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Hollywoo: Florence Foresti accusée d’avoir copié le scénario

L’humoriste Florence Foresti et les scénaristes de « Hollywoo », qui approche les 2 millions de spectateurs, sont assignés en justice pour « contrefaçon », le mot légal pour plagiat, par une scénariste qui les accuse de lui avoir volé son histoire.

Ce genre de conflit, qui survient fréquemment à la faveur d’un grand succès populaire, s’apparente néanmoins souvent au combat du pot de terre contre le pot de fer, avec de réelles difficultés à se faire entendre pour le plaignant, souvent isolé, remarquent les initiés.

Dans le cas de « Hollywoo », sorti en salles le 7 décembre avec Florence Foresti et Jamel Debbouze, deux superstars de l’humour, la scénariste Dodine Herry-Grimaldi (« Les Randonneurs », « Love, etc… ») affirme que l’histoire racontée est de son cru: un acteur français qui double la vedette d’une série américaine apprend que cette dernière veut tout arrêter. Par crainte de perdre son emploi, il est prêt à tout pour le faire changer d’avis.

Elle relève notamment qu’elle a déposé son synopsis et ses différentes versions en 2005 puis 2007 à la Société des Auteurs, Compositeurs dramatiques (SACD).

Pour le producteur, Romain Rousseau, directeur-général de LGM, la plaignante « avait un projet de film à peu près concomitant au nôtre, mais les deux scénarios ont été développés en même temps »: « il n’y a aucune relation entre les deux projets », jure-t-il.

« C’est un concours de circonstances avec le même postulat de départ » poursuit-il, ajoutant que « plusieurs personnes » l’ont contacté en assurant avoir eu la même idée.

Pourtant Dodine Herry-Grimaldi n’en démord pas: « Mon histoire a été reprise par les scénaristes de Hollywoo – Xavier Maingon, Pascal Series et Florence Foresti, avec quelques nuances »: l’acteur menacé est devenu une actrice, qui s’embarque pour Hollywood afin de convaincre la vedette de garder le rôle.

Dès 2003
Elle rappelle qu’elle a travaillé dès 2003 avec son agent, Dominique Besnehard chez Artmedia (devenu depuis producteur), pour développer le synopsis et aboutir à un « traitement » d’une trentaine de pages – précurseur non dialogué du scénario.

Dominique Besnehard en atteste d’ailleurs dans une lettre versée au dossier.

« Le titre a changé au fil des années – Version française, le Doubleur, La voix d’Outre-Manche…- et le texte déposé deux fois sous des versions différentes », précise-t-elle.

Il commence alors à circuler dans Paris – « On n’a jamais lu le scénario », affirme cependant Romain Rousseau.

Après avoir vainement tenté une médiation avec les producteurs de « Hollywoo », la scénariste finit par se tourner vers la justice le 18 janvier 2011, il y a un an, alors que le film est en développement.

Sans se prononcer sur cette affaire, la Guilde des scénaristes, qui représente la moitié des 500 auteurs professionnels, regrette en de tels cas « des procédures compliquées qui peuvent durer longtemps ».

« Or le scénariste est généralement fragile », déplore Guilhem Cottet, directeur-général de la Guilde. « Il est isolé, c’est lui aussi qui assume les risques financiers car il n’y a pas de statut d’intermittent du spectacle pour lui. Mais 80% des projets qu’il développe ne voient pas le jour ».

Et quand ils le sont, il n’est pas toujours rémunéré à hauteur de son travail: « aux Etats-Unis, l’enveloppe dévolue à l’écriture représente 6 à 10% du budget. En France, on est plutôt proche des 2% », ajoute-t-il, en déplorant « un problème fréquent de transparence des producteurs ».

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