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Des journalistes de Mediapart auraient été « géolocalisés » lors de leurs enquêtes

Deux journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Bettencourt, ont été pistés et « géolocalisés » par les services français lors de leurs déplacements pour rencontrer leurs informateurs, ont affirmé jeudi 4 novembre le site d’informations et les intéressés.

« Nous avons appris que nous avons été géolocalisés lors de nos déplacements en mars-avril, alors que nous enquêtions sur les rétrocommissions et l’attentat de Karachi avec Fabrice Arfi », a expliqué Fabrice Lhomme, journaliste à Mediapart interrogé par l’AFP.

« A l’époque, nous avions des rendez-vous aussi bien avec Claude Guéant, Brice Hortefeux ou Bernard Squarcini, mais aussi avec des informateurs discrets comme d’ancien responsables des services secrets », a-t-il ajouté.

Les deux journalistes achevaient leurs enquêtes pour la publication en mai de leur livre (« Le contrat, Karachi l’affaire que Sarkozy voudrait oublier », Stock).

Des témoignages « insistants »

Ces opérations « ont été réactivées quand à partir de juin nous avons commencé à travailler sur l’affaire Bettencourt », a-t-il ajouté.

Dans un éditorial de Mediapart, son fondateur Edwy Plenel interpelle jeudi Nicolas Sarkozy sous le titre « Espionnage d’Etat des journalistes: Monsieur le Président, cela vous concerne ».

« Des confidences anonymes ne sont certes pas des preuves probantes, et c’est bien pourquoi nous sommes jusqu’ici restés prudents et discrets », écrit Edwy Plenel.

« Reste qu’aujourd’hui, ces témoignages de sources au coeur de l’Etat sont trop insistants et les faits qu’ils rapportent sont trop concordants pour que nous gardions cette réserve professionnelle », ajoute le directeur de Mediapart.

Mercredi, le Canard enchaîné avait affirmé que Nicolas Sarkozy supervisait lui-même l’espionnage de journalistes. L’Elysée a qualifié ces informations de « totalement farfelues » et le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a déclaré qu’il s’agissait d' »allégations grotesques qui n’ont pas lieu d’être ».

De son côté, Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), a affirmé à l’AFP qu' »il n’existe pas de cabinet noir à la DCRI ».

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