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Grève à RFI après la mise à l’écart d’une journaliste sous la pression de Kinshasa – LeMonde.fr

Tandis qu’une mission d’information sur l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF) et « ses dysfonctionnements » doit être constituée dans les prochains jours à l’Assemblée nationale, un mouvement de grève devait perturber, mercredi 9 février, les antennes de Radio France internationale (RFI), composante du groupe qui comprend aussi la chaîne de télévision France 24. Ce mouvement, motivé par le projet de fusion des rédactions, porte aussi sur la question de l’indépendance rédactionnelle de la « radio mondiale » à l’égard de pays autoritaires où ses émetteurs FM sont implantés.

Les syndicats de RFI réclament en effet « la levée de la sanction » frappant une journaliste qui a été « écartée du dossier de la République démocratique du Congo (RDC) ». Selon eux, la direction de la chaîne a cédé aux pressions des autorités de Kinshasa qui, en juillet 2009, avaient coupé les six émetteurs de RFI après une longue série d’informations et de reportages qui leur avaient déplu.

En échange de la mise à l’écart de la journaliste, la chaîne avait obtenu, le 13 octobre, la remise en service de son service en FM dans le plus grand pays francophone du monde où, avant la coupure, elle jouissait d’une position dominante.

« Intérêts nationaux »

«  »Vous ne travaillez plus sur le Congo », m’a annoncé Christine Ockrent en juillet dernier », témoigne aujourd’hui l’intéressée, Ghislaine Dupont, qui couvrait depuis 1997 ce pays longtemps ravagé par la guerre. « Les expulsions d’envoyés spéciaux sont assez courantes, commente un pilier du service Afrique. Mais c’est la première fois qu’un gouvernement obtient la tête d’un journaliste opérant depuis Paris. Cela risque de donner des idées à d’autres chefs d’Etat. »

Après des années de reportage de terrain, Ghislaine Dupont, accusée de « désinformation » par Kinshasa et privée de visa, avait été contrainte de « couvrir » la RDC à distance. Sa relation sur l’antenne des exactions et des viols commis par l’armée congolaise dans le conflit qui se poursuit dans l’Est du pays et son scoop sur le projet de réforme constitutionnelle facilitant le maintien au pouvoir du président, Joseph Kabila, avaient été qualifiés de « campagne de déstabilisation » par Kinshasa.

La direction de RFI dément l’accusation de « censure ». « Des pressions, il en existe. Mais il est hors de question pour nous d’y répondre, assure une porte-parole. En juin, nous avons ouvert un bureau à Kinshasa et nous n’avons plus vraiment besoin de quelqu’un d’autre. »

Pourtant, à Kinshasa début janvier, le ministre de la communication, Lambert Mende, a affirmé que son gouvernement avait obtenu que soit « revisitée » en 2010 la convention avec RFI permettant sa diffusion en FM.

Répondant à la question d’un sénateur congolais, M. Mende a précisé que RFI avait été autorisée à réémettre notamment en échange d' »un traitement plus équilibré des informations sur la RDC » et d' »une prise en compte des intérêts nationaux » du Congo démocratique.

Philippe Bernard

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