News

France Inter : «Je suis venue vous dire que je m’en vais » : le mail d’adieu de Philippe Val

philippe-valLe directeur de France Inter, remplacé par son adjointe Laurence Bloch, a envoyé jeudi soir un mail à l’ensemble des équipes de la station. Une lettre dans laquelle les coups de griffe s’ajoutent aux traditionnels remerciements.

Il a emprunté à Serge Gainsbourg son introduction. «Je suis venu vous dire que je m’en vais. Et vos larmes n’y pourront rien changer…». Jeudi soir, les salariés de France Inter ont tous trouvé dans leur boite mail un courriel d’adieu signé de leur directeur Philippe Val. Quelques heures plus tôt, Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, venait d’officialiser la nomination de Laurence Bloch, jusqu’alors adjointe de Val, à la tête de France Inter. «Je n’ai plus rien à gagner à dire que je vous quitte à regret, aussi vous devez l’entendre comme l’expression de ma sincérité la plus simple: je vous quitte comme on s’éloigne des gens que l’on aime», poursuit Philippe Val.

Une phrase qui visiblement ne s’adresse pas à tout le monde. Quelques lignes plus loin, l’ex-directeur de la station se fait plus amère: «J’ai une pensée émue pour ceux qui ont tant aimé me détester. Je sais à quel point je vais leur manquer, d’autant que, doté – hélas – d’une mémoire faillible, je ne peux leur offrir comme consolation la promesse que je ne les oublierai pas». Nommé en 2009 par Jean-Luc Hees, le président de la Maison Ronde à l’époque, Philippe Val n’avait pas fait l’unanimité au sein de la radio. Et sa décision très décriée de limoger en 2010 les humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon n’a pas arrangé les choses.
Un drôle de métier

Après le tacle, l’ancien directeur de France Inter se fait cette fois plus philosophe pour parler du métier: «Nous faisons un drôle de métier: celui de parler aux autres. C’est une lourde responsabilité qui demande autant de gravité que de fantaisie, et l’une n’est pas plus importante que l’autre. Lorsqu’on perçoit les deux à l’antenne, c’est que vous êtes en forme, que vous êtes heureux, et que les auditeurs le sont aussi. C’est, du fond du cœur, ce que je vous souhaite tous les jours. Dans la fragilité de nos vies, on a besoin de votre sourire», explique-t-il avant de poursuivre: «La radio est l’amie de tous, et surtout des solitaires, de ceux qui n’ont pas trop de chance, de ceux qui ont du mal à trouver un sens à leur vie. Rien ne donne davantage le sentiment de réussir sa vie que de donner le goût de vivre aux autres. C’est la raison pour laquelle j’ai tant aimé venir travailler avec vous».
En bon passeur de relais, il salue au passage son ancienne adjointe qui le remplace désormais à la tête de France Inter. «Je mesure la difficulté de sa tâche et de ses responsabilités. Croyez-moi, c’est encore plus énorme que l’on ne l’imagine. Sa grande connaissance de la radio ne serait rien sans son exigence éthique. Elle porte au plus haut les valeurs de la culture et de l’information. Je peux témoigner que son engagement est total». Philippe Val n’oublie pas non plus de remercier son assistante. «Mireille, me demandant tous les matins quand j’arrive: «tu veux un café ma biche?, me manquera».
«Ma Mémoire est faillible, mais elle est sélective: je ne vous oublierai pas», conclut la missive.

Pub

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


UA-4563539-4
%d blogueurs aiment cette page :