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Inrockuptibles : Thomas Legrand claque la porte après l’arrivée d’Audrey Pulvar

« Il ne peut plus y avoir de traitement crédible de la politique aux Inrocks ». Dans une interview à Télérama, Thomas Legrand, chroniqueur politique à l’hebdomadaire, annonce et explique son départ des Inrocks en réaction à l’arrivée d’Audrey Pulvar, la compagne du ministre Arnaud Montebourg, comme directrice éditoriale. Il juge « impossible » de rester car le « journalisme politique est avant tout une lutte contre la communication ».

Le journaliste politique, qui signe également des chroniques politiques sur France Inter et sur le site internet Slate, a déclaré avoir pris sa décision « dès que j’ai su qu’Audrey Pulvar arrivait. Je n’y ai pas cru au début, ça me semblait impossible ! ». « Je n’ai rien contre elle. Je ne crains pas la censure, ni ses relectures orientées. Je sais qu’elle me laisserait libre. Je ne mets pas en cause sa capacité de schizophrénie…», a-t-il ajouté. « Forcément, elle aura des infos : si elle les dit, elle trahit son compagnon. Si elle ne les dit pas, elle trahit son journal et sa condition de journaliste. Pour moi, c’était impossible de rester », a dit Thomas Legrand.

« Le journalisme politique, c’est avant tout une lutte contre la communication politique, un contre-pouvoir institutionnel. Un journal traitant de politique ne peut pas être dirigé par quelqu’un d’aussi impliqué personnellement dans la vie politique du pays » a-t-il commenté.

Connivence entre politiques et journalistes ?

Comme l’avait révélé « Les Echos », Audrey Pulvar a été nommée vendredi directrice en charge de l’éditorial des Inrockuptibles. Dans une interview accordée lundi à l’AFP, elle a déclaré que l’hebdomadaire ne serait « ni une annexe, ni une chambre d’écho, ni un organe du parti socialiste, du gouvernement ou du chef de l’Etat ».

Sa nomination repose néanmoins la question de la connivence entre politiques et journalistes. D’autant plus que le magazine culturel se pose depuis sa nouvelle formule comme un hebdomadaire généraliste, multipliant les unes politiques. Il est en plus la propriété de Matthieu Pigasse, patron de presse et banquier dit « de gauche » depuis son rachat en 2009. Audrey Pulvar avait déjà dû quitter la matinale de France Inter et l’émission de Laurent Ruquier sur France 2 à cause de la nomination de son compagnon Arnaud Montebourg au poste de ministre du Redressement productif.

A l’annonce de sa nomination hier, les critiques fusaient sur le site de microblogging Twitter: « Les Inrocks vont se faire Pulvariser ! » ou « Bon cette nomination n’est pas franchement étonnante non plus. Les #Inrocks se sont bien auto-proclamés presse de gauche »

Dans le numéro publié ce mercredi, et écrit avant l’arrivée de sa compagne au sein des Inrockuptibles, Thomas Legrand signe un éditorial très « anti Arnaud Montebourg », selon ses propres paroles. L’hebdomadaire publie également un article plutôt sévère sur le ministre, qui, selon lui, « a renoncé à son rôle de trublion au Parti socialiste ». « C’est le hasard, c’était prévu avant l’annonce de l’arrivée d’Audrey Pulvar. Mais vous voyez bien comment ça va être lu! » explique Thomas Legrand dans l’interview à Télérama, évoquant « un gros malaise » au service politique de l’hebdomadaire depuis cette nomination. Il ajoute : « On a fait une enquête récemment sur le PS dans le Nord-Pas de Calais. Arnaud Montebourg s’est beaucoup impliqué dans cette histoire. On ne pourrait plus écrire cette enquête de la même façon: si on la maintenait, on nous reprocherait de faire sa pub, si on ne la maintenait pas, on se censurerait! ».

Sollicitée mercredi par l’AFP, Audrey Pulvar n’avait pas réagi dans la matinée.

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