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France TV : la nomination de Martin Ajdari au cabinet de Filippetti fait polémique

martin-ajdari-new_640x280«Ambiance Florentine» voilà comment certains salariés décrivent le climat  à  Télévisions ces derniers jours. La nomination de Martin Ajdari, jusqu’ici secrétaire général du groupe, au poste de directeur de cabinet de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti n’a pas apaisé une atmosphère déjà plombée. L’énarque de formation prendra ses fonctions le 26 mai, a annoncé le ministère, jeudi.

Une décision qui fait polémique.Martin Ajdari, 45 ans, était jusqu’ici secrétaire général de France Télévisions, en d’autres mots  le grand argentier du groupe. Homme-clé de ce groupe tentaculaire engagé dans un vaste plan d’économies, il était le bras droit de son, Rémy Pflimlin. Il remplace – ironiquement –  au ministère Laurence Engel, épouse de l’ex-conseiller politique de François Hollande Aquilino Morelle, qui a quitté son poste début mai, après les révélations de Mediapart sur une possible «prise illégale d’intérêts».

Mais voilà, en novembre 2013, en compagnie d’autres dirigeants de France Télévisions,Martin Ajdari a été auditionné à plusieurs reprises par le juge Renaud van Ruymbeke dans le cadre de «l’affaire Bygmalion». Il est en sorti avec le statut de témoin assisté,  un statut qui peut évoluer, alors que d’autres dirigeants comme Patrick de Carolis, ou Camille Pascal sont mis en examen pour «favoritisme».

Selon nos informations, la convocation du dirigeant de France Télévisions par le juge se serait faîte «es qualité» et aurait ainsi permis aux avocats de France Télévision d’avoir accès au dossier. Seuls deux contrats avec la société Bygmalion auraient été signé par le désormais ex-secrétaire général de FTV.

Jean-Jacques Cordival du syndicat CGC de France Télévisions, lui s’insurge contre cette nomination. « Personne ne conteste la présomption d’innocence dans cette affaire. Mais on peut s’interroger. Quel est le signal que l’on envoie aux Français sur la gestion d’une entreprise de service public lorsqu’on nomme un homme impliqué dans une telle affaire ?» s’interroge-t-il. «Cette affaire prend une tournure politique alors qu’elle était uniquement judiciaire jusque-là», conclut-il. Le syndicat est partie civile dans la plainte déposée contre les dirigeants de France Télévisions.

La décision a, en effet, surpris du côté de l’esplanade Henri de France, au siège de France Télévision . Les représentants du personnel ont appris la nouvelle du départ du numéro 2 de l’entreprise par la presse. «C’est une décision très surprenante. Cela fait fin de règne. Le numéro 2 de l’entreprise qui passe à l’actionnaire principal, cela donne surtout l’impression que l’on est dans une économie administrée. On est dirigé directement depuis le ministère et ça c’est frappant. Après pour ce qui est de l’affaire Bygmalion, laissons la justice faire son travail», explique Marc Chauvelot, secrétaire de la section SNRT-CGT de France Télévisions. «L’homme qui vient de signer le «contrat d’objectif et de moyens de l’entreprise jusqu’en 2015  s’en va rue de Valois, cela donne une impression de « juge et partie ». C’est dérangeant. Où est l’intérêt général là-dedans ?», fait également valoir le représentant syndical.

Le candidat idéal pour le ministère

Côté rue de Valois, sollicitée, Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, actuellement au Festival de Cannes, n’a pas répondu à notre demande de commentaire. Au ministère, de sources proches du dossier, la nomination du dirigeant de France télévisions ne prête pas à discussion et on affirme «qu’il est le candidat idoine pour le poste». Toujours selon nos informations, cette nomination est surtout  le fruit d’une relation de confiance qui lient Aurélie Filipetti à son futur conseiller, depuis des années.

Le CV de Martin Ajdari  parlerait donc pour lui. Depuis sa sortie de l’ENA il y a 20 ans, Martin Ajdari, gestionnaire réputé pour sa rigueur, a fait toute sa carrière dans la sphère publique, avec des allers-retours entre cabinets ministériels et institutions culturelles. Il a démarré au ministère de l’Economie et des Finances dans les années 1990, puis en 1999, il est devenu directeur administratif et financier de RFI.

Revenant à Bercy, il intègre le cabinet de Laurent Fabius, ministre des Finances, et de Florence Parly, secrétaire d’Etat au Budget, de 2000 à 2002. Il rejoint ensuite la direction du Trésor, puis devient directeur général de Radio France de 2004 à 2009. Après le départ de Jean-Paul Cluzel de Radio France, en juin 2009, il devient directeur adjoint de l’Opéra de Paris où il avait eu à faire face à une grosse grève, puis, en septembre 2010, rejoint France Télévisions. Il a été en février candidat malheureux à la présidence de Radio France, pour laquelle le CSA a préféré Mathieu Gallet.

A France Télévisions, on s’apprête donc à rentrer dans une nouvelle zone de turbulences. On doute de la capacité de Fabrice Lacroix, l’adjoint d’Ajdari à prendre la succession de l’ex bras droit de Pflimlin. Ce départ acté n’est pas un bon signe pour les représentants des syndicats puisque ce n’est pas le seul. Le départ de Thierry Langlois, patron de France 3 sera effectif le 18 juillet prochain et on annonce aussi  celui de Claude Esclatine, directeur général adjoint et membre du comité exécutif vers… France Bleu.

Son départ ne fait pas les affaires de Rémy Pflimlin, dont le mandat s’achève mi-2015.

Le départ de son numéro 2 affaiblit encore plus Rémy Pflimlin à un an du renouvellement de la présidence du groupe public. «Depuis sa candidature à la présidence de Radio France, j’avais bien sûr évoqué et anticipé l’hypothèse de son départ avec lui et nous sommes donc prêts. Nous en reparlerons dans quelques jours», a toutefois expliqué le président de France Télévisions à l’AFP.

«Martin Ajdari a accompli un travail considérable pour construire une entreprise unique financièrement gouvernable», dans un «contexte d’une dureté inédite avec le plan d’économie prévu dans le Contrat d’Objectif et de Moyens et la crise publicitaire», a-t-il souligné. Au ministère de la Culture on n’aurait pas dit mieux.

LeParisien.fr

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