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Jacques Chirac sur Europe 1 au micro de Jean-Pierre Elkabbach

L’interview de Jacques Chirac au micro de Jean-Pierre Elkabbach ce 5 novembre sur Europe 1, jour de la sortie officielle de ses mémoires, Chaque Pas doit être un but (éditions Nil), aura permis d’entendre enfin l’ancien dirigeant sur différents sujets plus ou moins brûlants. Alors qu’il avait spécifié qu’il ne parlerait que du livre, et uniquement du livre, lors des entretiens accordés aux médias, il a finalement joué le jeu et accepté de se confier sur ce qui fait l’actualité ces dernières semaines.

Probablement galvanisé par la popularité dont il jouit auprès des Français – mesurée avant la décision de son renvoi en correctionnelle pour l’affaire des emplois fictifs présumés de la Mairie de Paris, durant son mandat municipal – il se dit prêt à faire face à la justice. Il se rendra ainsi en personne devant le tribunal : « Je ne demande ni clémence, ni indulgence », assène-t-il d’un ton présidentiel. Jacques Chirac assume l’entière responsabilité des recrutements de la Mairie de Paris qui avait, selon lui, tous une raison d’être.

Quant à la question de l’immunité présidentielle qui lui a permis de ne pas être touché pour ces dossiers judiciaires durant sa présidence de 1995 à 2007, il ne souhaite pas qu’elle soit révisée : « Le chef de l’Etat doit bénéficier d’une certaine immunité pour la durée de son mandat. Dans le cas contraire, il risquerait d’être contesté et c’est son autorité internationale qui risquerait d’être affaiblie. »

La venue de Chirac dans les studios d’Europe 1 était bien entendu aussi le moyen de faire la promotion de ses mémoires. Objet de fuite, d’abord sur Canal+ puis dans d’autres médias, cet ouvrage a fait beaucoup parler de lui : c’est donc au tour de son auteur de le présenter. D’après lui, le livre est avant tout un témoignage qui lui permet d’apporter sa propre vision des choses. Mêlant vie privée et vie politique, il aborde des moments de sa vie comme son dépucelage lorsqu’il était marin, l’une de ses ambitions de jeunesse, mais aussi sa rencontre déterminante avec Georges Pompidou, qui incarnait « le meilleur de la tradition française et de la terre française ». Il revient également sur François Mitterrand, son ennemi politique mais un adversaire pour lequel il avait beaucoup d’estime.

Valery Giscard d’Estaing et Edouard Balladur ne reçoivent pas les mêmes éloges. Chirac revient sur un épisode particulier, lorsqu’il a imposé Simone Veil au gouvernement. Alors que l’adoption de la loi pour l’avortement provoquait des vagues, Jacques Chirac explique que VGE était, lui, probablement en Afrique en train de chasser…

Toutefois, quand l’affaire Clearstream qui implique notamment son ancien ministre, Dominique de Villepin, est abordée, l’ancien président est ferme : « Ne comptez pas sur moi pour commenter une procédure qui est en cours. […] Je n’ai donné aucune instruction dans l’affaire. » Il finit par ajouter : « Jacques Chirac se protège très bien tout seul. »

La fin de l’interview est sous le signe de la philosophie. A Martin, son petit-fils de 13 ans, il dédie ses mémoires, et lui délivre comme message qu’il n’y a rien de pire que l’indifférence. Jacques Chirac cite également l’homme politique indien Gandhi qu’il admire et dont il a un texte toujours sur lui.

Selon un sondage de TNS Sofres, 70% des Français pensent que Jacques Chirac manque peu ou pas du tout à la politique. Respecté et apprécié par les Français, il est aussi considéré comme un justiciable comme les autres. Toutefois, 61% des personnes sondées par TNS Sofres estiment que son renvoi en justice est plutôt une mauvaise chose pour Jacques Chirac lui-même. Ses mémoires concourent de leur côté à témoigner de son statut d’homme qui a marqué la vie politique de la Ve République. Il n’a plus d’immunité présidentielle, qu’en sera-t-il de son immunité populaire ? Pour le moment, l’ancien président est serein.


Jacques Chirac : écoutez l’interview en intégralité

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