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France Inter et le pouvoir: les coulisses d’une relation complexe

Dans le livre « La voix de son maître. France Inter et le pouvoir politique 1963-2012 », le journaliste Augustin Scalbert, raconte les relations complexes entretenues entre la radio publique et les pouvoirs successifs en place.

Le livre démarre le 14 décembre 1963, jour de l’inauguration de la Maison de la Radio, siège de la Radiodiffusion télévision française, par Charles de Gaulle. Son discours « donne le la », écrit Augustin Scalbert, journaliste à Rue 89, en accordant à l’ORTF « un rôle unique de représentation ». « En clair, c’est un instrument de propagande au service de l’éxecutif national ».

Pendant 20 ans, l’ORTF proposera une « information servant les intérêts de la France, et donc du pouvoir en place ». Censures, renvois de chroniqueurs et grèves marquent cette période.

En 1974, juste avant le second tour de la présidentielle, le Syndicat national des journalistes dénonce dans un livre blanc l’emprise du pouvoir politique sur l’audiovisuel public. Il dresse une liste de sujets « tabous »: l’avortement, le régime pénitentiaire, l’armée, le proxénétisme, la police, la justice, la spéculation foncière, les groupes pharmaceutiques et les travailleurs immigrés.

Scalbert raconte quelques histoires croustillantes. Ainsi en 1981, aucun des reportages d’Arlette Chabot, en charge de suivre Jacques Chirac, ne passe sur les ondes, car un rédacteur en chef « gaulliste » historique jette ses bobines de reportages à la poubelle.

Avec l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981, la « voix de son maître se fait plus lointaine », estime l’auteur.

France Inter sous l’ère Sarkozy fait l’objet de la deuxième partie du livre.

L’auteur soutient, entre autres, que les évictions en 2010 des humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte étaient voulues par le président de la République.

Concernant Jean-Luc Hees, patron de Radio France, le président de la République « l’a fait venir plusieurs fois le samedi (…) Il lui parle peu de radio, mais il teste ses idées sur lui. Jean-Luc, qui est un esprit très indépendant, est plutôt gêné par cette situation. Mais la présidence de Radio France, ça ne se refuse pas ».

Très critique et bourré d’anecdotes, ce livre pêche cependant par un manque de sources identifiées. Sur la centaine de personnes interrogées par le journaliste de Rue 89, une majorité parle sous le couvert de l’anonymat.

(« La voix de son maître? France Inter et le pouvoir politique 1963-2012 » – Augustin Scalbert – Nova Editions – 18,25 euros)

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