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Des journalistes de France Inter dénoncent un « profond malaise »

Atmosphère tendue et inquiétude tous azimuts, des journalistes de France Inter dénoncent un « profond malaise » dans leur station, à quelques semaines de la grille de rentrée, la première concoctée par Philippe Val, leur patron depuis un an.

Depuis quelques temps, les syndicats sont en alerte à propos de deux émissions menacées de disparition, « Esprit critique » de Vincent Josse et « Et pourtant elle tourne » de Jean-Marc Four. Ils s’inquiètent également du retard qu’aurait pris la préparation de la grille de rentrée.

A la direction, on calme le jeu, qualifiant l’inquiétude de « très relative et alimentée par quelques personnes ». « La direction actuelle est en avance par rapport aux autres années sur le calendrier », ajoute un porte-parole.

Pourtant, le temps presse depuis la décision de Nicolas Demorand d’arrêter la matinale, tranche horaire stratégique pour la radio. La direction doit lui trouver une nouvelle « case » pour un magazine.

Le sort des humoristes du matin, Stéphane Guillon, Didier Porte et François Morel, est également en suspens. D’autant que Porte vient de recevoir un avertissement pour une de ses chroniques et que Guillon a soulevé maintes polémiques en égratignant les politiques, poussant même Jean-Luc Hees, le patron de Radio France, à présenter ses excuses.

« Il y a un certain flou qui ne date pas de cette direction, car la confection des grilles de rentrée ne s’est jamais faite dans une très grande transparence, mais l’atmosphère est tendue », constate un journaliste de la station qui a requis l’anonymat.

« Ces inquiétudes créent des pressions sur les gens: ne pas savoir ce qu’on va faire à la rentrée c’est comme ça chaque année, mais habituellement on a un peu de visibilité », renchérit un autre.

Pour le syndicat Sud de Radio France (arrivé 2e aux dernières élections professionnelles), qui l’écrit dans un tract, « la grande purge est en route ».

« La rédaction n’est pas la priorité de Philippe Val », estime de son côté le SNJ de Radio France dans un autre tract, « c’est même le premier directeur de la chaîne à porter aussi peu d’intérêt à ses journalistes ».

Du côté des producteurs, la direction vient de leur annoncer ceux qui seraient ou non reconduits en septembre. Des changements de grande ampleur s’annoncent donc, « on sait très bien qu’en matière de radio quand on fait des changements millimétriques ça passe, quand on fait des gros changements le risque d’accident industriel peut être fort », analyse un rédacteur qui souhaite lui aussi ne pas être nommé.

Mais pour un autre journaliste qui évoque « un profond malaise », il ne s’agit pas que d’un problème de grille. « La mauvaise ambiance est palpable à tous les étages », constate-t-il.

« Tout ce qu’on arrive à comprendre de Val, c’est qu’il est enfermé dans une sorte de bulle, il n’entend pas tout ce qu’on lui dit », ajoute-t-il. « Il y a Jean-Luc Hees derrière, et Hees a tendance à considérer que, pendant les cinq années de son absence, tout ce qui s’est fait était mal: il a envie d’entendre la radio qu’il faisait », s’inquiète-t-il.

Après le départ de Brigitte Benkemoun numéro deux de la station, Laurence Bloch, transfuge de France Culture, est devenue il y a un mois directrice adjointe aux côtés de Philippe Val, ancien patron de Charlie Hebdo dont l’arrivée sur Inter avait été controversée.

Pour un autre journaliste, « la nouvelle directrice ajointe est plutôt claire et devient la véritable directrice des programmes ».

Vendredi, les syndicats doivent être reçus par Philippe Val.

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