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Justice : Emmanuel Chain et le maire de Tremblay renvoyés dos à dos

Le tribunal correctionnel de Paris a renvoyé dos à dos vendredi le maire de Tremblay, François Asensi, et le journaliste Emmanuel Chain, qui avaient engagé l’un contre l’autre des poursuites en diffamation à la suite de la diffusion sur TF1 en 2010 d’un reportage sur la drogue.

Dans un premier jugement, la 17e chambre a condamné le député-maire (ex-PCF) de Tremblay à une amende de 500 euros avec sursis pour avoir diffamé Emmanuel Chain, le patron d’Elephant et Cie, en affirmant que le reportage qu’il avait produit été bidonné.

Dans un second jugement, rendu simultanément, elle a condamné le journaliste à exactement la même peine pour avoir traité l’élu « d’irresponsable ».

Les deux hommes devront en outre se verser l’un à l’autre un euro de dommages et intérêts et 3.000 euros de frais d’avocat.

Le 29 mars 2010, dans son émission « Haute Définition », TF1 avait diffusé un reportage réalisé par Elephant et Cie et intitulé « Mon voisin est un dealer ».

Près d’un million d’euros en liquide et de la drogue avaient été saisisquelques heures avant sa diffusion. Deux jours après, deux bus avaient été caillassés et incendiés.

Emmanuel Chain avait été le premier à dégainer l’arme judiciaire. Il a adressé une citation directe à François Asensi pour diffamation, après des propos diffusés le 18 avril sur France 5.

Le député-maire de Tremblay accusait Elephant et Cie d’avoir « mis en scène » le reportage et utilisé des « acteurs (…) qui ont joué un rôle ».

Trois mois plus tard, c’est François Asensi qui avait poursuivi Emmanuel Chain, pour diffamation et injures.

Il attaquait des propos tenus par le producteur le 22 avril 2010 sur Canal+. Sur le plateau du Grand Journal, Emmanuel Chain avait déclaré: « M. Asensi est un élu de la République que je qualifie d’irresponsable ».

Vendredi, le tribunal correctionnel de Paris a tenté de réconcilier les deux parties en leur donnant raison à chacun sur certains points et tort sur d’autres.

Ainsi, François Asensi a été condamné car il ne pouvait « tenter de discréditer » le reportage « en lui faisant un mauvais procès » et en le taxant de bidonnage.

En revanche, l’élu a été relaxé sur d’autres propos, le tribunal estimant que les auteurs du reportage n’auraient pas dû « laisser apparaître en clair le visage des habitants s’étant laissé interviewer ».

Pour les magistrats, une telle attitude est en effet « pour le moins surprenante, sinon déloyale de la part de professionnels aussi aguerris et aussi soucieux qu’ils le prétendent de dénoncer l’insécurité, à laquelle pourtant ils ont de leur propre fait pris le risque d’exposer leurs interlocuteurs ».

De son côté, Emmanuel Chain a été condamné pour avoir « manifestement excédé, en sa qualité de professionnel aguerri de l’information, les limites admissibles de la liberté d’expression en évoquant un +élu qui n’est pas digne de la République+, des propos que ni les circonstances de la querelle, ni le climat de vive polémique, ne pouvaient justifier ».

En revanche, le tribunal a relaxé le journaliste pour des propos dans Télé Star où il disait que François Asensi s’était « servi de cette affaire comme d’une tribune ». Les juges ont considéré que le producteur n’avait fait qu’exprimer « une opinion » dans un registre qui n’a « pas excédé la nature des attaques dont (il) avait lui-même fait l’objet de la part de François Asensi. »

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