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Concert impérial – Hier soir à Marseille… Paul McCartney

Les marseillais pensaient être rassasiés. Après 2h20 de concert impérial, Paul McCartney et ses quatre musiciens quittent la scène après une version furibarde de «Can’t buy me love». Le stade retient son souffle. L’homme a 72 ans et pourrait légitimement regagner sa loge. Mais non, McCartney revient seul en scène pour interpréter «Yesterday» tout juste soutenu par un clavier. Le Vélodrome frissonne, et la soirée n’est pas encore terminée. Au final, l’ancien Beatles sera resté 2h47 face au public. Pas mal pour une première… Car depuis le concert des Beatles à Nice en 1965, le Fab Four s’est fait rare dans le sud de la France : une date à Arles avec Wings en 72, une autre à Toulon en 93. Et depuis plus rien. Les 40 000 spectateurs ont donc accueillis l’ancien Beatles avec le sourire aux lèvres quand il daigné apparaître vers 21h30.

Paul McCartney n’a pas besoin d’artifices. Deux écrans géants permettent de donner un semblant d’intimité à l’immense arène, mais sa force principale réside dans ses chansons. Que ce soient les siennes, celles de WIngs ou celles des Beatles, l’homme a un incroyable sens mélodique, qui fait encore pâlir tous les musiciens de la planète. Pendant les cinquante premières minutes, MCCartney ne joue pas la facilité. Il va chercher les pépites de son répertoire, des titres moins évidents comme «Listen to what the man said» ou plus obscur encore «Temporary secretary» tiré du disque «McCartney II» sorti en 1982. On pourrait alors se croire dans un concert de Kraftwerk avec ses ambiances électroniques à souhait. Plus loin, il livre une interprétation nerveuse de «Nineteen hundred and eighty five», sortie de l’album «band on the run». Avant d’époustoufler le public grâce à un «Maybe I’m amazed» d’anthologie, dédié à Linda, sa première épouse décédée. C’est joué avec ferveur, comme s’il s’agissait de la première fois.
Pour mettre le public dans sa poche, McCartney s’adresse aux Marseillais en français. Briefé, il encourage à plusieurs reprises l’O.M., ou raconte combien il est content de jouer «sous le soleil». Passant de la basse à la guitare puis au piano, il finit par empoigner une guitare acoustique pour se lancer dans une série de ballades à couper le souffle. «Blackbird» qu’il chante perché sur une plateforme met le stade à ses pieds. Le Vélodrome l’écoute ensuite religieusement rendre hommage à John Lennon, le temps d’un «Here Today» tout en émotion. Dans la troisième partie du spectacle, McCartney ravit fans les plus pointus comme le grand public. Il n’hésite pas à dénicher deux titres de «Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band», encore jamais interprétées : «Lovely Rita» et «Being for the benefit of Mr Kite !» font pleurer les beatles-maniaques.
Mais il sait aussi faire chanter la foule grâce à «Ob-la-di ob-la-da» avant se lancer dans l’assaut final : «Let it be» puissant, «Live and let die» explosif et «Hey Jude» repris en chœur par le stade. Il y aura aussi «Another Girl», extraite du disque « Help» que les Beatles n’avaient jamais chanté en public. McCartney répare l’erreur. Le seul reproche que l’on puisse lui faire est l’absence de vrais cuivres ici (qui seraient un bel apport sur «Got to get you into my life») ou de cordes là (ah ce «Eleanor rigby» pourrait être tellement plus majestueux). Marseille n’aura pas coupée à l’inévitable «Michelle» «ma seule chanson contenant des paroles en français» justifiera-t-il. On peut aussi déplorer qu’il délaisse son album «Chaos and création in the backyard» qui contient des merveilles. Mais les trois titres les plus récents, tous tirés de «New» publié en 2012, s’intègrent bien dans l’ensemble du show.

Côté public, les parents ont emmené leurs enfants et la communion intergénérationnelle se produit sous vos yeux. Mc Cartney déclare en quittant définitivement le stade, après 2h47 de scène: «à la prochaine!» Et on espère vraiment qu’il sera vite de retour pour des donner des concerts de cette trempe-là. En réalité, cela s’appelle tout simplement une leçon.

Source : Concert impérial – Hier soir à Marseille… Paul McCartney

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