L’Irak, la Syrie et… la France. Voici le podium du classement des pays les plus dangereux pour les journalistes en 2015, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) publié mardi 29 décembre. Cette année, 67 journalistes ont été tués dans le monde en raison de leur profession.

RSF dénombre ainsi 9 journalistes tués en Irak en 2015, autant en Syrie, et 8 en France parmi les douze victimes de l’attentat jihadiste contre Charlie Hebdo le 7 janvier. Cette attaque « participe à l’inversion de la tendance de 2014 où 2/3 des reporters tués dans le monde l’avaient été en zones de conflits. Cette année, au contraire, 2/3 des journalistes tués l’ont été en temps de paix », souligne l’organisation.

Un mort de plus par rapport à 2014

Vingt-sept « journalistes-citoyens » (blogueurs) et 7 collaborateurs de médias ont également été assassinés, d’après l’ONG, qui réclame la nomination « sans tarder d’un représentant spécial pour la protection des journalistes auprès du secrétaire général des Nations unies ». En 2014, 66 journalistes avaient été tués, selon RSF.

En incluant les « morts suspectes », Reporters sans frontières compte au total 110 journalistes tués cette année. L’organisation déplore que les circonstances de la mort de 43 reporters cette année « demeurent indéterminées, en raison du manque d’enquêtes officielles impartiales et approfondies, du fait de la mauvaise volonté des Etats ». Elle dénonce « l’impunité des crimes commis contre les journalistes dans de nombreuses régions du monde ». Depuis 2005, au moins 787 journalistes ont été tués en raison de leur profession.