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INFO LE FIGARO – L'agence de presse est lâchée par son propriétaire, le groupe allemand DAPD, en grande difficulté financière.

Ce devait être une belle histoire sur le marché de la presse. Elle vire au cauchemar. Les dirigeants de Sipa ont réuni leurs 120 salariés ce lundi en fin d'après-midi. Si le groupe de presse assure qu'«aucune décision sur un éventuel dépôt de bilan» n'a été prise «à ce jour», il a admis sur Twitter que «les actionnaires allemands semblent se désintéresser du projet.»

Sipa est en effet victime du lâchage de son propriétaire, l'agence de presse allemande DAPD, elle-même en grande difficulté financière. Les mauvaises nouvelles se sont multipliées depuis un mois. Début octobre, DAPD Media Holding a placé en dépôt de bilan l'agence de presse et plusieurs autres de ses filiales en Allemagne. Il y a trois semaines, elle a fermé l'ex-bureau suisse francophone d'Associated Press, racheté l'été dernier et rattaché à Sipa News à Paris.

Cette fois, ce sont les activités dans l'Hexagone qui sont rattrapées par la tourmente. Elles pourraient s'arrêter dans les prochains mois. En France, Sipa est constitué de trois filiales qui sont toutes déficitaires. La célèbre agence photo Sipa Press, rachetée à Pierre Fabre en juillet 2011, perd un peu d'argent. Son chiffre d'affaires de 8,6 millions d'euros représente la quasi-totalité du revenu de 11 millions. Sipa Media, née du rachat en avril de DioraNews, un fournisseur de contenus pour mobiles, est à peu près à l'équilibre. Enfin, Sipa News, l'agence de presse appelée à concurrencer l'AFP, a démarré son activité à la rentrée.

Un test auprès d'une vingtaine de clients potentiels

Sipa News devait être le fer de lance du groupe en France. L'aventure a pris corps quand, en juillet dernier, le holding en Allemagne, DAPD Media Holding, a racheté le service français d'AP. Sipa News a repris 17 des 20 journalistes de l'ancien bureau parisien de l'agence américaine et recruté depuis la rentrée 35 journalistes supplémentaires, dont quelques pointures comme Jean-Luc Testault, l'ex-rédacteur en chef France de l'AFP. Objectif: proposer une offre low-cost de fil d'actualité aux médias. Depuis trois semaines, une vingtaine de clients potentiels, des éditeurs de presse ou des radios, testaient le fil de dépêches de Sipa News. Le projet semblait prometteur au moment où tous les médias cherchent à faire des économies.

Problème: l'activité, par nature déficitaire à ce stade, n'était possible qu'à condition d'être soutenue financièrement par le groupe en Allemagne. Or DAPD n'aurait versé de l'argent à sa filiale française que quelques mois, et le holding n'aurait pas respecté certains engagements pris auprès d'AP au moment du rachat du bureau parisien. Selon nos informations, AP l'aurait cédé en s'engageant à verser à DAPD un million d'euros par an pendant trois ans, pour financer la poursuite d'activité parallèlement au développement commercial de Sipa News. Le système était censé permettre à l'agence américaine d'éviter une fermeture de sa filiale en France, situation qui l'aurait obligée à payer la facture sociale.

Les regards vont maintenant se tourner vers les propriétaires de DAPD Media Holding, Peter Löw et Martin Vorderwülbecke. Le premier, qui aurait racheté au second ses parts, doit faire face à un effondrement des activités partout en Europe. L'administrateur judiciaire a annoncé ce lundi la suppression d'un tiers des effectifs de DADP, soit une centaine de personnes, après le licenciement de 299 salariés suite à la fermeture de huit autres filiales. Et le bilan pourrait s'alourdir.

Droit de réponse d'Associated Press :

«Dans l'article intitulé «Sipa va droit au dépôt de bilan», il est indiqué que Associated Press («AP») aurait cédé son «bureau parisien» à DAPD, moyennant un engagement de verser à DAPD «un million d'euros par an pendant trois ans» et que ce versement aurait pour but «d'éviter une fermeture de sa filiale en France» et donc de «payer la facture sociale». AP tient à préciser que, contrairement à ce qui est écrit dans cet article, le «bureau parisien» de AP n'a pas été cédé à DAPD, mais seulement la rédaction francophone («Service Français»), de sorte que la filiale de AP en France n'est pas fermée ; AP dément formellement avoir pris l'engagement de payer une quelconque somme à DAPD ou à un tiers quelconque pour la reprise du Service Français de son bureau de Paris ; suggérer que AP entendait, en procédant à un tel versement ou en prenant l'engagement d'y procéder, éviter de «payer la facture sociale» est non seulement infondé mais également porte atteinte à la répu

ation de AP».

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