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France Télévisions doit reconquérir les jeunes

L’État, par la voix de trois de ses ministres, Fleur Pellerin à la Culture, Emmanuel Macron à l’Économie et Michel Sapin aux Finances, vient de tracer son «chemin de l’ambition» pour France Télévisions. Et pour le futur président du groupe audiovisuel public, dont la nomination doit intervenir d’ici à trois mois, il n’aura rien d’une sinécure.

Les bouleversements technologiques et sociétaux ont fragilisé le modèle de l’audiovisuel public, les chantiers sont donc nombreux et, surtout, il faut faire vite. À commencer par enrayer le vieillissement de l’audience, défi crucial pointé par le rapport de Marc Schwartz sur les enjeux et les missions de France Télévisions. Le message de Fleur Pellerin est très clair: le service public a vocation à «être la télévision de tous les Français». C’est loin d’être le cas aujourd’hui. Actuellement, la moyenne d’âge des téléspectateurs qui regardent les chaînes publiques oscille entre 58 et 60 ans.

Pas de publicité après 20 heures

Pour reconquérir les jeunes, France Télévisions doit recréer «un lien fort» avec eux. Bref, l’entreprise va devoir s’adapter à son époque et donc accélérer sa mutation numérique, ce qui constitue un deuxième axe de réforme essentiel, déjà largement engagé par l’actuel président Rémy Pflimlin. «La télévision publique française doit offrir, sur tous les supports, à tous les Français, le meilleur, en se montrant créative, innovante et singulière», a insisté Fleur Pellerin. Faire rayonner la culture française, y compris hors de nos frontières, transformer le service public en champion de la création tricolore qui invente des formats inédits et révèle de nouveaux talents constituent une autre des missions que va devoir assurer le prochain patron de France Télévisions. Autrement dit, le gouvernement attend de ce dernier qu’il fasse preuve d’audace et d’ambition. «Le principal risque aujourd’hui, c’est de ne pas en prendre», a confié Fleur Pellerin.

L’État a bien conscience de la complexité de la tâche. Il a donc choisi de faire preuve de bon sens en simplifiant la feuille de route de France Télévisions. Jusqu’à présent, celle-ci s’appuyait sur un cahier des charges de 70 articles et un contrat d’objectifs et de moyens de 70 pages. Inextricable. Les trois ministres se sont engagés à épurer les missions pour n’en conserver qu’une quinzaine tout au plus. «Demander de faire mieux avec moins nécessite d’avoir des priorités plus claires», a concédé Emmanuel Macron.

Car, si le gouvernement souhaite appliquer un choc de simplification salutaire à France Télévisions afin de rendre l’entreprise «agile, performante, réactive et autonome», il a d’ores et déjà averti qu’il ne mettrait en revanche pas de moyens supplémentaires. «Les ressources publiques seront nécessairement contraintes», a prévenu Michel Sapin. Elles seront «au mieux stables sur les cinq prochaines années», a-t-il poursuivi. Le groupe audiovisuel public ne pourra pas compter sur des recettes publicitaires. Emmanuel Macron l’a encore rappelé: l’État ne reviendra pas sur la suppression de la publicité après 20 heures. Toutefois, il s’engage à stabiliser et pérenniser la ressource financière du groupe audiovisuel public via la refonte de la redevance. Il y a néanmoins peu de chances que celle-ci intervienne avant 2017, année électorale oblige.

En résumé, France Télévisions va devoir se serrer un peu plus la ceinture et retrousser encore davantage ses manches pour «réinventer le service public».

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