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France Inter, radio de propagande?

Journaliste à Rue89, Augustin Scalbert s’est penché sur les relations complexes de France Inter avec le pouvoir politique. Une démarche à saluer, mais pas vraiment convaincante.

« Obéir au pouvoir, porter « la voix de son maître » »: voilà le soupçon qui pèse aujourd’hui sur l’antenne la plus populaire de Radio France ». Le prologue de l’enquête menée par Augustin Scalbert, journaliste à Rue89, donne le ton. Et son objectif est clair:  » (…) détricoter les liens plus ou moins lâches qui attachent France Inter au pouvoir politique depuis sa création ».

Scalbert opère d’abord un détour historique. Les années De Gaulle, l’ORTF, Alain Peyrefitte, les censures, les médias bâillonnés. Puis Pompidou, VGE, Mitterand, Chirac: des visages différents, mais des pratiques similaires. Tentatives d’interférence, intimidations… Les politiques veulent contrôler ce qui se dit sur les antennes.

La loi du 5 mars 2009 confirme cette impression. Désormais, le président de la République nomme directement les directeurs du service public. Nicolas Sarkozy choisit de mettre à la tête de Radio France Jean-Luc Hees, son ami depuis des années. Lui-même nomme Philippe Val, ancien rédacteur en chef du journal satirique Charlie Hebdo, directeur de France Inter. Par ce mode de nomination discutable, « Sarkozy a aussi réduit la liberté de ton humoristique de la radio, puisque ses responsables ne vont pas se risquer à froisser la susceptibilité de celui à qui ils doivent leur poste. » Se moquer du pouvoir semble effectivement être devenu un exercice dangereux. Stéphane Guillon, pour une chronique sur DSK, et Didier Porte pour un billet titré « J’encule Sarkozy » vont en faire les frais. Le 23 juin 2010, le couperet tombe: ils sont débarqués de l’antenne.

Si les questions soulevées par l’auteur sont pertinentes, les réponses apportées paraissent minces. Les éléments relevés s’apparentent plus en effet à une succession de bruits de couloir et d’anecdotes qu’à une réflexion nourrie. L’anonymat de la quasi-totalité des sources rend le propos peu fiable. Bien que des historiens (Donzelle, Brochand…) et des journalistes (Chabot, Gildas, Demorand..) soient cités, les témoignages s’accumulent sans vraiment clarifier l’intrigue.

Augustin Scalbert ne souhaitait pas faire « un portrait à charge » de France Inter et de ses dirigeants. Mais après la lecture, c’est pourtant l’impression qui s’en dégage. Dommage.

viaFrance Inter, radio de propagande? – L’EXPRESS.

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