les rendez-vous télévisés étaient emprunt d’une certaine solennité et les politiques, comme les stars se faisaient rares. Mais aujourd’hui, cette rareté de la parole a été remplacée par un flux continu de langue de bois», constate le publicitaire, qui planche sur un format dans lequel le discours des hommes politiques serait connecté aux émotions des Français. «Il faut mettre les politiques sur le grill et arrêter de leur servir la soupe!», insiste Franck Tapiro.

Ce que font, à leur manière, Le Petit Journal ou l’émission de Laurent Ruquier. France Télévisions réfléchit aussi à faire évoluer son rendez-vous phare Des paroles et des actes. «Notre volonté avec Michel Field, le directeur de l’information, être d’être au premier rang des prochaines élections. Nous serons très innovant», promet Vincent Meslet, le directeur de France 2.

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